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Transports

Droit de retrait à la SNCF : un contrôleur dijonnais dit avoir subi des "pressions" pour reprendre le travail

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Par , France Bleu Bourgogne

Alors qu'il exerçait son droit de retrait suite à l'accident de TER en Champagne-Ardenne qui a fait onze blessés légers, un contrôleur SNCF dijonnais assure avoir subi des "pressions" pour reprendre le travail ce lundi.

Des contrôleurs victimes de pression pour reprendre le travail
Des contrôleurs victimes de pression pour reprendre le travail © Maxppp - Michel Clementz

Dijon, France

À Dijon, ce contrôleur témoigne anonymement, par peur des "conséquences". Alors qu'il exerçait son droit de retrait depuis ce vendredi, suite à une collision entre un TER et un convoi exceptionnel mercredi en Champagne-Ardenne, l'employé de la SNCF dit avoir subi des "pressions" de la part de sa hiérarchie pour reprendre le travail ce lundi.

Quand on vous menace comme ça, ça fait peur !

Celui que nous appellerons Patrick assure que les menaces ont commencé dès vendredi, "quand je suis arrivé à ma prise de service" : ce jour-là, "j'ai fait valoir mon droit de retrait, tout de suite, on m'a dit que j'étais mis en demeure, on a rempli un papier et pas plus d'explications. Je leur ai dit que je pensais qu'il y avait vraiment un danger, donc j'ai maintenu mon droit de retrait". Samedi, pas de mise en demeure quand il fait à nouveau valoir son droit de retrait. Et puis dimanche, à sa prise de service à 16h30, le ton monte : "J'ai fait valoir mon droit de retrait et là, on m'a dit que j'étais mis en demeure et que je risquais des poursuites judiciaires."

"Suite à cette pression, j'ai préféré aujourd'hui lundi reprendre le travail, j'ai écrit un courrier à ma direction comme quoi je reprenais le travail : ce n'est pas parce qu'ils ont enlevé le risque ferroviaire, c'est surtout parce que je n'ai pas envie de me retrouver au tribunal pour cette affaire", raconte Patrick.

C'est la première fois que je sens que c'est si agressif !

Ce contrôleur membre du syndicat UNSA regrette que ce droit de retrait soit tombé le jour du début des vacances de la Toussaint : "Ce n'est pas de bol !" Patrick indique n'avoir "aucun détail" sur ce que signifie concrètement cette mise en demeure : "D'ailleurs le fameux papier du vendredi [...] on n'a pas pu [le] voir parce que c'était la direction qui remplissait le papier [...] pour nous."

"Après, il n'y avait aucune explication sur les suites que ça donnerait, mais en écoutant les infos, on se rend compte que ça peut aller loin. Donc, je veux bien défendre la sécurité des voyageurs mais pas pour risquer ma vie de famille", confie Patrick. Ce qui est inquiétant, pour lui, c'est le flou et l'incertitude : "Moi, personnellement, j'estime être dans mon droit. Quand on vous menace comme ça, ça fait peur ! Ça fait quelques années que je suis à la SNCF et c'est la première fois qu'on me menace comme ça et que je sens que c'est si agressif. On n'est pas serein, je suis rentré à la maison, j'en ai parlé avec ma femme, ma famille : on n'est pas tranquille parce qu'on ne sait pas ce qu'il va se passer."

J'ai pas envie d'être bouc émissaire pour cette affaire !

L'employé ne cache pas son sentiment d'injustice : "On m'a mis en demeure parce qu'on me disait que je n'avais pas le droit d'exercer mon droit de retrait sur ce dossier-là. Le droit de retrait, il me semble que c'est personnel, si on se sent en danger ! [...] Je suis adulte, j'estime savoir quand je suis en danger ou pas. Pour la direction, on n'est pas en danger !"

"Les personnes qui nous ont mis en demeure, c'est des personnes qu'on côtoie tous les jours. J'ai pas l'habitude qu'on me mette la pression quand j'ai vraiment quelque chose à dire. Mais dimanche soir, j'ai beaucoup de collègues qui étaient repartis au travail parce que eux ont eu peur des suites. Moi j'ai fait le choix de reprendre le travail ce lundi matin, parce que j'ai pas envie d'être bouc émissaire pour cette affaire."

Patrick redoute même le licenciement : "On blaguait là-dessus avec les copains qui étaient en droit de retrait avec moi !"

Le contrôleur tient à préciser : "On a exercé notre droit de retrait, on était sur notre lieu de travail tout le long de notre droit de retrait, on n'est jamais parti ! Si [la direction] avait fait un effort, s'ils avaient remis un agent dans chaque train jusqu'à temps que l'enquête soit finie, l'affaire était réglée. La direction SNCF pouvait régler le problème dès vendredi soir" si elle avait envoyé en renfort les équipes mobiles dans les TER du même type que celui qui a été victime d'un accident.

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