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PHOTOS - Le masque s'impose dans les bus rochelais

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Par , France Bleu La Rochelle

Comme partout en France, le masque est devenu obligatoire ce lundi dans les transports en commun rochelais. Une mesure appliquée avec un peu de difficulté. Dans le même temps le trafic des bus a doublé par rapport au confinement, avec un espoir : éviter le retour du tout-voiture.

Pas plus de 20 personnes dans un bus simple, 30 dans un bus articulé. Avec le déconfinement, la jauge risque d'être atteinte régulièrement. Autre grande contrainte, en plus du masque obligatoire.
Pas plus de 20 personnes dans un bus simple, 30 dans un bus articulé. Avec le déconfinement, la jauge risque d'être atteinte régulièrement. Autre grande contrainte, en plus du masque obligatoire. © Radio France - Julien Fleury

Le déconfinement, c'est aussi une montée en charge des transports en commun, pour accompagner le retour au travail. Corollaire : le maintien des gestes barrière, et surtout les masques, obligatoires dans les transports, sous peine d'une amende de 135 euros. A La Rochelle, la mesure est entrée en vigueur avec un peu de difficulté, mais sans tension excessive.

Isabelle a pris le bus pour rentrer d'un rendez-vous médical. Le visage caché dans son grand foulard, "parce que j'ai oublié mon masque, et c'est pas bien du tout !" Le chauffeur semble n'y avoir vu que du feu. Cette retraitée à la santé fragile ne se sent pas très à l'aise dans les transports en commun : "sachant ce que ça entraîne, ce coronavirus, c'est pas si facile d'être sereine quand on sort de chez soi" assure Isabelle, qui n'est pratiquement pas sortie durant le confinement, et ne compte pas changer ses habitudes.

"Je ne savais pas !" Certains tentent cette excuse, pour se présenter devant un bus sans masque. L'obligation est rappelée par des affiches, mais la RTCR n'a pas encore voulu condamner des sièges.
"Je ne savais pas !" Certains tentent cette excuse, pour se présenter devant un bus sans masque. L'obligation est rappelée par des affiches, mais la RTCR n'a pas encore voulu condamner des sièges. © Radio France - Julien Fleury

La pêche aux masques

Heureusement pour Isabelle, les rares passagers de son bus de la ligne 1, l'une des principales de La Rochelle, ont tous des masques. En trouver, un combat quotidien pour Myriam : "je suis auxiliaire de vie, et au boulot on m'en distribue au compte-goutte. Et puis j'en donne à mon mari qui est en fin de vie, et à ma fille qui manque d'immunité. Parce qu'ils n'en n'ont pas. On n'en trouve pas !"

"On ne monte pas sans masque." Nouvelle règle à bord des bus rochelais, rappelée par des affiches un peu partout. Et c'est d'abord au chauffeur de faire appliquer la règle. Aucun souci rencontré pour l'instant par Kevin : "je ne pense pas que les gens vont aller chercher le conflit sur ce sujet. Ce n'est pas dans le but de toucher au portefeuille, c'est pour la santé. Donc je pense que les gens vont jouer le jeu." 

Porter un masque, la mesure est globalement très suivie. Un bus est un espace clos où le virus peut circuler plus facilement. Mais pas facile de trouver des masques.
Porter un masque, la mesure est globalement très suivie. Un bus est un espace clos où le virus peut circuler plus facilement. Mais pas facile de trouver des masques. © Radio France - Julien Fleury

La pédagogie avant les amendes

La régie des transports rochelais (RTCR) a quand même renforcé ses équipes de contrôleurs. Habituellement, Alain est formateur de chauffeurs, mais ce lundi, il fait de la pédagogie place de Verdun. "Le masque, les voyageurs l'ont souvent dans leur poche, donc on leur demande de le mettre. Et s'ils n'en ont pas, on les prie de descendre du bus." Pas d'amende à 135 euros dans l'immédiat, une tolérance de quelques jours.

Autre sujet sensible : la jauge. 20 personnes maximum pour un bus simple, 30 pour un bus articulé. Des véhicules qu'on peut croire vides affichent en réalité complet. Le prix de la sécurité pour le directeur des bus rochelais, David Cronenberger : "ce qu'on fait, c'est amener quelques habitudes, qui visent à éviter que les transports en commun ne deviennent anxiogènes. Parce que ce qui tue énormément aussi, c'est la pollution et le retour au tout-voiture."

Porter un masque, la mesure est globalement très suivie. Un bus est un espace clos où le virus peut circuler plus facilement. Mais pas facile de trouver des masques.
Porter un masque, la mesure est globalement très suivie. Un bus est un espace clos où le virus peut circuler plus facilement. Mais pas facile de trouver des masques. © Radio France - Julien Fleury

Retour du tout-voiture ?

Une menace utile à rappeler au moment où les finances de la RTCR plongent dans le rouge. Entre billetterie en berne, et baisse attendue du versement transport payé par les entreprises. Une demande de subvention pour les transports en commun sera au menu de la prochaine réunion de la communauté d'agglomération de La Rochelle, ce jeudi soir. Elle se chiffre en millions d'euros.

A La Rochelle, ce début de semaine est marqué par un doublement des fréquences  pour les bus urbains, qui ne s'étaient jamais arrêtés de tourner durant deux mois, mais en mode très dégradé (un bus toutes les demi-heures sur les lignes "structurantes"). On atteint désormais le niveau de prestation d'un samedi (un bus tous les quarts-d'heure sur les mêmes lignes principales).

Difficile encore pour les conducteurs de la RTCR de respecter les gestes barrière, notamment ici à la prise de service. Mais les masques (chirurgicaux) sont distribués abondamment.
Difficile encore pour les conducteurs de la RTCR de respecter les gestes barrière, notamment ici à la prise de service. Mais les masques (chirurgicaux) sont distribués abondamment. © Radio France - Julien Fleury

Doublement des fréquences

Retour au travail également pour une grande majorité de chauffeurs. Seuls une quarantaine sont encore arrêtés pour diverses raisons en lien avec la crise sanitaire, sur 160. Parmi les salariés de retour, Julie s'apprête à reprendre le volant d'un bus, après deux mois d'arrêt pour s'occuper de son bébé de sept mois. Heureuse de retrouver ses collègues, mais elle aborde cette reprise "avec un peu d'appréhension. On a tout ce qu'il faut, masques, gel. Après il faut voir la discipline des gens."

Comment l'obligation de porter un masque va-t-elle passer auprès du public? Après une matinée à circuler dans La Rochelle, Elodie est rassurée : "aux premières heures, à 5h20, j'ai eu une dame qui n'avait pas de masque. Je lui ai rappelé que c'était la loi. Mais après, quand on le dit aux gens, ils sortent et promettent d'acheter un masque et de prendre le suivant."

Elodie a encore du mal à porter son masque, recommandé durant le confinement, mais désormais obligatoire. Même contrainte pour les passagers, mais peu de conflits sur le sujet, assure Elodie.
Elodie a encore du mal à porter son masque, recommandé durant le confinement, mais désormais obligatoire. Même contrainte pour les passagers, mais peu de conflits sur le sujet, assure Elodie. © Radio France - Julien Fleury

Les chauffeurs bien protégés

Cette contrainte du masque obligatoire s'applique aussi au conducteur, qui peut aussi demander une visière en plastique transparent. Pas forcément simple pour Elodie : "ça va quand on les porte cinq minutes, mais au bout d'une demi-heure c'est oppressant" assure la conductrice qui se demande si ça ne serait pas un peu dans sa tête.

Les chauffeurs sont en tout cas très protégés, avec des mesures qui répondent parfaitement au protocole sanitaire mis au point dans les transports. Porte avant fermée, plexiglas et rubalise pour éviter l'accès au poste de conduite. De quoi rouler serein pour Sylvain : "j'ai eu peur au tout début, quand on continuait la vente de billets. Contact avec la clientèle, toucher des pièces de monnaie." De quoi se sentir exposé au virus.

Rubalise, plexiglas, porte avant fermée. Sylvain se sent en sécurité désormais à son poste de conduite. Et tant mieux pour le chauffeur rochelais, dont la femme est enceinte.
Rubalise, plexiglas, porte avant fermée. Sylvain se sent en sécurité désormais à son poste de conduite. Et tant mieux pour le chauffeur rochelais, dont la femme est enceinte. © Radio France - Julien Fleury

Acheter son ticket avant

Mais le chauffeur rochelais, dont la femme est enceinte, est désormais rassuré : "on a arrêté de vendre des tickets, et le public monte par l'arrière. C'est beaucoup plus sûr." Mais attention, le bus n'est pas devenu gratuit pour autant. Simplement, il faut acheter son billet avant, sur Internet ou chez les revendeurs habituels, qui le distribuent désormais à l'unité.

Les conducteurs se croisent le moins possible, notamment pendant les pauses. Et plus question de relever un collègue en cours de route, il faut passer par le dépôt. C'est le principe "un homme, un bus, un service". Moins convivial, même si les gestes barrière entre collègues ont encore du mal à être appliqués, notamment à la prise de service.

Entre midi et deux, Delphine passe son chiffon imbibé de virucide sur tous les postes de conduites des bus rentrés au dépôt. Ces temps-ci, cette agente de propreté n'a aucun mal à se sentir utile.
Entre midi et deux, Delphine passe son chiffon imbibé de virucide sur tous les postes de conduites des bus rentrés au dépôt. Ces temps-ci, cette agente de propreté n'a aucun mal à se sentir utile. © Radio France - Julien Fleury

Désinfection des bus

"Ici entre midi et deux, on désinfecte tout le poste chauffeur." Delphine a de quoi se sentir utile. Cette agente de propreté de la société SPS est devenue une combattante anti-coronavirus. Liquide virucide dans une main, chiffon dans l'autre, elle saute dans un bus articulé : "il faut vraiment penser à tous les petits boutons ! Ce n'est pas juste une vaporisation et on s'en va !" Des bus désinfectés complètement chaque soir. Une mesure de plus avec laquelle la régie des transports rochelais espère conserver la confiance de ses passagers.

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