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Transports

Grève à la SNCF : le gouvernement se dit "ouvert" à une reprise de la dette, mais avec des "contreparties" claires

jeudi 5 avril 2018 à 10:31 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Le premier ministre Édouard Philippe s'est dit, ce jeudi matin sur France Inter, prêt à discuter de la reprise de la dette de la SNCF par l'Etat, mais il a sous-entendu que cela ne serait pas possible tant que la réforme, qui inclut la fin progressive du statut des cheminots, ne serait pas acceptée.

La gare Saint-Lazare, à Paris.
La gare Saint-Lazare, à Paris. © AFP - David Seyer/CrowdSpark

Alors que les perturbations liées aux deux premiers jours de grève de la SNCF perdurent ce jeudi matin, le premier ministre Edouard Philippe s'est dit "ouvert" à une reprise de la dette de la SNCF par l'État, mais en échange de "contrepartie extrêmement claires". Le Premier ministre s'exprimait sur France Inter, alors que les inquiétudes sur la dette de la SNCF font partie des raisons pour lesquelles les cheminots disent faire grève. 

Une reprise de la dette en échange de la réforme ? 

La reprise de la dette de la SNCF par l'Etat était présentée, en juillet dernier, par Emmanuel Macron comme la contrepartie d'une réforme des conditions sociales des cheminots. Mais cet aspect est pour le moment absent de l'actuel projet de réforme. Le Premier ministre a rappelé avoir toujours dit qu'"avant la fin du quinquennat, si la SNCF respectait ses engagements, le gouvernement prendrait ses responsabilités".

En d'autres termes, les syndicats de la SNCF doivent d'abord accepter la réforme, qui inclut la fin progressive du statut des cheminots, et celle-ci doit ensuite produire des effets, avant que le gouvernement ne reprenne tout ou une partie de la dette de la compagnie. "Je ne veux pas prendre un engagement alors même que, à ce stade, rien n'a changé dans le mode de fonctionnement de la SNCF", a dit Edouard Philippe ce jeudi matin. Questionné sur le moment où l'exécutif pourra donner sa position sur la dette, le Premier ministre a répondu que c'était "trop tôt pour le dire, c'est une discussion qui est en cours".

L'arrêt des recrutements au statut de cheminot "pas négociable"

L'arrêt des recrutements au statut de cheminot, l'un des points de discorde les plus vifs avec les syndicats, n’est "pas négociable", a déclaré Edouard Philippe.  Il a précisé que le gouvernement ne reviendra pas sur ce principe, ni sur ceux de l'ouverture à la concurrence et de la transformation de l'organisation de la SNCF. 

"Je suis ouvert à la discussion mais pas n'importe comment, pas à n'importe quel rythme, et en contrepartie d'engagements extrêmement clairs, extrêmement fermes, et qui transforment le fonctionnement opérationnel de l'entreprise", a déclaré le chef du gouvernement. "Cette question, elle est devant nous", a-t-il dit en évoquant la réunion prévue ce jeudi après-midi au ministère des Transports avec direction et syndicats.

La CGT accuse le gouvernement de "chantage" sur la dette 

En réaction aux déclarations du Premier ministre, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a dénoncé sur franceinfo le "chantage" du gouvernement sur la dette de la SNCF. "Il exerce un genre de chantage, 'acceptez ce qu'on vous propose et on parlera de la dette après', c'est proprement scandaleux", a déclaré le leader de la CGT.

La SNCF cumule 55 milliards d'euros de dettes 

Le gestionnaire des infrastructures ferroviaires françaises, rebaptisé SNCF Réseau en 2015, a accumulé 47 milliards d'euros de dette. Une somme à laquelle il faut ajouter huit milliards d'endettement de SNCF Mobilités, entité du groupe public chargée de la circulation des trains. La charge de la dette, c'est-à-dire son remboursement et les intérêts annuels, avoisine un milliard d'euros par an. Elle représente deux points de PIB de dette publique en plus, et pourrait faire remonter en flèche le déficit public du pays, qui vient de repasser sous les 3%.