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Transports

Gironde : les riverains de la LGV pas convaincus par les mesures acoustiques effectuées par LISEA

vendredi 9 mars 2018 à 0:15 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde et France Bleu

Devant 300 personnes jeudi soir à Cézac, dans le Cubzagais, les responsables de LISEA ont présenté les résultats de la campagne de mesures acoustiques menée depuis l'automne le long de la LGV en Gironde. Mais ces conclusions n'ont pas calmé la colère des riverains excédés par le bruit.

Le passage d'un TGV, à Marsas, vu du jardin d'un riverain
Le passage d'un TGV, à Marsas, vu du jardin d'un riverain © Radio France - Aurélie Bambuck

Cézac, France

La réglementation sur le bruit est-elle respectée sur la LGV Tours-Bordeaux ? Oui, en grande partie, si l'on en croit les conclusions de LISEA. La société qui a construit et qui exploite la ligne ferroviaire grande vitesse Tours-Bordeaux présentait ce jeu soir les résultats des mesures acoustiques réalisées le long de la  LGV, dans les 10 communes traversées en Gironde. C'était lors d'une réunion publique, qui a réuni quelques 300 personnes à Cézac, en Haute-Gironde. Une assistance constituée de riverains, d'élus et de représentants d'associations. 

Il ressort de cette étude que sur les 32 mesures effectuées depuis l'automne en Gironde - des micros déposés à 32 endroits pour mesurer le bruit lors du passage des TGV - la norme est légèrement dépassée sur deux sites particuliers, chez deux riverains de Marsas et de Laruscade.

Nous allons lancer des études complémentaires pour effectuer à ces deux endroits les aménagements nécessaires : soit un mur anti-bruit qui peut être rehaussé, soit un merlon en terre rajouté ou rehaussé"  — Hervé Le Caignec, président de LISEA 

Le punlic venu nombreux écouter les représentants de LISEA, à Cézac  - Radio France
Le punlic venu nombreux écouter les représentants de LISEA, à Cézac © Radio France - Pierre-Marie Gros

Mais lors de cette réunion, la colère des riverains s'est très vite exprimée, remettant en cause les conclusions de ces mesures. 

Je vous invite à venir prendre l'apéro chez moi, vous verrez qu'à 60 décibels, votre verre va trembler. Vous avez fait des mesures sur ma maison, vous dites que les normes sont respectées, vous voulez dire que je suis un menteur ?  — Deux riverains, lors de la réunion 

"Les normes respectées ? Alors, on vous ment? "

La réglementation sur le bruit fixe une moyenne sur la journée de 60 décibels à ne pas dépasser. Or, les riverains parlent de pic à 90 décibels plusieurs fois par jour.  LISEA répond qu'il ne fait qu'appliquer les normes en vigueur. 

Nous sommes ici pour trouver des solutions, mais ces solutions, nous ne les trouverons pas seuls. Il faut qu'elles viennent aussi des services de l'Etat qui ont décidé cette réglementation. Ce qui peut être fait ne peut pas l'être que par LISEA." — Hervé Le Caignec, le président du concessionnaire.  

LISEA va par ailleurs lancer de nouvelles études pour étudier cette fois les vibrations engendrées par le passage à plus de 300 km/h des TGV. Les résultats seront connus dans trois à quatre mois. 

"Un enfer au quotidien"

Ces réponses ne satisfont pas les riverains, confrontés en plus aux fissures dues aux vibrations, avec les 54 TGV quotidiens qui passent sur la ligne, sans parler de la dévaluation de leurs maisons. Ils parlent de situation intenable.

Ces relevés ne reflètent pas ce que nous vivons au quotidien. Notre maison est à 70 m de la ligne, il n'y a aucune protection et tout le bruit nous vient en plein face. Je crains pour cet été, lorsqu'on vivra avec les baies vitrées ouvertes. Quand je suis arrivée ici, on m'avait dit : vous ne verrez que les caténaires. Résultat aujourd'hui : je vois les passagers dans le TGV." — Jean-Luc Vasse, habitant de Gauriaguet 

"A 70 m de la ligne, je n'ai aucune protection, je vous les passagers dans le TGV" Jean-Luc Vasse, de Gauriaguet

Des échanges parfois tendus entre la salle et le président de LISEA   - Radio France
Des échanges parfois tendus entre la salle et le président de LISEA © Radio France - PIerre-Marie Gros

Brigitte Misiak est le maire de Marsas, qui compte 1.200 habitants, dont la moitié est impactée par la LGV. Elle parle de "mépris du monde rural".

Qu'est ce qui empêche LISEA d'aller plus loin que la réglementation ? Il faut absolument que l'on obtienne des protections sonores dignes de ce nom. Les gens ici mettent 1h30 ou 2h pour aller travailler dans l'agglomération bordelaise, ils voient passer des TGV qui rallient Bordeaux en un quart d'heure. Il y a deux poids, deux mesures." — Brigitte Misiak, maire de Marsas 

"Il faut absolument qu'on prenne en compte les demandes des riverains" Brigitte Misiak, maire de Marsas

La réglementation n'est pas adaptée, a reconnu Véronique Hammerer, la députée LREM de Haute-Gironde, présente à la réunion. Elle a promis la visite avant le mois de juin pour rencontrer ces riverains excédés d'Elisabeth Borne, la ministre des Transports.