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Et si les transports en commun devenaient gratuits au Havre ?

Et si demain prendre le bus ou le tramway ne coûtait plus rien ? Le député communiste de Seine-Maritime Jean-Paul Lecoq a déposé une proposition de loi à l'Assemblée nationale et lancé le débat au Havre lors d'une réunion publique.

Illustration : le tramway du Havre.
Illustration : le tramway du Havre. © Maxppp - Olivier Boitet

Il y a deux semaines, l'agglomération de Calais annonçait des bus 100% gratuits pour tout le monde à partir de 2020, une décision en partie motivée par les manifestations des gilets jaunes. Le 13 décembre, le député de Seine-Maritime Jean Paul Lecoq a organisé une réunion publique au Havre pour discuter de la gratuité des transports en commun. Avec son groupe parlementaire (Gauche démocrate et républicaine), il a déposé une proposition de loi "visant à encourager la gratuité des transports collectifs urbains et périurbains" à l'Assemblée Nationale.

A la communauté de l'agglomération havraise (CODAH), la question n'est pas à l'ordre du jour. Les transports en commun coûtent 56 millions d'euros par an, financés à 40 % par le versement transport des entreprises, un tiers par la communauté d'agglomération et un quart par les voyageurs, grâce aux tickets et aux abonnements. Passer au gratuit coûterait trop cher, estime Daniel Fidelin, le vice président de la CODAH en charge de la mobilité : "Si demain on passe au gratuit, il faut trouver 18 millions d'euros. C'est quand même le contribuable qui paye..."

La CODAH a d'autres priorité : l'amortissement du tramway et l'achat de bus dits propres d'ici 2025, ce à quoi l'oblige la loi de transition énergétique. Pour le moment, pas de gratuité donc, mais des tarifs réduits : "Nous avons une tarification sociale pour les personnes en difficulté" explique Daniel Fidelin.

Une augmentation de la fréquentation

Pourtant, en France, 36 agglomérations ont franchi le pas : Aubagne, Châteauroux, Niort, Compiègne... La plus grosse, Dunkerque, compte 200 000 habitants, un tout petit peu moins que le Havre. Le passage au gratuit a eu des résultats positifs pour Maxime Huré, maître de conférence à l'université de Perpignan, qui étudie la question depuis 2012 : "Globalement la gratuité fait augmenter très significativement la fréquentation des transports collectifs. par exemple à Dunkerque, depuis le 1er septembre 2018 c'est 120 % de plus le week-end et 50 % la semaine."

Ce sont en partie des gens qui abandonnent leur voiture, mais aussi de nouveaux usagers qui se déplacent alors qu'ils n'en avaient pas les moyens auparavant. "Plus de gens qui prennent les transports en commun, c'est moins de voitures en ville, même si on admet que ce n'est pas à due proportion" explique Jean-Paul Lecoq, député communiste de Seine-Maritime.

Evidemment la hausse de la fréquentation nécessite de développer le réseau, d'investir dans de nouvelles lignes. Mais pour Jean-Paul Lecoq, c'est avant tout un choix politique. : "Le maire de Dunkerque a ajourné la construction d'une salle de spectacle parce que la gratuité des transports en commun était plus importante. Écologiquement, économiquement, socialement, en termes d'aménagement du territoire, c'est extraordinaire. Il ne faut pas dire "non" et être dans le dogmatisme, il faut chercher le chemin pour le rendre possible. Je ne sais pas si ça va être possible à 100 % immédiatement mais je le rêve et je pense que ça peut être une autre façon de vivre la ville."

Jean-Paul Lecoq, député communiste de Seine-Maritime

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