Transports

Jacques Rascol : "Dès mi-2017, on pourra faire Toulouse-Paris en TGV en 4h15"

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse mardi 26 janvier 2016 à 9:06

Jacques Rascol, directeur régional de la SNCF.
Jacques Rascol, directeur régional de la SNCF. © Radio France - Alban Forlot

La SNCF s'attaque à la Grande région. Depuis la fusion Midi Pyrénées/Languedoc Roussillon, le nombre de passagers transportés passe de 20 à 37 millions de passagers par an, et 800 trains par jour. Sans compter qu'il va falloir harmoniser les politiques tarifaires.

En attendant les "Etats Généraux du Rail" voulus par Carole Delga qui auront lieu d'ici la fin de l'année, la SNCF continue la modernisation des voies. 200 millions d'euros de travaux en 2016, et encore quelques tracas si vous prenez le train tous les jours pour aller au travail. L'enjeu du passage à la nouvelle grande région, c'est aussi harmoniser les tarifs entre des Languedociens habitués désormais au ticket de TER à un euro, et des Midi-Pyrénéens qui viennent de se mettre au Tiké Mouv'. Le directeur de la SNCF en Midi-Pyrénées était notre invité ce mardi 26 janvier 2016.

INVITE - Jacques Rascol, directeur SNCF Midi-Pyrénées

Le TER à un euro entre Toulouse et Albi, ou entre Toulouse et L'Isle-Jourdain, c'est pour bientôt ?

Jacques Rascol, directeur de la SNCF en Midi-Pyrénées : 550 TER sur 800 trains vont desservir la grande Région. A l'heure qu'il est, nous sommes toujours sous conventions Midi-Pyrénéenne d'un côté et Languedocienne de l'autre, elles sont prolongées, donc il n'y aura pas de changement tarifaire avant au moins 2017. Le TER à un euro en Midi-Pyrénées, il faudra poser la question à la Présidente de Région.

Pas de changement des tarifs avant au moins l'an prochain

Verra t-on davantage de trains entre Toulouse et Montpellier ?

On est en train de regarder. Ce sont deux TER différents aujourd’hui donc il arrivait qu'on doive changer de train à Narbonne. Nous avons deux allers-retours par jour, demain il y en aura peut-être plus, nous ne sommes pas obligés d'attendre la fin des conventions régionales.

En terme de travaux, on se souvient de la rénovation de la ligne Toulouse-Saint-Sulpice entre 2011 et 2014. Votre grand dossier actuel c'est la ligne Toulouse-Tarbes...

Oui on est partis dès fin février pour 5 ans de travaux, on a débuté fin 2015 à la sortie de Toulouse. 2016 ce sera des travaux au Sud de Toulouse et avant Tarbes, la rampe de CapVern. C'est aussi une nouvelle voie en gare de Matabiau pour fluidifier le trafic.

Le futur ferroviaire à Toulouse, c'est censé être la LGV, Paris-Toulouse en 3h10 à terme. On a l'impression que le dossier patine quand même...

Dès le milieu de l'année 2017, nous pourrons relier Paris en 4h15 (programme Sud-Est-Atlantique). C'est demain. Ensuite, l'Etat a relancé le projet entre Bordeaux et Toulouse. Et puis le préfet a lancé il y a quelques jours une Déclaration d'Utilité Publique pour une "quatre voies" au nord de Toulouse. On est en attente sur la question des financements.

On a parlé de la SNCF ce week-end avec les changements de billets au dernier moment qui deviennent payants : 5 euros la veille, jusqu'à 15 euros le jour même. Ca n'est pas comme cela que vous allez reconquérir les voyageurs partis vers le covoiturage ?

Attention, cela ne concerne pas les abonnements Pro. Pour les trajets Loisirs, le changement de billet reste gratuit jusqu'à l'avant-veille. Le plus important pour nous, c'est que cela va libérer 5.000 places, les veilles de week-end et lors des départs en vacances, que nous ne pouvions pas vendre, même à petits prix.

Pas de portique de sécurité à Matabiau dans l'immédiat

La fraude coûte 8 millions d'euros à la SNCF en Midi-Pyrénées chaque année, il y a aussi la question des incivilités. Comment lutte t-on contre tout cela ?

Il n'y a pas  de recette-miracle en terme de sécurité. Nous testons les portiques de sécurité à Paris-Montparnasse et Lille. Il n'est pas question dans l'immédiat en tous cas d'en installer à Toulouse-Matabiau. Nous réfléchissons aussi à développer  l'accueil-filtrage, avec des équipes mixtes de surveillance et de contrôleurs. En 2015, on en a fait 70 à Matabiau, au départ et à 'arrivée. Et puis il y a aussi le numéro vers 3117 que nous pouvons appeler en cas de risque terroriste.