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Transports

En Occitanie : les radars hors service ne sont pas prêts d’être réparés

mardi 8 janvier 2019 à 5:06 Par Olivier Lebrun, France Bleu Occitanie

Tagués, brûlés, bâchés, les trois quarts des 160 radars fixe d’Occitanie attendent d’être remis en service. Visiblement, ce n’est pas encore pour demain.

Plus de 60% des radars d'Occitanie seraient dégradés
Plus de 60% des radars d'Occitanie seraient dégradés © Maxppp - @Pascal Proust

L'Isle-Jourdain, France

La carte d'Occitanie des radars est au point mort. Ils sont bâchés, tagués, voir brûlés ou décapités. Comme un peu partout en France, depuis le début du mouvement des gilets jaunes le 17 Novembre, les trois quarts des 160 radars fixes de la région (en Haute-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne, Gers, Lot, Aveyron, Ariège.) sont hors service.

Même si les Préfectures et le ministère refusent de donner des chiffres sur l'étendue des dégâts pour éviter "la surenchère", on estime qu'au moins 65% des radars ont été touchés, près de 300 radars détruits dans toute la France.

Les automobilistes jouent la prudence

Ces radars neutralisés ont-ils changé le comportement des conducteurs ? Pas vraiment, car on se méfie d’une remise en service inopinée. Comme dans la descente de l’Isle-Jourdain, où le radar est le plus rentable du département du Gers avec 30 000 flashs par an. « Je me méfie, parce que s’il est bâché une fois, on repasse une semaine après il est réparé, on se fait avoir, je fais donc attention » témoigne cet automobiliste gersois. « Il y en a qui se sont fait prendre à 200 à l’heure, profitant que le radar était bâché. Il est bâché ou pas bâché, il ne faut pas s’y fier. Des automobilistes plutôt content tout de même de cette opportunité. Après le passage au 80km/h tant décrié, ces radars à zéro font du bien, jusqu’à un certain point. 

Moi ça me fait du bien au porte-monnaie – dit cette dame. « Tant qu’il n’abîment pas le matériel lui-même, ça ne me dérange pas, mais quand on dégrade, cela va être pris dans la poche du contribuable » s’inquiète cet automobiliste. « il va falloir les réparer, c’est nous qui allons casquer, comment ? Je ne sais pas, ça va nous coûter cher ! 

Les automobilistes du Gers satisfaits, mais qui va payer ?

6 mois de délais

On ne connait pas le montant exact des dégâts, et la situation n'étant pas encore totalement apaisée, la remise en service des radars risque de prendre beaucoup de temps.

« A partir du moment où il faut changer la vitre parce qu’elle a été peinturlurée ou quand il y a une dégradation qui n’est pas trop importante, la société de maintenance intervient assez rapidement. En cas de dégradations importantes quand il faut carrément changer la cabine, là c’est beaucoup compliqué. Les cabines ne sont plus réparées. On voit partout des bâches qui ont été mises avec du scotch autour, "cabine en maintenance". Ce qui prouve bien qu’ils attendent que la situation se soit un peu améliorée pour les réparer, sinon, elles sont aussitôt re-détruites » explique Pascal Pennec du Magazine « Auto Plus ».

Les radars sont loin d'être réparés

Pour les radars incendiés ou en "maintenance technique", la mise  hors-service va se prolonger durant plusieurs mois. Avec la crise des Bonnets rouges en 2013, il avait fallu plus de 6 mois pour remettre une quarantaine de radars en service en Bretagne, rappelle le site spécialisé radar-auto.com.

Qui va payer ?

Si les autorités restent très discrètes sur l’état de dégradation des radars, elles communiquent sur le coût parfois astronomique des réparations.

Le simple remplacement d’un vitre brisée coûte 500 euros, mais en cas de cabine détruite, la note monte très vite. Comptez entre 60 000 et 80 000 euros pour un nouveau radar, de 120 000 à 200 000 euros pour un radar tronçon. 75 000 € pour un radar chantier (amovible) .

L'Etat devrait piocher dans la cagnotte des PV des radars qui rapporte tout de même 1 milliard d'€ par an. La pose, l’entretien et la réparation des radars sont financés par les amendes des contrevenants. Ce ne sont donc pas tous les contribuables qui sont sollicités, mais les contribuables tout de même.

Que risque-t-on ?

Pour retrouver les auteurs des actes de vandalisme, la police et les gendarmes déploient les grands moyens : prélèvements ADN, traces de pneus, de peinture , vidéosurveillance, mais souvent sans grands résultats. Fin novembre, le tribunal correctionnel de Toulouse a condamné trois gilets jaunes qui avaient incendié les radars automatiques de Saint-Jory et de Pompignan à trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d'intérêt général. Les trois gilets jaunes avaient posté les images sur Facebook.

Tout acte de vandalisme sur un bien public est puni de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende lorsque l’acte de vandalisme a été commis en réunion ou le visage dissimulé.