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Transports

En Auvergne-Rhône-Alpes, les syndicats de cheminots dénoncent l'insécurité dans les TER sans contrôleurs

dimanche 27 août 2017 à 18:22 - Mis à jour le vendredi 1 septembre 2017 à 11:03 Par Tifany Antkowiak, France Bleu Saint-Étienne Loire

Un an après la mise en place des premiers TER sans contrôleurs en Auvergne-Rhône-Alpes, les syndicats Sud-Rail et CGT-Cheminots dénoncent une recrudescence des incivilités et violences dans ces trains. Notamment sur la ligne entre Saint-Étienne et Lyon, la plus empruntée dans la région.

Des agents de sûreté ferroviaire supplémentaires devraient être déployés en Auvergne-Rhône-Alpes d'ici la fin 2017.
Des agents de sûreté ferroviaire supplémentaires devraient être déployés en Auvergne-Rhône-Alpes d'ici la fin 2017. © Radio France - Yves Renaud

À quelques jours de la rentrée, des syndicats de cheminots dénoncent une recrudescence des actes d'incivilités, voire de violences, sur certaines lignes TER en Auvergne-Rhône-Alpes. Le dernier communiqué date du 22 août, il est signé Sud Rail, qui mentionne notamment une agression à caractère sexuel mi-août dans un TER entre Saint-Étienne et Lyon . Pour le syndicat, la situation est liée au fait qu'il n'y a plus systématiquement de contrôleur à bord des trains sur certaines lignes.

La présence des contrôleurs rassurante

"Dès la première semaine dans les trains sans contrôleurs, on a constaté plus d'incivilités", indique Jean-François Rogeon, l'un des représentants pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes du syndicat Sud Rail. Or, d'après le syndicat, "rien que le passage du contrôleur dans le train empêchait ces actes". Selon les lignes cela fait six mois à un an qu'il n'y a plus de contrôleur dans les trains à chaque voyage. Les billets sont toujours contrôlés mais dans les gares, par des agents présents sur les quais avant la montée des voyageurs dans le train ou à leur descente à l'arrivée.

Les voyageurs ont remarqué le changement de pratique. Sur les plus de 18.000 personnes qui font la navette chaque jour entre Saint-Étienne et Lyon, ils sont nombreux à ne "pas voir un contrôleur de la semaine" à bord des TER qu'ils empruntent. Cela affecte-t-il leur sentiment de sécurité pendant leurs trajets ? Pas forcément. Mais quelques voyageurs - des voyageuses surtout - reconnaissent qu'elles se sentiraient plus rassurées en présence d'un contrôleur dans le cas où elle seraient témoins ou victimes d'une agression.

Sujet sensible entre la SNCF, la Région et les syndicats

D'après ces habitués de la ligne Saint-Étienne/ Lyon, les trains du matin sont "plutôt calmes". En revanche, l'après-midi et le soir, ils constatent moins de respect entre les voyageurs : "musique de smartphone trop forte, pieds sur les sièges", décrit par exemple Isadora, qui se rend chaque jour à Lyon Part-Dieu pour le travail. Cécilia, une étudiante qui se rend régulièrement de Saint-Étienne à Bourg-en-Bresse, via Lyon, pour aller voir des proches dit avoir parfois assisté "à des règlements de comptes entre jeunes" dans les trains de l'après-midi ou s'être retrouvée face à des voyageurs "qui ont abusé de la bouteille".

La direction régionale de la SNCF tient des statistiques. Elle assure qu'il n'y a pas de hausse de la part des agressions physiques sur les 30% de lignes TER où les contrôleurs sont moins présents, mais elle ne souhaite pas s'exprimer plus longuement sur le sujet, en raison de l'enquête en cours sur le cas d'agression dénoncé par Sud-Rail dans son dernier communiqué. Suite à la parution de ce communiqué le 22 août, la SNCF a lancé des recherches en interne, car elle n'a pas eu connaissance immédiatement de cette agression, alors que la victime a appelé le numéro d'urgence 3117 depuis le TER. Il y a visiblement eu une erreur d'aiguillage de l'appel, qui n'a pas été traité en "fait de sûreté", ce qui est généralement la règle au 3117 en cas d'agression. La direction régionale de la SNCF explique prendre le sujet "très au sérieux" et le 1er septembre, son enquête se poursuivait.

Caméras et agents de sûreté en cours de déploiement

Pas de doute, le sujet de la sécurité des voyageurs est sensible. Il faut dire qu'il n'y a pas si longtemps, en novembre 2016, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui s'occupe du réseau TER avec la SNCF, avançait le chiffre de 27% d'actes de délinquance en plus dans les trains régionaux sur un an. Elle avait alors annoncé un plan de 100 millions d'euros pour renforcer la sécurité dans les TER et les gares.

Des caméras sont en train d'être installées dans les gares et les trains rénovés. Et sur les 80 agents supplémentaires de sûreté ferroviaire annoncés alors, 17 ont été déployés en avril 2017. Les autres devraient l'être d'ici la fin de l'année. On se souvient aussi de l'annonce à l'automne du président de Région Laurent Wauquiez : la gratuité des TER pour les membres des forces de l'ordre de la Région. La mesure avait été décriée par les syndicats de cheminots, qui dénonçaient "un coup de com" et insistaient déjà sur l'importance de la présence des contrôleurs dans les trains pour la sécurité des voyageurs. Impossible de mesurer son effet mais fin mars 2017, 8.000 policiers avaient demandé leur carte spéciale les autorisant à prendre les TER gratuitement dans toute la région.