Transports

Des chauffeurs "Loti" contre la loi VTC

Par Nicolas Olivier, France Bleu Paris Région mercredi 2 novembre 2016 à 11:51

Les transporteurs capacitaires redoutent des licenciements massifs.
Les transporteurs capacitaires redoutent des licenciements massifs. © Radio France - Nicolas Olivier

Il y a les pour et les contre. La proposition de loi Grandguillaume examinée ce mercredi au Sénat divise le secteur du transport de personnes qu'elle entend réglementer.

Un concert de klaxons au pied de la tour Montparnasse. Plusieurs dizaines de berlines se sont rassemblées ce mercredi matin à Paris, rue du Départ (14ème arrondissement), avant d'entamer une opération escargot jusqu'aux Invalides. La manifestation est à l'initiative d'AMT, qui regroupe des entreprises titulaires d'une licence de transport collectif. Un statut autorisé depuis 1982 et la Loi d'orientation sur le transport intérieur (d'où l'acronyme "LOTI"). Les voitures au macaron violet ont donc normalement vocation à transporter plusieurs personnes à la fois, mais le boom du marché des VTC depuis 4 ans a largement dévoyé ce statut. 70 à 80% de l'activité des Loti est aujourd'hui fournie par les applications de VTC (Uber, Chauffeur Privé, etc.). C'est cette dérive que la proposition de loi veut stopper, avec la bénédiction des taxis dont c'était une revendication majeure. Le texte porté par le député socialiste Laurent Grandguillaume prévoit donc d'interdire aux capacitaires de travailler avec les plateformes de mise en relation, sauf si leurs chauffeurs obtiennent leur carte de VTC. Le macaron vert ne leur sera délivré qu'en justifiant de douze mois d'activité. Selon les entrepreneurs capacitaires, cette loi entraînerait des milliers de licenciements. Car à la différence des VTC majoritairement constitués d'indépendants, les Loti représentent en France 70.000 chauffeurs salariés en CDI (chiffre de l'Observatoire taxi VTC en 2015) . "Des tas de gens vont se retrouver sur le carreau" assure Walid Boudaoud qui emploie 4 personnes. "On a embauché, on a investi de l'argent. On demande simplement le droit d'entreprendre."

L'action de ces transporteurs est soutenue par certaines plateformes comme Uber, qui a même sollicité ses "partenaires" pour venir grossir les rangs des mécontents. Les applications et les capacitaires Loti sont les principaux opposants d'un texte plébiscité par les taxis et la majorité des chauffeurs de VTC. Ces derniers organisent même un rassemblement de soutien ce mercredi devant le Palais du Luxembourg.

Si la proposition de loi est votée par les sénateurs, elle devra ensuite retourner devant l'Assemblée Nationale. Sa promulgation n'est pas attendue avant le mois de février 2017.