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Transports

SNCF : les actes de malveillance se multiplient en marge de la grève, les syndicats dédouanent les cheminots

mercredi 16 mai 2018 à 18:26 - Mis à jour le jeudi 17 mai 2018 à 17:21 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Alors que la grève à la SNCF dure depuis un mois et demi, les actes de malveillance et les dégradations volontaires se sont multipliés ces derniers jours. La direction de la SNCF insinue que des cheminots pourraient en être responsables, ce que réfutent les syndicats.

Le mouvement des cheminots se durcit dans plusieurs régions.
Le mouvement des cheminots se durcit dans plusieurs régions. © AFP - Guillaume Pinon/NurPhoto

Le mouvement de grève à la SNCF a connu un net rebond, lundi, pour la "journée sans cheminots" menée par l'intersyndicale. Le trafic des trains a été très perturbé. Mais à cette forte mobilisation se sont ajoutés plusieurs dizaines d'actes de dégradations volontaires. 

Ce jeudi, le directeur général adjoint de la SNCF Mathias Vicherat a indiqué qu'une cinquantaine d'exactions ont été commises lundi sur les lignes SNCF. La SNCF a déposé 29 plaintes. Selon lui, d'autres exactions ont été commises mercredi. Mais pour les syndicats, aucune preuve ne permet d'accuser les cheminots, alors qu'ils pointent un climat de tension initié par la direction de l'entreprise et par le gouvernement.

Pétards sur les voies, clés perdues, coupures de courants et caténaires sectionnés 

Lundi, une caténaire a été sectionnée dans l'Eure, et a entraîné la paralysie du trafic des trains entre Paris et la Normandie. Idem à Marseille, où des cheminots ont en plus bloqué les accès a la gare Saint-Charles, provoquant une interruption du trafic. Selon la SNCF, "les premières investigations conduisent à la piste d'un acte de malveillance inacceptable". En Seine-Maritime, deux passages a niveau ont été mis hors d'état de fonctionner. Des dérangements d'installations ont aussi été organisés dans le Calvados.  À Nancy, un agent d’accueil de la SNCF a été légèrement blessé par un jet de pétard. En Moselle, des pétards ont été jetés sur les voies, empêchant des trains de circuler.

Plusieurs actes de malveillance ont également été signalés mardi : en région parisienne, la ligne J du Transilien a été visée. Au Mans, 14 TER ont été supprimés après que les clés permettant de les démarrer ont disparu pendant la nuit.  

Mercredi, à Cergy, des câbles de signalisations ont été brûlés. "Cela a entraîné l’interruption du trafic pendant plus de trois heures", a déploré Mathias Vicherat.

La SNCF a déposé une quinzaine de plaintes et dénonce un "détournement du droit de grève" 

Le directeur général adjoint de la SNCF, Mathias Vicherat, a indiqué sur RTL qu'il considérait ces "exactions" comme "un détournement du droit de grève". Sur franceinfo mardi matin, le président de la SNCF Guillaume Pepy a indiqué qu'une "quinzaine de plaintes" avaient été déposées.

"Défendre le service public, ça ne peut pas passer par le fait de sectionner des caténaires" - Elisabeth Borne, ministre des Transports 

Invitée sur France Inter mardi, la ministre des Transports Elisabeth Borne a déclaré que "défendre le service public, ça ne peut pas passer par sectionner des caténaires. Que des cheminots soient en grève, c'est une chose, c'est un droit. Par contre, détruire l'outil de travail, l'outil du service public, ça n'est pas acceptable", a-t-elle souligné. 

Interrogée sur la responsabilité des cheminots dans ces actes de malveillance, la ministre a répondu : "La justice le dira, mais je pense qu'effectivement dans un certain nombre de cas, sectionner des caténaires, mettre des troncs sur les voies, bloquer des passages à niveau, je le redis, ce n'est pas admissible."

La CFDT dénonce des actions "illégales" 

"Évidemment, les dégradations sont condamnables", juge ce mercredi Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint du syndicat. "Nous, nous n'avons pas de mot d'ordre qui incite à aller vers ce genre d'actions illégales. Mais c'est aussi prématuré d'affirmer que les cheminots sont la cause de ces dégradations", assure-t-il. "Les conclusions de la direction qui met en cause les cheminots sont bien trop hâtives". Même si selon lui, un climat de tension est entretenu par la direction de la SNCF et le gouvernement, "cela n'excuse en rien des dégradations".

"Je comprends que certains collègues soient à bout"

Bruno Poncet, secrétaire fédéral de Sud-Rail, récuse également les accusations qui visent les cheminots. "On n'a aucune preuve que ce sont des cheminots qui sont bien à l'origine de ces actes de malveillance", assène-t-il. Et quand bien même il le seraient, le responsable syndical dit "comprendre leur énervement". "C'est la direction de la SNCF qui est violente, Guillaume Pepy met de l'huile sur le feu en permanence, je comprends que certains collègues soient à bout", explique-t-il. Bruno Poncet  minimise aussi certaines actions : "Un pétard sur une voie, franchement, je ne vois pas  ce qu'il y a de dramatique ! Appeler ça de la malveillance, ça me fait rigoler !" Le responsable syndical rappelle toutefois que Sud-Rail "n'encourage pas ce genre d'action".

Quant aux caténaires sectionnées, Bruno Poncet "_ne voit pas les cheminots détruire leur outil de travail, d'autant que ces actions seraient extrêmement dangereuses." Il insinue que ces actions pourraient être le fait de personnes qui essaient de discréditer le mouvement. "Franchement, je trouve le timing bizarre"_, conclut-il.