Transports

La SNCF supprime deux TER par jour entre Chambéry et Grenoble faute de conducteurs

Par Marion Bastit, Nicolas Crozel et Véronique Saviuc, France Bleu Pays de Savoie lundi 5 septembre 2016 à 10:53

Depuis lundi 29 août, le train de 6 h 53 au départ de Chambéry et celui de 18 h 06 au départ de Grenoble ont été supprimés.
Depuis lundi 29 août, le train de 6 h 53 au départ de Chambéry et celui de 18 h 06 au départ de Grenoble ont été supprimés. © Maxppp - Yves Salvat

Depuis lundi dernier, la SNCF a supprimé deux TER par jour aux heures de pointe entre Chambéry et Grenoble. En cause, un manque de conducteurs. Les usagers dénoncent un manque d'information. Leur pétition a recueilli plus de 900 signatures en cinq jours.

C’est la mauvaise surprise de la rentrée pour les usagers du TER Chambéry-Grenoble. Depuis lundi 29 août, la SNCF a supprimé deux trains par jour aux heures de pointe et ce, sans informer les voyageurs, si ce n'est un SMS qui invitait les abonnés à consulter les horaires de circulation. D'où la colère des usagers, d’autant qu’ils ne savent même pas quand ces trains seront rétablis.

Une disparition en toute discrétion

Pascal Veuillen habite le Touvet et travaille à Grenoble. Il s’est fait piéger par la suppression du TER qu’il prend tous les matins pour aller au travail. « Ce sont des trains qui circulent depuis des années, et qui sont très utilisés, souligne-t-il. Il n’y a eu aucune communication de la part de la SNCF. Les gens qui sont habitués à prendre ce train sont venus à la gare et se sont aperçus que ce train n’existait plus. » « C’était complètement la surprise, confirme François Lemaire, vice-président de l’ADTC, une association d’usagers grenobloise. Il n’y a pas d’affiches dans les gares, le personnel SNCF n’est pas au courant. Cette suppression s’est faite en toute discrétion. »

"Les gens sont venus à la gare et se sont rendus compte que le train n'existait plus." Pascal Veuillen

Avec des collègues, Pascal Veuillen a lancé une pétition en ligne. En cinq jours, elle a recueilli plus de 900 signatures. « On a des commentaires qui montrent bien que cette décision est incompréhensible, et que les usagers sont très en colère, parce que ça impacte leur vie quotidienne, explique-t-il. Les gens se sont organisés autour de ces deux trains pour emmener leurs enfants à l’école et respecter leurs horaires de travail, et toute cette organisation est à revoir. »

Une pénurie de conducteurs

La SNCF entend régler cette situation d’ici la fin de l’année. François Lemaire n’y croit pas trop. « Il paraît qu’il y a un manque de conducteurs à cause d’une vague de départs en retraite, explique-t-il. Il y a eu un manque d’anticipation dans la gestion des conducteurs, avec un déficit de recrutements, et puis des formations avec le nouveau matériel. Ils nous expliquent qu’il faut dix-huit mois pour former un conducteur. Donc on se demande si après décembre, ça ne va pas continuer. »

"Il faut 18 mois pour former un conducteurs, donc ça risque de durer encore après décembre." François Lemaire

La Région, elle, réclame des pénalités à la SNCF. Elle avait déjà demandé 15 à 20 millions d’euros de compensation pour les trains supprimés entre avril et juillet 2016.