Transports

Grand Est : les mouchards des autocars mouchardent-ils bien ?

Par Armêl Balogog et France Bleu, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu mercredi 26 octobre 2016 à 15:16 Mis à jour le mercredi 26 octobre 2016 à 15:26

François-Xavier Labbe étudie le ticket du "mouchard" d'un autocar sur la Gare routière de Metz
François-Xavier Labbe étudie le ticket du "mouchard" d'un autocar sur la Gare routière de Metz © Radio France - Armêl Balogog

Entre mi-septembre et fin octobre 2016, la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) dans le Grand-Est a contrôlé 760 cars pour s'assurer que les mouchards fonctionnent bien. Bilan mitigé.

Depuis un peu plus d'un an, et le vote de la "Loi Macron" à l'Assemblée nationale, les longs trajets en autocar se sont multipliés. De Metz, on peut aller à Paris, à Reims, à Strasbourg, à Tours, à Dijon, à Lyon, ou encore à Montpellier. En même temps, les contrôles se sont multipliés : ceux de la vitesse et du temps de conduite des chauffeurs grâce à des mouchards, mais aussi ceux des mouchards eux-mêmes.

"C'est un contrôle de routine", prévient François-Xavier Labbe, avant d'embarquer dans un bus de la compagnie TIM. "Une opération nationale, mais nous on ne le fait que dans le Grand-Est". "Nous", ce sont les treize agents de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE), répartis dans les dix départements de la nouvelle grande région. A Metz, ils ne sont que deux, mercredi matin, à faire la visite surprise dans les cars qui s'arrêtent à la Gare routière.

L'opération se termine dans quelques jours

Il ne s'agit pas de contrôler la vitesse ni le temps de conduite des conducteurs de car, mais de s'assurer que le matériel censé le faire est en mesure de bien fonctionner. Autrement dit, il s'agit de s'assurer que les mouchards mouchardent bien.

Le premier technicien, en gilet orange, monte à l'avant d'un car et imprime deux longs tickets d'un mètre en faisant fonctionner le chronotachygraphe. Jean-Pierre Charon regarde si les informations imprimées correspondent bien à celles qui ont été inscrites sur une étiquette, par l'atelier qui entretient le véhicule. Il vérifie aussi que la taille des pneus soit la bonne. Puis encore la présence d'un capteur sur la boite de vitesse, à l'arrière de l'autocar.

Mais le plus délicat arrive ensuite : François-Xavier Labbe, le responsable du service métrologie (les techniques pour effectuer des mesures, ndlr), vérifie qu'il n'y a aucune anomalie, de coupure de batterie qui pourrait endommager les mesures, de capteurs mal placés ou coupés. Ce matin-là, les trois cars contrôlés s'en sortent bien. L'un aura quand même un petit avertissement, mais seulement parce que son étiquette était collée sur une surface amovible.

8 % des 760 cars contrôlés ont reçu un "refus ou avertissement"

L'opération a été lancée à la mi-septembre par la DIRECCTE et se termine dans quelques jours. La Moselle est l'un des derniers départements à y passer. En un mois et demi donc, les agents ont contrôlé environ 760 véhicules, des autocars, des cars scolaires ou même des mini-bus. Parmi eux, 8 % ont reçu un "refus ou avertissement".

Ils ont été épinglés pour différentes raisons, qui peuvent aller d'une étiquette mal placée (comme expliquée plus haut) à un dysfonctionnement total du mouchard, qui résulte sur une interdiction de rouler : les autocars ne le peuvent que s'ils sont en mesure d'être contrôlés par ces machines. Alors, le chauffeur a une semaine pour emmener son véhicule à l'atelier qui s'en occupe pour trouver une solution au problème. En attendant, il doit conduire un autre car.

Les conducteurs assez partagés

Pour les chauffeurs, la scène est assez étonnante. D'abord parce qu'ils n'étaient pas prévenus, ensuite parce que les agents ne leur expliquent pas ce qu'ils font en détails : en effet, les conducteurs ne sont pas vraiment concernés, puisque, si avertissement il y a, ce n'est pas pour eux mais pour l'atelier. Une fois cela entendu, ils attendent patiemment que le contrôle se termine, au bout de dix minutes dans le plus long des cas.

Isabelle, qui roule entre Metz et Thionville, trouve que ce contrôle surprise est une bonne chose, notamment parce qu'elle ne connaît pas les contrôleurs, ainsi il y a moins de complaisance, dit-elle. Et le fait que ces agents s'assurent que son mouchard moucharde bien ? Aucun souci, là non-plus.

Logiquement je n'ai rien à me reprocher, tout est à jour. Et puis même si on a des contrôles, je sais comment je roule, donc je ne m'en inquiète pas.

Jean-Pierre lui est un peu plus partagé. Le conducteur trouve ce contrôle "un peu chiant", d'autant qu'il assure toujours respecter les limites de vitesses.

Il faut faire très attention, c'est tout. C'est la sécurité en premier. Le problème, c'est qu'on a des permis à point, alors si on n'a plus de points, on ne roule plus.

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