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Transports

Landes : pour limiter la vitesse, il installe un faux radar devant chez lui

jeudi 21 juin 2018 à 16:44 Par Valérie Mosnier, France Bleu Gascogne et France Bleu

Il est tellement bien fait, qu'on pourrait croire à un vrai ! Un habitant d'Azur a installé il y a environ trois semaines un radar fictif sur la route entre Moliets-et-Mâa et Azur. Ce faux radar est posé sur un terrain privé, en bord de route pour faire baisser la vitesse.

Philippe Glorieux a fabriqué un radar plus vrai que nature, à un détail près... Il ne flashe pas
Philippe Glorieux a fabriqué un radar plus vrai que nature, à un détail près... Il ne flashe pas - © Philippe Glorieux

Azur, France

Philippe Glorieux en a marre des excès de vitesse devant les chez lui. Sa propriété, destinée à la location saisonnière, est en bordure de route communale, juste après le panneau d'entrée d'Azur sur la route qui relie Soustons à Moliets-et-Mâa. La vitesse est limitée à 50km/h, "et les gens arrivent à haute vitesse, 80km/h" explique le Landais. 

Philippe Glorieux se dit excédé. Il raconte avoir contacté la gendarmerie et la mairie pour qu'elle installe un ralentisseur. Rien ne se passe, il a donc décidé de passer à l'action en installation de ce radar fictif. "On attend d'avoir un accident pour faire les choses... Donc j'ai pris les choses en main et j'ai installé ce radar."

Je n'ai trouvé que cette solution - Philippe Glorieux

Il vérifie quand même auprès des gendarmes s'il a le droit : "On m'a dit que sur la voie publique c'était formellement interdit, que je risquais une amende pour dépôt ordurier sur la voie publique. Donc j'ai décidé de le mettre sur ma propriété." Le Landais parle des problèmes de sécurité, mais aussi du bruit "très stressant". "Je n'ai trouvé que cette solution" résume t-il.

Ce faux radar tourelle, qui n'est pas signalé en amont, est effectivement posé sur le chemin d'entrée de la maison, au bord de la route, "à environ 300 mètres après la fin d'un virage assez serré" poursuit Philippe, qui reconnait "des coups de freins assez sérieux" depuis l'installation de son radar. Mais, selon lui, il n'y a pas de danger. Les automobilistes "ont tout le temps de le voir, d'ailleurs ils lèvent le pied bien avant l'entrée du village et ça marche ! Sincèrement ! Et il n'y a aucun risque d'être surpris par un radar qui n'a pas été signalé".

A Azur, le radar fictif de Philippe ne flashe pas. Mais, il est équipé d'ampoules grillées avec des miroirs à l'arrière, qui réfléchissent la luminosité des phares.

Le faux radar vandalisé comme un vrai

Il y a déjà quelques années, Philippe Glorieux avait installé un faux radar devant cette maison. A l'époque, il avait été volé au bout de trois semaines. Cette fois, encore le radar fictif a été vandalisé. Philippe a déjà changé les vitres taguées et a refixé son radar parce que quelqu'un avait tenté de l'arracher. Il faut dire que ce radar ressemble à un vrai. Philippe l'a fabriqué lui même en faisant de la récupération : un tube en PVC, des miroirs, de vieilles ampoules, du plexiglas et du scotch noir et jaune. 

Que dit la loi ?

La loi ne dit pas grand chose. Selon Me Jean-Baptiste Iosca, avocat auprès de l'association 40 millions d'automobilistes, les particuliers ont le droit d'installer des radars fictifs, si le terrain leur appartient. Il n'y a pas de verbalisation, pas d'amende, mais la responsabilité pénale de ces personnes est engagée s'il arrive un accident à cause  de ce radar. Par exemple, s'il gêne la circulation en étant trop prêt de la route, et que le véhicule se déporte sur la voie opposée, ou bien s'il flashe trop fort et aveugle le conducteur.  L'Etat peut également demander le retrait de ces radars s'ils prêtent à confusion avec les vrais. Si le particulier refuse de le démonter, il peut alors être sanctionné par une amende.

Philippe Glorieux a fabriqué son radar à partir de matériaux de récupération - Radio France
Philippe Glorieux a fabriqué son radar à partir de matériaux de récupération © Radio France - © Philippe Glorieux