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Transports

Faut-il réglementer les monoroues, trottinettes et skateboards électriques ?

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Par , France Bleu Nord

La Loi Mobilités doit être présentée cet automne en Conseil des Ministres. Elle prévoit quelques changements de règles sur la route pour tenir compte de la présence de nouveaux engins de déplacements.

Les monoroues électriques se développent de plus en plus en ville
Les monoroues électriques se développent de plus en plus en ville © Maxppp - Claude Prigent

Dans les villes engorgées par la voiture, c'est un remède anti-bouchons. De plus en plus d'habitants d'agglomération délaissent la voiture au profit de monoroues électriques (appelées aussi gyropodes), trottinettes électriques et skateboards électriques (hoverboards). Joffrey Dislaire habite le Vieux-Lille. Habitué des trajets domicile-travail vers Wasquehal ou Euralille en voiture, cet informaticien de 43 a laissé son véhicule au garage il y a deux ans lorsque la mairie a mis en place un nouveau plan de circulation

Je remonte les files de bouchons le matin avec un plaisir indescriptible. Non seulement je revis mes déplacements mais en plus je sais que je donne un petit coup de pouce à la planète.

Gros avantage pour ce mode de déplacement, l'absence de bouchons : "je sais exactement quand je pars et quand j'arrive, je ne suis plus en retard à une réunion". A raison de 15 kilomètres par jour perché sur sa monoroue, cet habitant a déjà parcouru 6 000 kilomètres, usé 3 monoroues. Le dernier lui a coûté 1 500€, peut rouler jusqu'à 40 km/h : "mais je ne vais jamais au-delà de 25 km/h, je fais attention aux piétons qui peuvent être surpris", précise Joffrey qui reconnaît jouer un peu avec la réglementation routière en matière d'engins électriques.

Des engins assimilés à une motocross non-immatriculée

Selon la loi, aujourd'hui, il est interdit à tous ces engins électriques (monoroues, trottinettes, hoverboards) de rouler sur la route et sur les trottoirs où un engin ne doit pas dépasser une homme qui marche, soit 5 km/h, rappelle le commissaire de police Maxime Gheeraert, adjoint au chef du service de l'ordre public à Lille :

On peut être sanctionné d'une contravention de 5ème classe, ça peut aller jusqu'à 1 500€

Le commissaire de police Maxime Gheeraert - Radio France
Le commissaire de police Maxime Gheeraert © Radio France - Stéphane Barbereau

Pour une trottinette électrique sur une piste cyclable, il en coûtera une contravention de 90€.  Pour un slalom dangereux pour les piétons sur le trottoir à pleine vitesse, on parle alors d'un délit passible d'un an d'emprisonnement et 15 000€ d'amende.

Des accidents en augmentation

Sur l'ensemble de la France en 2017, on a relevé 284 personnes blessées dans des accidents de trottinettes ou de rollers, en hausse de 23% sur un an. Le département du Nord se classe à la 10ème place en nombre d'accidents. Frédéric Héran est un spécialiste des nouvelles mobilités urbaines, auteur du "retour de la bicyclette : une histoire des déplacements urbains en Europe, de 1817 à 2050" (aux éditions La Découverte"). Cet urbaniste et économiste de l'université de Lille est contre l'arrivée des monoroues et hoverboards sur les pistes cyclables et souligne leur dangerosité : 

Une trottinette lancée à 40 km/h, c'est de la folie, ça devrait évidemment être interdit ! 

A une telle vitesse, "il y aura des morts" insiste le chercheur lillois : "ça commence déjà aux Etats-Unis où cette tendance a commencé plus tôt que chez nous". Pour lui, le trottoir doit être "sacré, préservé pour les piétons fragiles : enfants, personnes âgées, personnes en situation de handicap".

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