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"La relance éco" : le chèque vélo attire les clients en masse chez les réparateurs bordelais

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Par , France Bleu Gironde

Depuis le déconfinement, les boutiques de vélo sont prises d’assaut à Bordeaux. Un succès lié au coronavirus mais aussi à la mise en place par le gouvernement du chèque vélo du chèque de 50 euros pour faire des réparations. Un chèque salutaire pour les uns, décrié par les autres.

Damien Lebouc fait une révision sur le vélo d'une nouvelle cliente dans son Coffee Bicycle à Bordeaux.
Damien Lebouc fait une révision sur le vélo d'une nouvelle cliente dans son Coffee Bicycle à Bordeaux. © Radio France - Solène de Larquier

Après avoir fermé pendant deux mois, le Coffee & Bicyclette a rouvert ses portes. Comme son nom l’indique, cette boutique située cours Victor Hugo à Bordeaux propose habituellement de boire un café pendant que le gérant répare votre vélo. En rouvrant le 11 mai, Damien Lebouc a dû revoir son concept, mais il voit la clientèle affluer, même plus qu’avant le confinement. 

Devant la boutique, la terrasse a été remplacée par des vélos attendant leur propriétaire, maintenant le café ne se fait qu’à emporter mais peu importe, les clients se pressent. Quasiment tous viennent profiter du chèque vélo mis en place par le gouvernement pour que ceux qui évitent les transports en commun en raison du coronavirus privilégient la bicyclette plutôt que la voiture. Et ça marche. Ces nouveaux clients représentent presque 50 % de la clientèle au Coffee & Bicyclette aujourd'hui. 

Quelques vélos réparés ont remplacé la terrasse du Coffee & Bicyclette
Quelques vélos réparés ont remplacé la terrasse du Coffee & Bicyclette © Radio France - Solène de Larquier

Le montant du chèque, 50 euros, augmente également le ticket moyen. Avant le confinement, les clients passaient surtout pour de petites réparations le temps de boire un café. Aujourd’hui, Damien Lebouc fait des révisions complètes et des réparations plus importantes. Il commence même à tenir un planning.  Un surplus d’activité bienvenu pour le gérant qui a fermé pendant deux mois pour garder sa fille en bas âge et ne pas exposer sa femme enceinte.

Un afflux de clients mais une trésorerie toujours vide

Néanmoins si ce dispositif est encourageant pour Damien Lebouc, il ne lui apporte pas un soulagement financier immédiat. "Ce qui est super pour les gens c'est qu'ils n'ont rien à avancer à part la TVA mais il faut attendre trois semaines avant de recevoir l'argent des premiers chèques, ce qui fera quasiment trois mois sans trésorerie" explique le gérant en ajoutant : "Je suis une toute petite et récente entreprise, je vais avoir deux ans, et suis sans salarié, donc il y a pas mal d'aides de l'Etat auxquelles je ne peux pas prétendre." Mais Damien Lebouc positivise : "Déjà ça repart, on n'attend pas le client donc c'est mieux que d'être chez nous sans bosser."

A quelques dizaines de mètres de Coffe & Bicyclette, se dresse Popins, institution bordelaise près de la Grosse cloche. Depuis la mise en place du chèque vélo, le téléphone n'arrête pas de sonner. Jessica passe la porte avec un très vieux vélo : "J'ai entendu qu'on avait une prime de 50 euros avec l'Etat donc je voulais en profiter" dit-elle d'emblée en complétant : "Le vélo, c'est pour éviter de croiser beaucoup de monde et faire du sport aussi, éviter de prendre la voiture." Quelques minutes plus tard, Hassam dépose également son deux roues : "Je ne peux pas prendre les transports en commun parce que c'est dangereux avec le coronavirus. Pour moi, le vélo, c'est mieux pour aller travailler" affirme-t-il. Ce client n'a lui pas entendu parler du chèque vélo. 

Un dispositif dévié de son objectif ? 

Le co-gérant, Thomas Cellier, se montre d’ailleurs très critique envers le dispositif : "On est resté ouvert en service minimum pendant le confinement. On a vraiment recommencé le 4 mai car on a senti le vent tourner et que les gens voulaient se remettre au vélo. Donc sur le chèque vélo, de toute façon on bossait et ce n'est pas ça qui a amené des gens au vélo.

Mathieu Toqué renseigne des clients devant sa boutique Popins;
Mathieu Toqué renseigne des clients devant sa boutique Popins; © Radio France - Solène de Larquier

Thomas Cellier a peur de voir le dispositif dévié de son objectif initial : "Pleins de personnes sortent des vélos de la cave pour bénéficier du chèque, mais je ne suis pas sûr qu'ils les utilisent plus derrière." Les deux gérants sont par ailleurs mécontents du fonctionnement du système. "Il faut compter 30 minutes d'administratif pour une réparation" note Mathieu Toqué. "On a dû avoir 400 appels depuis la mise en place, par exemple hier, je ne me suis occupé que de deux vélos. Le reste, je n'ai fait que du remplissage papier et du téléphone, ce n'est pas rentable" renchérit Thomas Cellier qui pointe lui aussi du doigt le délai pour la réception des chèques alors que la boutique a enregistré 30 000 euros de pertes pendant le confinement et fait un emprunt auprès de la Bpi. 

Les deux gérants de Popins regrettent également que les personnes sans papier ne bénéficient pas du chèque, ce qui exclue, disent-ils, beaucoup de livreurs à vélo qui étaient quasiment les seuls clients de la boutique pendant le confinement. "Ils ont pris des risques pendant le confinement pour continuer à travailler et n'ont le droit à rien aujourd'hui" dénonce Mathieu Toqué. 

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