Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

La justice annule les expropriations pour le projet de barreau de raccordement dans les Ardennes

-
Par , France Bleu Champagne-Ardenne
Warcq, France

Une famille de propriétaires de parcelles expropriés pour le projet de barreau de raccordement entre l'A304 et la nationale 43, au Nord de Charleville-Mézières a obtenu gain de cause auprès de la cour administrative d'appel de Nancy.

Le pont de Warcq est l'unique élément du projet de barreau de raccordement ardennais construit à ce jour
Le pont de Warcq est l'unique élément du projet de barreau de raccordement ardennais construit à ce jour © Radio France - Alexandre Blanc

En juillet 2019, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait déjà annulé l'autorisation environnementale unique accordée par les services de l'Etat au barreau de raccordement entre la nationale 43 et l'A304. Dans son arrêt du 30 mai 2020, la cour administrative de Nancy porte un nouveau coup au projet, une route à deux fois deux voies de 3 kilomètres 300 qui contournerait Charleville-Mézières par le Nord-Ouest.  

Déboutée en première instance par le tribunal administratif de Chalons-en-Champagne en juillet 2018, une famille expropriée a finalement obtenu l'annulation de l'arrêté de cessibilité de leurs parcelles (les associations Attac 08 et Nature & Avenir ont été déboutées).  

L'intérêt du projet pose question  

L'intérêt global du projet n'est pas suffisamment établi au regard des évolutions du contexte local - extrait de l'arrêt de la Cour administrative d'appel de Nancy.  

Les études menées par les porteurs de projet tablent sur une augmentation du trafic de poids-lourds alors que la démographie ardennaise ne cesse de décliner et que la nouvelle autoroute A304 offre déjà une solution de contournement de Charleville-Mézières depuis l'été 2018. La déclaration d'utilité publique de février 2016 ne prend pas assez ces éléments en compte, selon la juridiction et s'appuie sur des comptages de la circulation qui datent de 2009 et 2013, avant l'ouverture de l'autoroute.  

Des inconvénients patrimoniaux, environnementaux et financiers

La cour administrative d'appel de Nancy estime également que les inconvénients patrimoniaux, environnementaux et financiers pèsent trop lourd au regard de l'intérêt du projet.  

Le barreau couperait en deux la remarquable allée arborée de la Grange aux Bois, une ferme médiévale. Le projet routier, qui s'étend sur 18 hectares, aurait également un impact sur 11 hectares de zones humides de la vallée de la Sormonne et sur les espèces protégées qui les fréquentent (chauve-souris, grenouilles, lézards, oiseaux...). Le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux de Rhin-Meuse s'en trouverait d'autant moins respectées que les compensations prévues sont jugées insuffisantes.  

Enfin la Cour s'attarde sur le financement de l'opération qui "aura inévitablement pour effet d’entraîner une nouvelle dégradation des finances publiques du département des Ardennes", alors que la Chambre régionale des comptes du Grand-Est pointe déjà les importantes difficultés financières du conseil départemental. Le coût initialement programmé de 30 millions d'euros n'intègre pas 4 millions d'euros de mesures pour compenser la destruction d'espaces naturels. Et en 2015, l'Etat a retiré sa subvention de 10 millions d'euros.  

Noël Bourgeois, président du Conseil départemental des Ardennes, sur le chantier du barreau de raccordement entre l'A304 et la nationale 43
Noël Bourgeois, président du Conseil départemental des Ardennes, sur le chantier du barreau de raccordement entre l'A304 et la nationale 43 © Radio France - Alexandre Blanc

Dans ce contexte, le chantier , déjà à l'arrêt, risque de ne pas reprendre. Seul un pont au-dessus d'une voie ferrée a été construit en 2017, à Warcq. Un pont qui pourrait bien ne jamais mener nulle part. Le Conseil départemental des Ardennes et l'Etat ont toutefois la possibilité de contester cette nouvelle décision en formant une requête auprès du Conseil d'Etat.  

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu