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Transports

Le contrôle technique change le 20 mai, il sera plus strict et plus cher

mardi 13 mars 2018 à 16:24 Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne

Le 20 mai prochain entrera en vigueur une nouvelle version du contrôle technique automobile. Beaucoup plus draconien, il répond à une directive européenne dont le but est de réduire le nombre d'accidents sur les routes.

"Les véhicules bien entretenus, même anciens, n'auront pas de souci avec le nouveau contrôle technique" assurent les professionnels.
"Les véhicules bien entretenus, même anciens, n'auront pas de souci avec le nouveau contrôle technique" assurent les professionnels. © Radio France - Julien Fleury

Le téléphone n'arrête pas de sonner dans ce centre de contrôle technique à Tinqueux, près de Reims. "Ca commence à faire boule de neige", explique Eddy Valadou, le responsable, "Les clients veulent passer le contrôle avant le changement". La nouvelle formule du contrôle technique doit être mise en place le 20 mai prochain. C'est la commission européenne qui l'impose. Elle estime qu'il y a un lien entre le nombre de morts sur les routes et l'état de nos véhicules, or son objectif est de réduire de moitié le nombre de victimes sur les routes d'ici à 2020 par rapport à 2010.

Au comptoir du centre de contrôle technique, Dany est sûr de lui : "Il y a quelques bricoles, mais rien de grave elle peut rouler donc c'est bon!". Sauf que si aujourd'hui ces "quelques bricoles" ne nécessitent pas de contre-visite, ce ne sera plus le cas à l'avenir. "Il y a sur sa voiture un roulement qui fait du bruit", explique Thomas, "Ca veut dire que le mécanisme en lui-même a un problème et qu'il y a peut-être un risque de blocage ou de casse. _Aujourd'hui c'est considéré comme une défaillance mineure, mais demain ce sera une défaillance majeure_", poursuit-il.

Contrôleur technique automobile - Radio France
Contrôleur technique automobile © Radio France - Fabrice Marion

Trois niveaux de "défaillances"

A partir du 20 mai prochain, ce sont 132 points qui seront contrôlés sur votre véhicule, au lieu de 123. Et il y aura 606 défauts possibles, contre 453. "Même nous, on ne sait pas encore ce qui va passer d'une catégorie à l'autre", avoue le responsable du centre de Tinqueux Eddy Valadou "On sera formé et il nous faudra sans doute quelques semaines d'adaptation".

On connaissait les défaillances mineures et majeures, il y aura désormais les "critiques" :

  1. Les défaillances mineures (au nombre de 139), désignent tous ces défauts qui doivent être réparés mais sans obligation de contre-visite.
  2. Les défaillances majeures (340), obligent le conducteur à réparer son véhicule et à le soumettre à une contre-visite dans un délai qui reste fixé à deux mois, comme actuellement.
  3. Les défaillances critiques ( 127), c'est la nouveauté : le véhicule devra être réparé le jour même. Il sera bien sûr soumis à une contre-visite, là aussi dans un délai de deux mois, mais il ne sera pas autorisé à rouler (dans ce délai de deux mois) tant que les réparations n'auront pas été faites.

Une carrosserie endommagée, des feux stop qui ne fonctionnent pas, des pneus très usés, des plaquettes de freins ou des disques usés, l'absence de rétroviseur ou une fuite importante d'huile par exemple, seront considérés comme des "défaillances critiques". L'amende sera de 135 euros si vous roulez sans avoir fait réparer immédiatement une "défaillance critique" et surtout vous ne serez pas assuré en cas d'accident.

"Les défaillances critiques ne devraient concerner que 3 à 4% des véhicules", rassurent les professionnels

L'ancienne formule du contrôle technique existait depuis 1992 et celle-ci "Va dans le bon sens" selon Eddy Valadou qui s'explique : "Avant, une personne qui avait les pneus lisses ou pas de frein, pouvait quand même rouler pendant les deux mois avant la contre-visite, alors que c'était dangereux ! Là ce ne sera plus possible". Et il avance un autre argument : "A chaque contrôle technique on inscrit des défauts à réparer, avec ou sans contre-visite, mais les gens ne faisaient pas le nécessaire au fur et à mesure".

Avec le nouveau contrôle technique, le nombre de points de contrôle augmente peu mais les défaillances possibles elles explosent. - Radio France
Avec le nouveau contrôle technique, le nombre de points de contrôle augmente peu mais les défaillances possibles elles explosent. © Radio France - Julien Fleury

Un contrôle technique plus cher et plus long

Cette nouvelle formule du contrôle technique, qui se veut donc beaucoup plus drastique, nécessitera plus de temps sur chaque voiture, 10 minutes de plus environ et coûtera aussi plus cher : 81 euros au lieu de 69. Une hausse d'ailleurs déjà effective puisque tous les centres ont anticipé et augmenté leurs tarifs au 1er janvier. 

"Les automobilistes sont pris pour des vaches à lait !" peste Alain Jarlaud, le président de l'Automobile Club de Champagne, qui ajoute : "A chaque fois que le gouvernement, quel qu'il soit, a besoin d'argent, il crée une taxe ou une vignette ou quelque chose comme ça sur l'automobile". Quant à l'aspect sécuritaire, Alain Jarlaud n'y croit pas : "Les accidents qui sont liés à une rupture d'une pièce sont très rares, inférieur à 5%". La Commission européenne, elle, assure que 2000 décès sur 35 000 en 2009 étaient liés à des défaillances techniques.