Transports

Le gouvernement veut rapprocher les prix du gazole et de l'essence en cinq ans

Par Samuel Aslanoff, France Bleu Paris et France Bleu mercredi 14 octobre 2015 à 21:42

Une pompe à essence (illustration)
Une pompe à essence (illustration) © Maxppp - Vincent Isore

En plein scandale Volkswagen et à quelques semaines de la Cop 21, le gouvernement a annoncé mercredi soir qu'il veut rapprocher les prix du gazole et de l'essence en cinq ans. Les taxes sur ces produits pétroliers vont évoluer dès l'an prochain d'un centime.

Après des années de vif débat, le gouvernement annonce ce mercredi qu'il veut commencer à supprimer l'avantage fiscal dont bénéficie le gazole par rapport à l'essence. Matignon a ainsi annoncé "le principe d'un rapprochement en cinq ans entre le prix du gazole et celui de l'essence", comme l'avait prôné la semaine dernière la ministre de l'Ecologie et de l'Energie Ségolène Royal, pour mettre fin à la "diésélisation massive" du parc automobile français.

Dès l'an prochain, la taxation du gazole augmentera d'un centime par litre, puis une nouvelle hausse d'un centime aura lieu en 2017, tandis que celle de l'essence sera réduite du même montant pendant la même période, ont annoncé dans un communiqué les services du Premier ministre.

Mettre fin à la diéselisation massive du parc automobile

Le gouvernement entend ainsi mettre fin au "traitement fiscal favorable" dont bénéficie historiquement le gazole en France, "avec une taxation TTC inférieure de près de 20 centimes par litre par rapport à l'essence". Selon Matignon, cet écart a "induit une diésélisation massive du parc automobile, qui suscite une préoccupation légitime de nombreux Français quant à son impact sur la qualité de l'air".

Par conséquent, "le gouvernement a décidé de proposer au Parlement de réduire cet écart (...) en posant le principe d'un rapprochement en 5 ans entre le prix du gazole et celui de l'essence", a précisé Matignon à l'issue d'une réunion d'arbitrage qui a réuni Manuel Valls, Ségolène Royal, Emmanuel Macron (ministre de l'Economie) et Michel Sapin (Finances).

Actuellement, le gazole représente environ 80% des volumes de carburants écoulés dans l'Hexagone et 55,7% des achats de voitures neuves particulières. Cette dernière proportion est toutefois en recul depuis quelques années, sur fond de débat récurrent quant à la nocivité de ses émissions et de durcissement des normes. Les moteurs diesel représentaient encore 64% des immatriculations en 2014 et 77,3% en 2008.

Prime à la conversion renforcée

Pour faire passer la pilule de l'augmentation de taxation du diesel, alors qu'il se flatte d'avoir tourné la page des augmentations d'impôts et du "ras le bol fiscal", le gouvernement promet qu'il "utilisera cette recette pour financer l'allégement de la fiscalité locale des contribuables modestes, et notamment des retraités, conformément à ses objectifs de justice sociale, partagés par la majorité parlementaire".

En outre, il va "renforcer la prime à la conversion" des vieux véhicules diesel, instaurée cette année pour pousser les propriétaires à les remplacer, en élargissant son assiette aux modèles de plus de 10 ans et en doublant son montant, de 500 euros à 1.000 euros.

Les Verts saluent une grande avancée pour la santé publique

Le député écologiste Denis Baupin a salué "une grande avancée pour l'écologie et la santé publique", soulignant que cette décision était réclamée par son camp depuis "de nombreuses années".

Ce dossier épineux empoisonne effectivement la majorité depuis le début du quinquennat, et le gouvernement Jospin avait lui-même en son temps échoué à le résoudre.

(Avec AFP)