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Emile-Roger Lombertie : "la journée sans voiture, nous n'avions pas le droit de la refuser aux enfants"

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Par , France Bleu Limousin

La ville de Limoge organise une journée sans voiture ce samedi 22 septembre, sur proposition du conseil municipal des enfants. Le temps d'un journée, tout le centre-ville sera piéton. Cette expérience pourrait avoir des suites en terme de réorganisation du centre-ville et de la circulation.

Le maire de Limoges, Emile-Roger Lombertie, avec les membres du conseil municipal des enfants
Le maire de Limoges, Emile-Roger Lombertie, avec les membres du conseil municipal des enfants © Radio France - Françoise Ravanne

Sur proposition du conseil municipal des enfants, le centre-ville de Limoges sera entièrement piéton ce samedi 22 septembre à l'occasion de la journée mondiale sans voiture. Le maire Emile-Roger Lombertie, maire de Limoges, et le jeune Iliès Douïab, membre du conseil municipal des enfants, répondaient aux questions de France Bleu Limousin ce vendredi matin à 8h15.

M. Lombertie, cette propositition du Conseil Municipal des enfants vous a-t-elle surpris ?

E.R. Lombertie : non, pas vraiment. Moi je le souhaitais ,mais j'ai été très heureux qu'ils aient pris cette idée à bras le corps, qu'elle soit venue d'eux-mêmes. Ils sont sensibilisés au fait de l'environnement, et tant mieux, j'en suis très fier.

Iliès, pourquoi avez-vous décidé de proposer cette journée sans voiture ?

I. Douïab : parce qu'on a vu que dans les grandes villes, comme à Paris, il y en avait. Alors on s'est dit : pourquoi pas Limoges ? Au début, on voulait en faire un jour de semaine, mais on ne savait pas trop car c'était un peu compliqué.

Dans quel but avez-vous souhaité l'organiser ?

I. D. : pour l'écologie, parce qu'il y a le réchauffement climatique en ce moment. Alors on voulait sensibiliser les gens au tri sélectif et à l'écologie.

Quand tu as appris que le maire acceptait, comment as-tu réagi ?

I. D. : on était vraiment content car nous étions à fond dans ce projet, parce qu'au début le maire ne répondait pas.

E.R. L. : L'hésitation a d'abord porté sur la date et sur l'organisation : quel espace allions-nous toucher ? Mais il se trouve que le 22 septembre est la journée mondiale sans voiture, nous n'avions donc pas le droit de la refuser aux enfants alors que nous partageons leur point de vue sur la nécessité de sensibiliser tout le monde. Nous n'avions pas le droit de ne pas faire cette journée.

Ne craignez-vous pas le mécontentement, notamment des riverains ?

E.R. L. : il est toujours difficile de prendre de nouvelles habitudes, mais j'en prends le risque. Je ne le fais pas pour moi mais pour toute notre ville et pour toute la population. Cela va nous faire une expérience pour nous amener à réfléchir : comment peut-on vivre mieux sans voiture, quelle doit être sa place compte tenu de la situation ? Je ne suis pas pour supprimer la voiture drastiquement et pour embêter les automobilistes mais je suis pour que, de temps en temps, dans une ville, on puisse se passer de voiture, redécouvrir la marche à pied, redécouvrir la convivialité, redécouvrir le fait de se croiser et se dire bonjour. Et surtout avec le but de protéger notre environnement.

Quand vous avez décider de cette proposition , vous avez pensé à l'avenir ?

I. D. : Oui on y a pensé, parce qu'on s'est dit :on est en 2018 et comme ça, par exemple en 2052, les générations futures se diront "ils ont eu de bonne idée". Ce n'est est rien quand on y pense, mais une journée sans voiture c'est un peu de l'écologie.

Mais une seule journée, c'est juste un symbole...

E.R. L. : je ne crois pas . Il y a à la fois le symbole et il y a l'acte. Là c'est un acte - symbolique- et cet acte a vocation à être reproduit. Vous voyez bien qu'il y a besoin de rééquilibrer le rapport entre les déplacements doux et les voitures et les transports en commun et que nous devons y réfléchir. Aujourd'hui, ce n'est qu'une journée mais nous allons vers une réorganisation du centre-ville, une réorganisation totale de la circulation des voitures en ville, une réflexion totale des transports en commun avec des parcs de stationnement périphériques. On doit pouvoir se déplacer sans embouteiller les villes,  sans les polluer et sans être agressif avec l'ensemble de la population qui y vit.

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