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Transports

La ligne aérienne Périgueux-Paris, unique lien direct entre la Dordogne et la capitale, va disparaître

jeudi 31 mai 2018 à 22:09 Par Antoine Balandra, France Bleu Périgord

C'est un événement en Périgord. L'unique liaison directe entre la Dordogne et la capitale va disparaître. Les élus du Grand Périgueux ont voté ce jeudi soir la fin de la ligne aérienne Périgueux-Paris, assurée depuis 2008 par Twin Jet

L'avion de Twin Jet
L'avion de Twin Jet © Radio France - Antoine Balandra

Périgueux, France

C'est terminé. La ligne aérienne Périgueux/ Paris a vécu. Ce jeudi soir, lors du conseil d'agglomération du Grand Périgueux, les élus ont voté en majorité pour la fin de la liaison en place depuis 2008 et assurée par Twin Jet.

Avec un vote assez large, 65 pour la fin de la ligne, 22 contre et 3 nuls, pour 90 votants.  

Il faut dire qu'elle était en nette perte de vitesse avec cinq passagers en moyenne par vol dans un avion de 19 places et que les collectivités versaient au total près de 1 300 000 euros de subventions par an dont 750 mille pour le Grand Périgueux.

Il n'y aura donc pas de nouvelle délégation de service public pour trois ans et donc plus de liaison aérienne directe entre le Périgord et la capitale.  

Le maire de Périgueux Antoine Audi vote au conseil d'agglomération du Grand Périgueux pour le maintien ou non de la ligne aérienne - Radio France
Le maire de Périgueux Antoine Audi vote au conseil d'agglomération du Grand Périgueux pour le maintien ou non de la ligne aérienne © Radio France - Antoine Balandra

Ce jeudi le vote a eu lieu à bulletin secrets, pour apaiser les débats. Mais Antoine Audi, le maire de Périgueux, qui s'était fortement engagé pour le maintien de la ligne n'aura finalement pas eu gain de cause.

"Je ne le prends pas comme un revers, je considère que c'est une défaite pour notre territoire, je n'ai pas changé d'avis, je trouve cela fort dommage, mais l'avenir dira si j'ai raison ou pas dans la lutte contre le désenclavement" a réagi Antoine Audi.

Le maire de Périgueux avait pourtant pris la parole, lors du long débat qui a précédé le vote, relisant la lettre qu'il avait envoyé aux élus, pour plaider pour le maintien de la ligne, lien essentiel selon lui pour le désenclavement du territoire. 

Des élus très divisés

Mais les élus ne l'ont pas suivi. Dans les différents groupes, les avis n'étaient pourtant pas unanimes. Le PS a voté majoritairement pour la fin de la ligne. Malgré l'opposition du maire de Chancelade, Michel Testut et de l'ancien patron du Grand Périgueux, Claude Bérit-Débat. 

Les communistes, eux, ont regretté l'absence de vision de l'Etat, sur l'aménagement du territoire. Et rappelés que l'avenir est sans doute dans le ferroviaire.

Dépouillement du vote au Grand Périgueux pour ou contre le maintien de la ligne aérienne - Radio France
Dépouillement du vote au Grand Périgueux pour ou contre le maintien de la ligne aérienne © Radio France - Antoine Balandra

Le président du Grand Périgueux, Jacques Auzou, lui était triste de la fin de la ligne, mais conscient "qu'il fallait arrêter les frais".

"C'est d'abord une défaite pour l'agglomération et le département, car cela reste dangereux de se priver de cet outil pour désservir la Dordogne. Mais pour chaque passager l'agglo verse indirectement 331 euros, donc on est devant une évidence" dit Jacques Auzou

Au GELIPP, le groupe des élus libres et indépendants des partis, Philippe Ducène, le maire de Sainte-Alvère a expliqué pourquoi son groupe votera en majorité contre le maintien de la ligne.

"Je pense que peut être que la raison l'avait trop emporté. L'arrêt de la ligne, c'est peut être l'occasion d'engager un rêve qui se transformera en réalité écologique, environnementale. Au fond, on ne s'est jamais intéressé à la plateforme elle même, il faut que l'agglo s'empare du dossier, et fasse à partir d'elle une vraie chance durable" dit Philippe Ducène, qui imagine par exemple une base de drones dans une stratégie "à long terme".

Préserver le site

L'avenir a justement été évoqué. Et les élus ont voté à l'unanimité moins une abstention (celle d'Antoine Audi) le maintien en l'état de la plateforme qui enregistre 12 000 rotations par an (dont les 880 vols de Twin Jet). Notamment pour servir à l'armée, mais aussi pour les transports de dons d'organe pour l'hôpital par exemple. Pas question dit Jacques Auzou, de vendre tout à la découpe.

"Moi je suis heureux de la quasi unanimité pour préserver la plateforme. Il est de notre responsabilité e après le drame de Notre-Dame-des-Landes de préserver cet outil, c'est un bien précieux. Il est hors de question de voir la plateforme être vendue à la découpe" a dit le président de l'agglo qui dit vouloir s'atteler à trouver un nouveau projet pour le site.

En attendant des projets alternatifs, les Périgourdins pourront toujours aller prendre l'avion à Brive pour rejoindre Paris avec Hop! de Air France. Selon le maire de Brive, cité par Jacques Auzou lors du conseil communautaire, sur 60 000 passagers par an qui passent par l'aéroport corrézien, 12 000 seraient en provenance ou à destination du Périgord !