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Transports

La goélette Miguel-Caldentey en reconstruction à Narbonne depuis déjà huit ans

mercredi 23 mars 2016 à 4:56 Par Armêl Balogog, France Bleu Roussillon

Le bateau a été pris en charge dans un chantier de réinsertion à Narbonne en 2008. Les travaux durent plus longtemps que prévu, mais le bateau devrait reprendre la mer en 2017.

Narbonne, France

Elle avait été construite en seulement six mois, en 1913, dans un port des Baléares qui fabriquait des goélettes en série. La goélette Miguel-Caldentey est en travaux de réfection à l'écluse de Mandirac, depuis déjà huit ans. C'est un bateau imposant, de 30 mètres de long et de six mètres de large, classé monument historique.

Un chantier qui n'en finit plus

En 2006, il a été retrouvé, noyé, à Canet-en-Roussillon. Deux ans plus tard, après son rachat par les villes de Port-Vendres, Banyuls et Argelès-sur-Mer, le bateau a été transporté dans un chantier de réinsertion à Narbonne. Les travaux devaient durer cinq ans et le bateau être remis à l'eau en 2014, dernier délai. En février 2016, les travaux sont encore loin d'être terminés.

Plus de 70% de la goélette avaient été détruits. Quand elle a été repêchée, explique Yann Pajot, le chef de chantier, elle était réduite à zéro. Les planches de bois de la coque ont été changées, une par une. La toiture a été entièrement refaite. Et ça va continuer :

"Il nous reste la voûte du bateau, la partie arrière à réaliser, et à faire en gros l'étanchéité du bateau, qui va accueillir, pendant ses navigations, douze personnes en autonomie, ce qui nécessite un carré, des sanitaires, une cuisine, des banettes, des couchettes pour accueillir tous ces gens." (Yann Pajot)

Reportage d'Armêl Balogog sur la goélette

A terme, le bateau transportera du fret, à hauteur de 30 tonnes, il doit donc être bien stabilisé. Les ouvriers doivent encore goudronner sa cale, ce qui améliorera également la circulation dans l'eau.

Des travailleurs en réinsertion

La lenteur des travaux s'explique notamment par la nature du chantier : il accueille des travailleurs en réinsertion dont la réfection des navires n'est pas le métier. L'équipe de huit est formée sur le tas, ce qui prend plus de temps. En plus, le turn over est important : chaque personne est en contrat aidé de six mois, renouvelable une fois. Ainsi, ceux qui travaillent actuellement sur le bateau n'étaient pas là au début des travaux et inversement.

Selon le chef de chantier Yann Pajot, les ouvriers partent au moment où ils deviennent véritablement autonome dans leurs tâches.

"Une rapidité qui est toute relative. Le but n'est pas la restauration d'un bateau, mais la réinsertion socio-professionnelle. Le but premier, c'est que les gens qui passent sur ce chantier puissent repartir vers le monde de l'emploi."

Pour Yann Pajot, la priorité est à la réinsertion professionnelle

Les travailleurs se disent satisfaits de cette expérience professionnelle, qui leur apprend des techniques de travail manuel.

"On voit que petit à petit ça prend forme. (...) L'intérieur, c'est plus de travail. Il faut tout colmater, il faut poncer bien, boucher tous les petits trous, toutes les petites fissures avec du mastic spécial pour les bateaux." (Jean-Louis)

Jean-Louis, un travailleur en réinsertion, qui travaille sur la goélette

Un port d'accueil toujours à définir

Quand le chantier de l'écluse de Mandirac sera terminé - au premier trimestre de 2017 selon les nouvelles estimations -, le bateau sera emmené, par la mer Méditerranée, dans un port des Pyrénées-Orientales. À Port-Vendres ou à Argelès-sur-Mer, cela reste à définir, car pour accueillir le bateau, le port doit comporter un quai de 40 mètres de long avec une profondeur de deux mètres et demi minimum, pour que le bateau puisse flotter.

La suite des travaux sera alors prise en charge par une autre entreprise, qui aura probablement la lourde tâche (si ce n'est pas fait avant par le chantier de réinsertion) de trouver deux grands arbres de 30 mètres de haut, dans lesquels on peut tailler deux mâts de 30 centimètres de diamètre. Des arbres majestueux qui poussent notamment sur le flan des Pyrénées.