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Transports

Grève à la SNCF : en gare de Bordeaux, des usagers partagés entre colère et résignation

lundi 2 avril 2018 à 18:06 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

Le mouvement des cheminots, qui débute ce lundi soir, va se poursuivre jusqu'à la fin juin, à raison de deux jours d'arrêt de travail tous les cinq jours. Les clients, qui utilisent régulièrement le train pour leur travail, ont l'impression d'être "coincés" entre les grévistes et le gouvernement.

En gare St Jean, à Bordeaux
En gare St Jean, à Bordeaux © Radio France - Pierre-Marie Gros

Bordeaux, France

La grève à la SNCF est entrée dans le dur ce lundi soir : première salve jusqu'à jeudi matin, première des périodes d'arrêts de travail. Deux jours de grève tous les cinq jours sont  programmés jusqu'à la fin juin. Tous les syndicats appellent à la mobilisation contre le projet de réforme de la SNCF.  

Le mouvement s'annonce très suivi, avec un cheminot sur deux en grève, et notamment 3/4 des conducteurs, selon la direction. Résultat :  de fortes perturbations, y compris en gare de Bordeaux-St Jean. 

Dès ce lundi après-midi, les clients de retour de ce long week-end de Pâques avaient pris leurs précautions, même si la grève ne débutait qu'à 19h . 

On a passé tout le week-end à envisager des solutions alternatives, à savoir partir tôt lundi matin ou pas, et puis on a su dimanche soir que notre correspondance à Paris serait assurée. Moi, je rentre 24h avant à Strasbourg pour ne pas rencontrer de problèmes — des usagers 

Ce mouvement va principalement pénaliser tous ceux qui prennent le train pour leur travail, soit pour leurs déplacements quotidiens en TER, soit pour rallier la capitale pour des rendez-vous professionnels. C'est le cas d'Hélène, rencontrée en gare St-Jean, alors qu'elle rentrait à Marseille après un week-end de tourisme à Bordeaux. 

Je fais un ou deux allers-retours par mois Marseille-Paris, et j'ai déjà dû annuler des rendez-vous. Je trouve ça lamentable, il y a d'autres moyens de dialoguer, on subit, et je trouve ça totalement anormal. Nous, on y est pour rien. Dans mon boulot, je ne fais pas porter sur les autres mes difficultés. J'essaie de les résoudre sans embêter les autres. - Hélène, une habituée du TGV. 

"Je n'aime pas le mot "prise d'otages", mais on subit" Hélène, habituée du TGV

Les cheminots mieux lotis que d'autres ? 

Arnaud est policier municipal, il vient d'être muté à Nice, mais sa famille est toujours à Bayonne. Il fait donc les trajets régulièrement, et ce week-end, lui aussi a dû regagner la Côte d'Azur avec 24h d'avance. 

Nous, on n'a rien demandé à personne. On veut juste faire notre travail correctement, comme les cheminots d'ailleurs. Alors, je leur en veux un peu. Et puis ils ne sont pas trop à plaindre, comparativement à d'autres, comme les ouvriers du BTP, par exemple.  — Arnaud, un autre client régulier de la SNCF. 

Certains se montrent plus compréhensifs, comme Anaïs. Elle prend le train toutes les fins de semaine entre Tarbes, où habitent ses parents, et Orléans, où elle est en apprentissage. 

Mon ami est cheminot, et on a beaucoup discuté. Il m'a expliqué que c'est un travail qui est dur, ce qu'on ne réalise pas toujours, et que c'et le seul moyen qu'ils ont pour garder leurs avantages. Maintenant, je les comprends mieux, mais ça ne m'empêche pas de continuer à râler contre la SNCF." — Anaïs 

"Nous, on n'y est pour rien"

Et comme beaucoup d'usagers habituels de la SNCF, Anaïs va se reporter - au moins temporairement - vers le co-voiturage, même si elle trouve la formule moins chère certes, mais moins commode. " Dans le train, dit-elle, on peut travailler."