Transports

Dimitri Schumacher, CGT cheminots : "je suis incapable de vous dire que la sécurité est assurée à 100% dans les trains"

Par Cédric Lang-Roth , France Bleu Lorraine Nord jeudi 5 janvier 2017 à 9:10

La circulation des TER a été perturbée pendant près de 24 heures en Lorraine.
La circulation des TER a été perturbée pendant près de 24 heures en Lorraine. © Maxppp - Julio Pelaez

Au lendemain de l'arrêt de travail d'une partie des contrôleurs SNCF en Lorraine après l'agression de l'une d'entre eux, retour sur les annonces de la compagnie ferroviaire : davantage d'agents et de forces de l'ordre. Pas suffisant pour Dimitri Schumacher, secrétaire CGT du CHSCT en Lorraine.

Davantage d'agents dans les trains et des forces de l'ordre plus présentes dans les gares. La direction de la SNCF en Lorraine a répondu, hier, aux attentes des contrôleurs qui faisaient valoir leur droit de retrait après l'agression de l'une d'entre eux, mardi soir, en gare d'Uckange.

Ce mercredi, les contrôleurs ont décidé de reprendre le travail. Dimitri Schumacher, secrétaire CGT du CHSCT contrôleurs en Lorraine était l'invité de France Bleu Lorraine ce jeudi. Pour lui, ces annonces de la direction ne représentent qu'une "première avancée. 7 contrôleurs supplémentaires formés, c'est largement sous dimensionné par rapport aux manques de tous les jours. Il manque quotidiennement entre 30 et 35 contrôleurs pour assurer un service public correct."

La présence des forces de l'ordre pour "rassurer" les contrôleurs et les voyageurs

Le syndicaliste évoque "les trains supprimés par dizaines, tous les jours, en Lorraine", parce qu'il n'y a pas assez d'agents pour effectuer les tâches quotidiennes. "Tous les voyageurs qui utilisent quotidiennement la SNCF en Lorraine peuvent le constater : on est loin du compte !"

Quant à la présence renforcée des forces de l'ordre, également annoncée par la direction, Dimitri Schumacher reconnaît qu'elle "ne peut que rassurer les contrôleurs et les voyageurs. Mais la SNCF n'est pas le seul problème des forces de l'ordre et leur présence est forcément conditionné à ce qui peut se passer sur leur périmètre. Et personne ne peut assurer que les forces de l'ordre seront là le plus régulièrement possible."

Les conséquences de la politique de rentabilité de la SNCF

Dimitri Schumacher ne veut pas pour autant se montrer trop alarmiste : "évidemment les voyageurs sont en sécurité, mais la suppression massive de personnels fait que les conditions se sont dégradées. On a eu des exemples récemment, comme ce conducteur qui a fait un malaise entre Metz et Verdun, laissant les voyageurs livrés à eux mêmes en pleine campagne et obligés de gérer eux-mêmes le train."

Et le syndicaliste de conclure : "aujourd'hui, je suis incapable de vous dire que la sécurité est assurée à 100%. La SNCF a fait un choix politique de rentabilité. Aujourd'hui, les contrôleurs doivent faire le plus d'opérations par jour, lutter contre la fraude, et on met un peu de côté la sécurité et la sûreté des trains et des voyageurs."

Dimitri Schumacher, secrétaire du CHSCT contrôleurs en Lorraine.