Transports

Encore de la friture sur la ligne aérienne Quimper - Paris

Par Thomas Lavaud, France Bleu Breizh Izel mardi 2 août 2016 à 19:25

Un avion Hop sur le tarmac de l'aéroport de Montpellier
Un avion Hop sur le tarmac de l'aéroport de Montpellier © Maxppp - Michael Esdourrubailh / Midi Libre

La ligne aérienne Quimper - Paris refait parler d'elle. Dans une lettre rendue publique, Michel-Edouard Leclerc pousse un coup de gueule contre le manque de fiabilité des vols opérés par la société Hop, qui appartient à Air France. Son patron rencontrera le chef d'entreprise finistérien à la rentrée

Ce salarié d'une des entreprises qui comptent parmi les plus gros clients de la ligne parle d'une "situation devenue catastrophique." Cet autre patron déclare désormais "préférer faire une heure de route et aller prendre l'avion à Brest".

Dans sa lettre rendue datée du 27 juillet et rendue publique lundi soir, Michel-Edouard Leclerc, le patron de la chaîne de grande distribution, pointe 57 annulations et 58 retards au départ de Roissy ou d'Orly depuis le début de 2016. Et presque tout autant de perturbations au départ de Pluguffan.

Dans un territoire qui se trouve à cinq heures de train, et plus encore de voiture, l'avion est la seule alternative pour faire un aller-retour en région parisienne dans la journée, afin d'assister à un rendez-vous d'affaire.

Jean-Guy Le Floch (Armorlux) : "un contrat au Japon perdu à cause d'une annulation de vol"

"Nous sommes nombreux, chefs d'entreprises, à vouloir investir dans notre région et y accueillir nos cadres nationaux plutôt que de devoir concentrer nos réunions à Paris. Avec de tels aléas, cela devient impossible" écrit Michel-Edouard Leclerc à Lionel Guérin, le patron de Hop.

Jean-Guy Le Floch, patron d'Armor Lux, joint par France Bleu Breizh Izel ajoute : "une grosse délégation japonnais a annulé sa venue à Quimper, il y a six mois, en raison de l'annulation d'un vol. J'ai proposé d'aller au Japon, mais leur emploi du temps ne le permettrait pas. Ce contrat d'une dizaine de milliers de marinières et de produits annexes, avec une importante société de distibution japonaise, je l'ai perdu."

Jean-Guy Le Floch, patron d'Armorlux

Hélène Abraham (Hop !) : "des travaux"

Hélène Abraham, directrice des dessertes court courrier à Hop, avance une explication à ces retards :  "Des travaux de jonction sont menés par aéroport de Paris entre les aéroports sud et ouest. Et depuis le 15 juillet, une des pistes d'Orly est fermée pour travaux jusqu'à fin août."

Hélène Abraham, de la société Hop !

La responsable explique que Michel-Edouard Leclerc sera invité par Lionel Guérin, le patron de Hop, à la rentrée pour évoquer le sujet.

La Chambre de commerce et d'industrie Quimper-Cornouaille a, elle aussi prévue une réunion de sa commission chargée d'alerter les élus sur ses besoins.

L'avenir de la liaison en filigrane 

Si l'affaire est si sensible, c'est que beaucoup de professionnels s'interrogent sur l'avenir de cette liaison. En 2015, la ligne Quimper - Paris a perdu un de ses quatre vols quotidiens, et le temps de trajet a été rallongé, à cause d'un changement d'appareil. Le MEDEF et la CCI Quimper-Cornouaille s'était, à l'époque, élevés contre ces modifications.

Dans une étude datée de la fin 2015, l'agence de développement "Investir en Finistère" explique que la fréquentation de la ligue est en baisse de 11 à 12 % depuis 2014. Et que 15 des 19 entreprises de Cornouaille sondées ont "modifié leur habitude de voyage" depuis les changements opérés.

La direction de Hop a toujours nié un quelconque projet de fermeture de cette ligne.

C'est l'entreprise Vinci qui gère actuellement l'aéroport de Quimper-Cornouaille. Le contrat de gestion fait, en ce moment, l'objet d'un appel à candidature, jumelé à celui de Brest-Guipavas. Les CCI de Brest et Quimper (qui ne feront qu'une au 1e janvier 2017) sont candidates, tout comme Vinci.