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Transports

L'exaspération des usagers de bus et des commerçants dans le quartier du Haut-du-Lièvre

dimanche 8 octobre 2017 à 10:59 Par Marie Roussel, France Bleu Sud Lorraine

Les bus Stan sont à nouveau déviés du quartier du Haut-du-Lièvre, près de Nancy du 6 au 8 octobre, à partir de 20h. Depuis quelques semaines, les chauffeurs sont pris pour cible, en représailles aux interpellations menées par la police. Une situation qui prend aussi les usagers de bus en otage.

Cela fait plusieurs week-ends qu'à partir de 20h les lignes 2, 9 et 10 ne desservent plus le quartier du haut-du-Lièvre. Ce week-end du 6 octobre ne fait pas exception.
Cela fait plusieurs week-ends qu'à partir de 20h les lignes 2, 9 et 10 ne desservent plus le quartier du haut-du-Lièvre. Ce week-end du 6 octobre ne fait pas exception. - Capture d'écran Google Maps

Nancy, France

Cela fait plusieurs week-end qu'à partir de 20 heures, l'avenue Raymond Pinchard devient un no man's land. Le week-end du 6 octobre ne fait pas exception. La ligne 2 s'arrête au niveau du centre commercial de la Cascade, à Laxou et les usagers terminent le chemin à pied.

Vingt minutes de marche pour arriver jusqu'aux immeubles du Haut-du-Lièvre, et souvent la boule au ventre. Mohammed, 15 ans, n'aime pas faire le chemin tout seul le soir. "On passe par le Haut-du-Lièvre, un quartier chaud. Et des fois le bus se fait caillassé, alors il nous dépose là. C'est pour ça qu'il y a des déviations le soir à 20 heures. On est obligés de marcher, des fois j'appelle mon père et il vient me chercher au Lidl."

Une situation qui devient de plus en plus régulière remarque une jeune fille "Les bus se font caillassés plus souvent". Des jets de pierre, et même parfois des guet-apens, comme le 22 septembre dernier. Les chauffeurs de bus sont victimes des représailles menées contre la police, très active depuis le mois de juin pour démanteler le trafic de drogues.

"Des réactions de mauvaise humeur"

"Les opérations de police dérangent la délinquance locale, explique Nicolas Jolibois, directeur départemental de la sécurité publique en Meurthe-et-Moselle. Il y a des réactions de mauvaise humeur (...) donc on reste vigilants. Ces opérations sont souvent suivies de déploiements de forces de l'ordre en sécurisation."

Dans ce contexte de tensions la direction du réseau Stan, Transdev, a choisi de dévier ce week-end les lignes 2, 9 et 10. Mesures comprises par cette mère de famille, mais qui se sent elle aussi prise en otage :

Franchement je comprends tout à fait les chauffeurs. Mais c'est quand même un petit ras-le-bol : ils font ça ils pénalisent les gens qui travaillent, qui rentrent tard et qui sont pressés de rentrer chez eux. Celui qui a envie de rentrer chez lui, il rentre avant vingt heures sinon il rentre à pied !"

Et de sa fille d'ajouter : "Et comment ils font ceux qui sont à mobilité réduite ?" Même son de cloche chez les commerçants. L'un d'entre eux a accepté de témoigner, sous couvert d'anonymat. "Quand il y a des déviations, on le sent tout de suite. On a des clients qui passent moins. C'est vrai que c'est très handicapant pour nous." Que faut-il faire alors ? Difficile pour lui de répondre à cette question :

Il faut continuer de desservir le quartier, mais je comprends aussi l'attitude des chauffeurs, ils font un métier très difficile. Moi je n'aimerais pas être au volant et avoir un caillou qui arrive sur mon pare-brise. Il faudrait donc trouver d'autres solutions, sans prendre de mesures draconiennes. Quand ça impacte les commerces du quartier, ça impacte aussi les gens qui ne sortent plus."

De leur côté les chauffeurs n'envisagent pas de déposer un droit de retrait dans l'immédiat.