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Transports

Harcèlement dans les transports : la nouvelle campagne fait débat

mardi 6 mars 2018 à 18:09 Par Émilie Defay, France Bleu Paris et France Bleu

Les affiches choisies par la Région Île-de-France pour lutter contre le harcèlement dans les transports font débat. En cause, le choix de représenter les agresseurs en animaux.

L'une des trois affiches de la campagne de lutte contre le harcèlement dans les transports franciliens
L'une des trois affiches de la campagne de lutte contre le harcèlement dans les transports franciliens - Ile-de-France Mobilités

Île-de-France, France

Un requin menaçant, une meute de loups hostile ou encore un ours prêt à attaquer. Tous sont censés représenter ceux qui s'en prennent aux femmes dans les transports en commun. La campagne de lutte contre le harcèlement sexuel lancé lundi 5 mars par la région Ile-de-France, la RATP et la SNCF, a choisi la métaphore du prédateur sexuel pour illustrer cette menace. 

  - Aucun(e)
- Île-de-France Mobilités

Une métaphore diversement appréciée par les voyageuses. "Ce n'est pas rassurant, admet Claire, mais c'est une réalité et il ne faut pas se la cacher. Donc c'est bien qu'il y ait des images qui montrent cela". Pour Margaux, étudiante de 20 ans, au contraire, cette campagne s'éloigne de la réalité : "le souci, c'est qu'on fait passer les hommes pour des monstres alors que ça pourrait être n'importe qui : un père de famille ou un retraité. Moi, quand je me suis fait agresser dans le métro, c'était par un homme très bien habillé, un petit bourgeois". 

C'est justement parce qu'il n'y pas de profil-type du harceleur que la Région Ile-de-France a choisi de ne pas représenter les hommes sur ces affiches. "Ce ne sont pas les hommes qu'on stigmatise mais des prédateurs", assume Valérie Pécresse, la présidente de la Région Île-de-France. "Donc la menace, ce sont des animaux pour montrer la peur que peuvent ressentir les femmes".

Une campagne qui cible les victimes, pas les agresseurs

Mais pour beaucoup, la campagne, ainsi faite, manque sa cible. Aucun homme ne peut se reconnaître dans ces animaux menaçants. "Encore une fois, cette campagne s'adresse aux victimes et non pas aux agresseurs", regrette Frédéric Robert, du collectif Zeromacho. "Les agresseurs sont toujours un peu dans l'angle mort en terme de communication". Le message en devient même sexiste selon André Gunthert, enseignant-chercheur en histoire et théorie des images sociales à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

En Angleterre, une campagne similaire de lutte contre le harcèlement dans les transports n'avait pas hésiter à montrer la réalité crue dans une vidéo, comme l'a relevé cette internaute sur twitter.