Transports

En Haute-Garonne - comme partout - les entreprises en font trop peu pour la sécurité routière

Par Jean Saint-Marc, France Bleu Toulouse jeudi 13 octobre 2016 à 18:56

Un accident sur la route d'Auch, près de Toulouse
Un accident sur la route d'Auch, près de Toulouse © Radio France - Bénédicte Dupont

Selon l'association Promotion et suivi de la sécurité routière en entreprise (PSRE) à peine un tiers des entreprises mènent des actions de prévention routière. Les PME seraient les plus mauvais élèves et sont nombreuses, en plus, à s'opposer à la nouvelle loi qui les oblige à dénoncer leurs salariés

Ce mardi l'Etat lançait un appel solennel aux entreprises pour mettre en place des mesures pour limiter les accidents de la route. Dans la foulée les députés ont voté une loi qui, à partir de janvier prochain, oblige les entreprises à dénoncer leurs salariés auteurs d'infraction.

"Je m'expose à ce que mes salariés perdent leur permis, je serais obligée de les licencier" – Catherine Le Gall, DRH de Sodiscol

Beaucoup de PME (petites et moyennes entreprises) s'opposent à cette mesure. Catherine Le Gall est la DRH de Sodiscol, une entreprise de Saint-Alban qui vend des produits d'entretien en gros. 45 de ses 80 salariés sont sans cesse sur les routes : "je m'expose à ce que des salariés n'aient plus le permis et je serais obligée de les licencier... Et ensuite comment retrouver un nouveau salarié ? J'ai déjà beaucoup de mal à trouver des chauffeurs ou des commerciaux. Peut-être qu'il faudrait déjà donner l'autorisation aux entreprises de connaître le nombre de points de leurs salariés. Je vérifie deux fois par an la validité de leur permis mais je ne connais pas leur nombre de points..."

"Ne pas déclarer, c'est une épée de Damoclès pour le patron" – Jean-Claude Robert de l'association PRSE

Catherine Le Gall a soulevé le problème, ce jeudi, lors d'une formation organisée par l'association Promotion et suivi de la sécurité routière en entreprise (PRSE), à la Carsat de Toulouse. Le délégué général Jean-Claude Robert lui répond : "c'est du confort de ne pas déclarer mais c'est aussi une épée de Damoclès au dessus de la tête des employeurs. Un patron a été condamné par la justice après qu'un de ses employés a provoqué un accident mortel... Le gars avait été pris quatre fois en deux ans en excès de vitesse et il ne l'avait jamais dénoncé !"

125 chefs et représentants d'entreprise ont assisté ce jeudi à une conférence à la Carsat de Toulouse - Radio France
125 chefs et représentants d'entreprise ont assisté ce jeudi à une conférence à la Carsat de Toulouse © Radio France - Jean Saint-Marc

Il y avait aussi, ce jeudi, quelques bons élèves dans la salle. Les grands groupes d'abord, qui, selon Jean-Claude Robert, sont plutôt en avance en termes de prévention. Et des PME comme le transporteur Rives Diconstanzo. Dominique Monferran, directrice générale souligne que le nombre d'accidents du travail dans sa société est en baisse : "sur nos nouveaux véhicules on a de la technologie embarquée pour suivre la conduite, on a aussi des limitations sur certains véhicules lourds qui ne peuvent pas aller au-delà de 90 km/h"

En chiffres

  • un accident mortel sur deux au travail survient sur la route, c'est la première cause de mortalité au travail ;
  • chaque année six millions de journées de travail sont perdues en raison d'accidents moins graves.

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