Transports

Dans le train des frontaliers lorrains : "j'ai appris à relativiser les retards"

Par Cédric Lang-Roth, France Bleu Lorraine Nord lundi 19 septembre 2016 à 18:35

Dans le train entre Metz et Luxembourg, tout le monde n'a pas de place assise.
Dans le train entre Metz et Luxembourg, tout le monde n'a pas de place assise. © Radio France - Cédric Lang-Roth

Ils sont plus de 30.000 à l'emprunter chaque jour. France Bleu Lorraine a pris le train, entre Metz et Luxembourg, pour vivre de l'intérieur le quotidien des frontaliers lorrains. Confrontés trop régulièrement aux retards, pour la plupart, ils ne reprendraient pas la voiture.

C'est la ligne de train la plus fréquentée de Lorraine. De Nancy à Luxembourg, 36.000 personnes montent chaque jour dans une rame du TER Metro'Lor. Principalement pour se rendre au travail, et notamment au Luxembourg. Alors France Bleu Lorraine a pris le train avec eux, un matin, de Metz à Luxembourg-ville, pour essayer de comprendre leur quotidien. Un voyage à revivre en images ci-dessous, mardi dès 6h45.

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"En dépit des nombreux retards et des contraintes, le meilleur moyen d'être à peu près certain de respecter les horaires, ça reste le train", assène tout de suite Christophe, installé sur un strapontin entre deux voitures. Lui, ça fait 10 ans qu'il utilise le train des frontaliers pour aller au Luxembourg. Passé un temps par la case covoiturage, il a finalement fait machine arrière.

Je tiens à ma vie donc je prends le train

Meriem, elle aussi, a essayé de prendre sa voiture pour effectuer son trajet quotidien au Grand Duché. "Je peux vous dire que voir des gens en train de jouer au portable ou d'écrire des messages au volant, ça n'est pas rassurant. Je tiens à ma vie donc je prends le train." Avec le temps, elle a appris à relativiser les retards et autres désagréments du voyage en train. "Je ne suis plus du genre à me plaindre. Quand il y a du retard, j'ai un livre à lire ou je découvre d'autres personnes." Elle explique d'ailleurs avoir pris le temps de s'informer : "le problème, c'est la gare de Luxembourg, qui est trop petite. Elle ne peut pas absorber tout le trafic, alors forcément ça coince."

Le cadencement : accueil mitigé

Tous en tout cas constatent que le confort s'est largement amélioré avec les années. "Je me rappelle des rames qu'on appelait les grilles pain, lance Eric, les voitures avec leur siège en cuir qui collaient aux vêtements. La qualité des rames s'est grandement améliorée. Même si on sent bien que le matériel commence à souffrir." Et la dernière nouveauté en date, le cadencement, semble le réjouir : "'avec les travaux, on n'a pas encore eu le temps de bien voir ce que ça changeait, mais sur le papier, ça a l'air pas mal."

Même avis pour Marie, confortablement installée dans un bloc de quatre places assises. "Avec le cadencement, je gagne entre 15 et 45 minutes par jour pour aller au travail. Mon problème, ça n'est pas tant le train, mais le bus au Luxembourg. Car là ce n'est pas fiable." Mais cette opinion est loin d'être partagée par tous.

Souvenirs de galère

Victorine, par exemple, fait elle aussi ce trajet quotidiennement depuis 10 ans. "Le cadencement ? Ça ne change rien, assène-t-elle, au contraire. Si vous prenez les trains supplémentaires, vous êtes obligé de descendre à Thionville et d'attendre un autre train. Donc pour moi, ça ne sert à rien." Et tous le savent : au moindre grain de sable, c'est toute la machine qui se grippe.

Car chacun se souvient aussi de nuits de galère, passées à attendre un train qui n'arrive pas ou avec plusieurs heures de retard. C'était le cas pas plus tard qu'en juin dernier, lorsque le poste d'aiguillage de Bettembourg, au Luxembourg, avait été inondé. La circulation des trains avait été perturbée pendant une semaine.

Le Metz-Luxembourg en images

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