Transports

La SNCF Hauts-de-France ouvre une école de conducteurs de train à Amiens

Par Rosalie Lafarge, France Bleu Picardie lundi 10 avril 2017 à 17:57

Les treize apprentis de la première promotion de la nouvelle école de conducteurs de train d'Amiens autour de leur parrain Gérald Darmanin et de Jacky Lion de la SNCF Hauts de France
Les treize apprentis de la première promotion de la nouvelle école de conducteurs de train d'Amiens autour de leur parrain Gérald Darmanin et de Jacky Lion de la SNCF Hauts de France © Radio France - Rosalie Lafarge

La SNCF Hauts-de-France lance une nouvelle école de conducteurs de train à Amiens. L'établissement a ouvert ses portes ce lundi pour anticiper les besoins de recrutement pour 2018-2019.

La SNCF Hauts-de-France veut absolument éviter la pagaille de 2016 : faute d'anticipation des départs en retraite, la compagnie avait manqué de conducteurs et certains trains avaient dû être supprimés. Pour ne pas retomber dans ce piège, la compagnie met le paquet sur la formation des conducteurs de demain. Une nouvelle école régionale a ouvert ses portes ce lundi à Amiens.

C'est la quatrième école du genre dans la région des Hauts-de-France. 13 apprentis forment la première promotion. Dans un an et demi si tout se passe bien, ils seront aux commandes des TER de la région. Un an après la pagaille, certains trouveront que l'initiative a un peu tardé. Mais "mieux vaut tard que jamais" rétorque Gérald Darmanin, le vice-président de la région Hauts-de-France, en charge des transports, nommé parrain de cette première promotion.

Des habitants de la région deviendront conducteurs dans la région

"On a sans doute trop attendu, il aurait peut-être fallu que les anciens responsables des régions puissent anticiper ces difficultés car il faut au moins 18 mois pour avoir un conducteur. C'est un métier très compliqué, il faut accepter de découcher, de travailler le week-end, tôt le matin ou tard le soir, c'est aussi très technique, donc il y a une sélection est difficile" précise Gérald Darmanin.

"Mieux vaut tard que jamais" - Gérald Darmanin, vice-président de la région Hauts-de-France

"Ce qui est sûr c'est qu'avec ces écoles régionales, cela fait de l'emploi pour la région, et cela nous donne l'assurance que ces conducteurs resteront dans la région. Cela a un coût pour les Hauts-de-France, évidemment, mais c'est un coût normal et logique quand on veut faire rouler des trains. Ce qui est illogique et qui coûte très cher, c'est d'avoir des trains qui ne peuvent pas rouler car il n'y a pas de conducteurs" ajoute encore le vice-président de la région.

Treize apprentis aux parcours différents

Ces futurs conducteurs des TER Hauts-de-France ont tous les âges et tous les profils : des anciens moniteurs d'auto école, un ancien facteur, un ex chauffeur routier, des commerciaux... Alexandre, lui, était comptable quand il a décidé de changer de voie. Cet habitant de Chauny, âgé de 27 ans, a débuté sa formation ce lundi. Il sait que cela va être "long et compliqué". Au courant des difficultés de la SNCF l'an dernier, il a bien conscience d'être nécessaire. Mais il sait aussi que ce ne sera pas plus facile pour autant.

"La priorité de la SNCF, c'est la sécurité, donc elle ne peut pas brader des postes sous peine d'avoir des problèmes de sécurité, explique Alexandre. Je pense qu'ils ont besoin de personnes compétentes et ils ne baisseront pas la difficulté pour autant, c'est logique".

La première promotion d'apprentis conducteurs de train a reçu la visite de son "parrain" Gérald Darmanin, vice-président de la région, aux côtés de Jacky Lion de la SNCF Hauts-de-France - Radio France
La première promotion d'apprentis conducteurs de train a reçu la visite de son "parrain" Gérald Darmanin, vice-président de la région, aux côtés de Jacky Lion de la SNCF Hauts-de-France © Radio France - Rosalie Lafarge

Malgré le manque de conducteurs, pas question de brader le diplôme

Effectivement, du côté de la SNCF, on assure qu'il n'est pas question d'offrir le diplôme pour combler le manque de conducteurs. Mais il n'est pas question non plus de devoir, de nouveau, supprimer des trains parce qu'il n'y a personne pour les conduire. Cette école est donc une façon d'anticiper les futurs besoins de la région d'après Jacky Lion, le directeur régional SNCF Mobilité Hauts-de-France.

"L'agent annonce son départ en retraite six mois avant de partir, or il faut dix-huit mois pour former un conducteur" - Jacky Lion, directeur régional SNCF Mobilité Hauts-de-France

"Le départ en retraite est annoncé par l'agent lui-même, six mois avant son départ. Or, il faut pratiquement 18 mois pour former un conducteur. Donc, si nous n'anticipions pas ces départs, nous risquerions de manquer encore de conducteurs. Il n'en est pas question" insiste Jacky Lion. "C'est pour cela qu'on fait des écoles spécifiques Hauts-de-France, avec ici des gens d'Amiens, de Creil ou de Beauvais, qui conduiront dans quelques temps les TER d'Amiens, de Creil ou de Beauvais" souligne le directeur régional SNCF Mobilité Hauts-de-France.

Après quasiment 18 mois de formation, les apprentis deviendront conducteurs s'ils valident un écrit, un oral et une partie pratique, aux commandes d'un train, dans les conditions réelles.