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Transports

L'Aubrac, un train en voie de disparition

dimanche 27 mars 2016 à 7:00 Par Emmanuel Moreau, France Bleu Pays d'Auvergne

Le viaduc de Garabit n'aura peut-être plus aucune utilité. Il permet aux rares trains qui circulent encore sur la ligne de l'Aubrac (Clermont-Béziers) de traverser la vallée de la Truyère. Une ligne en sursis et qui semble condamnée, une hypothèse que la SNCF n'hésite plus désormais à évoquer.

L'Aubrac marque l'arrêt en gare d'Issoire
L'Aubrac marque l'arrêt en gare d'Issoire © Radio France - Emmanuel Moreau

Auvergne, France

Rien n'est encore officiel, mais ça ne fait plus vraiment de doute, il n'y aura très probablement plus de trains sur la ligne de l'Aubrac à la fin de l'année. Une ligne qui est en sursis depuis un bon moment, avec un seul aller-retour par jour, la dernière liaison Intercités qui relie Clermont à Béziers (baptisée Aubrac). Plus un aller-retour marchandise, le train de coils (des bobines de tôle) à destination de l'usine ArcelorMittal de Saint-Chély d'Apcher. C'est la partie nord de la ligne, la section auvergnate, qui est menacée, les 56 km entre Neussargues et Saint-Chély d'Apcher.

Il faut dire que cette ligne cumule les handicaps, un profil difficile, une voie très ancienne et en mauvais état, avec des ralentissements de plus en plus nombreux faute d'entretien. Il faudrait 30 millions d'€uros de travaux pour que les trains puissent continuer à circuler. L'électrification réalisée au début des années 30 a même été abandonnée par la SNCF qui se contente de faire circuler des engins diesel. Enfin le temps de trajet est décourageant, 6H25 entre Clermont et Béziers, deux fois plus que le temps nécessaire en voiture sur l'autoroute A75 qui longe cette ligne. D'ailleurs le rapport Duron préconise d'abandonner l'Aubrac et de le remplacer par un car.

Un tabou qui tombe

Depuis le rapport Duron, la SNCF garde une réserve prudente, dans l'attente de la décision de l'Etat sur l'avenir des Trains d'Equilibre du Territoire, une décision attendue pour le mois de mai. C'est pour cela que la prise de position de Jean Ghédira, le directeur des Intercités est une première. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne laisse pas vraiment place au doute. Jean Ghédira reconnaît que le problème de ce train, c'est qu'il est pratiquement vide, sauf le week-end avec les scolaires et qu'il n'est pas compétitif. Il explique qu'il n'y a pas de tabou et qu'un remplacement par car est une solution possible.

Le viaduc de Garabit dans le Cantal - Radio France
Le viaduc de Garabit dans le Cantal © Radio France - Emmanuel Moreau

Jean Ghédira rappelle tout de même que c'est l'Etat qui décidera, mais le sort de l'Aubrac semble scellé; le train de voyageur circule très certainement pour ses dernières semaines. La nouvelle région Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées pourrait conserver des TER comme actuellement jusqu'à Saint-Chély d'Apcher mais la ligne semble condamnée dans sa partie auvergnate. Tant pis pour les paysages magnifique qu'elle traverse, pour le viaduc de Garabit, le chef d'oeuvre d'Eiffel, condamné à devenir un décor. Reste à savoir ce que deviendra le dernier train de marchandises qui circule encore.

Jean Ghédira, directeur SNCF Intercités