Transports

L'obstacle en pleine voie, le cauchemar du conducteur de train

Par Brigitte Hug, France Bleu Armorique lundi 26 octobre 2015 à 7:00

le conducteur s'entraine sur simulateur
le conducteur s'entraine sur simulateur - Brigitte Hug

Suicide, animal errant, arbre sur les rails, voiture sur un passage à niveau...l'obstacle sur la voie ferrée, c'est le cauchemar des conducteurs de trains. Ils s'entrainent régulièrement sur un simulateur pour accomplir les gestes d'urgence, comme au centre technique de la SNCF à Rennes.

L'obstacle sur la voie ferrée! Les conducteurs savent que cela peut arriver mais n'y pensent pas trop. Dans le cas contraire, "il faudrait changer de métier", souligne Anthony Perrin, formateur et conducteur. L'obstacle, c'est l'accident de personne, comme dit pudiquement la SNCF, "un suicide par mois en Bretagne". Ce sont aussi, plus fréquemment, les animaux errants, "les sangliers, chevreuils, en particulier sur la ligne de Saint Malo", précise un collègue Yann Lasbleiz. Il y a encore la collision improbable, le tracteur tombé d'un pont en pleine voie. C'est arrivé en août dernier à Noyal-sur-Vilaine, entre Paris et Rennes.

Les conducteurs n'y pensent pas trop quand ils sont aux commandes mais ils se méfient cependant de certains passages à niveau, réputés dangereux, comme celui de Saint Médard-sur-Ille. Il y a 4 ans, un choc entre un train et un camion avait fait 3 morts et 45 blessés. Anthony Perrin faisait partie des victimes. Il était alors voyageur. Les premières fois où il a reconduit sur la ligne de Saint Malo, il a ralenti son train.

Anthony Perrin se méfie des passages à niveau comme à Saint Medard-sur-Ille

Régulièrement donc, les conducteurs de train font face à des obstacles. Ils savent les gestes d'urgence à accomplir. Tout au long de leur carrière, ils s'entrainent sur des simulateurs qui recréent des scénarios d'accidents. Il en existe un au techni-centre Bretagne à Rennes.

Quand vous voyez l'obstacle, c'est déjà trop tard!

"Un train ne peut pas s'arrêter à vue. Quand vous voyez l'obstacle, c'est déjà trop tard!", explique Yann Lesbleiz, responsable d'une équipe de conducteurs. Le mécanicien ne peut que tenter de s'arrêter le plus rapidement possible. Et pour cela, taper sur le gros bouton poussoir rouge sur le pupitre qui actionne le freinage d'urgence. La collision est souvent inévitable, "comme avec le tracteur à Noyal-sur-Vilaine". Après, la priorité est de stopper les autres trains. Cela passe par le signal d'alerte radio, le coup de téléphone aux gares voisines et, si besoin, le conducteur a à sa disposition des torches, pétards et drapeaux. Il peut aussi couper la tension dans la caténaire.

Dans la cabine de conduite...

L'agent est conditionné à faire ces gestes d'urgence. Tant qu'il est dans l'action, tout va bien. Après, c'est l'attente, seul, et il peut se retrouver "dans une situation délicate". "Il peut s'effondrer à ce moment là", indique Yann Lasbleiz. En général, le conducteur arrive à remonter en cabine de conduite. Il sera suivi par la cellule psychologique et accompagné lors de son premier train.