Transports

Le dialogue social grippé chez Bibus/ Kéolis Brest

Par Valérie Le Nigen, France Bleu Breizh Izel lundi 16 janvier 2017 à 18:18

Le tramway à Brest
Le tramway à Brest © Radio France - Valérie Le Nigen

Le conflit s'enlise chez Bibus à Brest. Des débrayages de 59 minutes sont prévus tous les jours à partir de jeudi. Ce qui va provoquer des perturbations perlées tout au long de la journée, du lundi au vendredi, sur les lignes de bus et de tram. Le conflit a démarré le 19 décembre.

Et il semble dans l'impasse. La direction vient d'annoncer un geste commercial : 10 % sur les recharges d'abonnement en février.

Un taux de syndication exceptionnel

Kéolis Brest a un taux de syndication exceptionnel . Selon la CFDT, 400 des 486 salariés sont des adhérents *. Dans ce bastion syndical, le directeur actuel est arrivé pendant l'été 2015. Pour la CFDT, le dialogue social s'est dégradé après une grève en juin dernier. Selon la CFDT, la direction aurait convoqué des grévistes fraichement embauchés et aurait exercé des pressions. L'inspection du travail a été saisie. Selon Luc Daniel, porte parole de la CFDT, les salariés de Bibus ont encore en mémoire ce qui leur a semblé une attaque au droit de grève. Le directeur Jean Luc Bouhadana n'a pas la même version. Il précise qu'il s'agissait d'une rencontre et non pas d'une convocation.

Le conflit actuel dans l'impasse

Dans le conflit actuel, Jean Luc Bouhadana estime qu' il n'est pas possible d'envisager l'augmentation réclamée par la CFDT. Le coût serait de 750 000 euros. Pour lui, la CFDT doit faire une contre proposition pour ouvrir une négociation. Le deuxième point du conflit porte sur le boitier " Komfort" souhaité par la direction pour enregistrer la conduite. Les grévistes craignent un " flicage". La direction a fait savoir qu'il était possible de négocier sur la question de ce boitier. La CFDT fait savoir que l'esprit " Komfort" est déjà dans l'entreprise, même sans boitier. Une salariée aurait notamment été menacée de sanction pour être arrivée trois fois en avance de trois minutes au dépôt depuis début janvier.

La CFDT demande à la direction nationale de Kéolis de prendre ses responsabilités

La CFDT estime que le dialogue social est inexistant et demande à la direction nationale de Kéolis de prendre ses responsabilités.
Interrogé sur le dialogue social, Jean Luc Bouhadana indique avoir accordé deux représentants du personnel de plus que le minimum légal.

Pour la première fois depuis 32 ans, un service minimum.

La direction fait remarquer qu'un service minimum a été possible pendant ce conflit, alors qu'il n'avait pas été mis en place ces 32 dernières années. "Cela montre que tous les salariés ne sont pas en phase avec ce mouvement" remarque Jean Luc Bouhadana.

Le contexte de la renégociation du marché

Dans les prochains mois, le marché des transports en commun doit être renégocié à Brest. La délégation de service public actuelle se termine fin 2018. La CFDT fait savoir qu'elle espère que le volet social sera pris en compte dans les choix de Brest Métropole.

* Ajout du 17/01 : Selon la direction, 320 salariés sur 486 ont voté CFDT lors des élections du 21 janvier 2016. Selon la direction, la représentativité est de :

CFDT : 78, 59 % ( 86% en 2013)

CGT : 21, 41% ( 14% en 2013)