Transports

Le métro parisien toujours à la traîne pour l'internet mobile

Par Nicolas Olivier, France Bleu Paris lundi 18 septembre 2017 à 19:59

La qualité de l'internet mobile de Free, mesurée dans le métro parisien.
La qualité de l'internet mobile de Free, mesurée dans le métro parisien. - monreseaumobile.fr / ARCEP

C'est l'autre enseignement des données publiées lundi par l'Arcep : le déploiement de la 3G/4G est très en retard dans le métro parisien. Moins d'un quart du réseau est couvert, essentiellement grâce aux métros aériens.

Les Parisiens le savent bien : il est très difficile voire souvent impossible de charger une page web dans le métro. Désormais, ils en ont la preuve chiffrée. La carte interactive de la couverture des opérateurs de téléphonie mobile publiée ce lundi par l'autorité de régulation des télécoms (Arcep) permet d'afficher la qualité de service dans les transports, opérateur par opérateur, y compris pour l'internet mobile. C'est le résultat d'un million de mesures réalisées sur le terrain en conditions réelles.

Free, le (très) mauvais élève

On y apprend que la "data" passe correctement sur les principaux axes routiers d'Ile-de-France ainsi que dans les trains (TGV, RER, Transilien...). Mais que le métro parisien reste en 2017 un trou noir pour l'internet mobile. La ligne 1 est la seule qui permette de se connecter dans de bonnes conditions. Le meilleur taux de couverture, celui d'Orange, plafonne à 26% du réseau (en comptant les tronçons aériens). SFR et Bouygues Télécom suivent avec 23%, tandis que Free Mobile n'est crédité que de 10%. L'opérateur à bas coût créé par Xavier Niel affiche d'ailleurs des résultats catastrophiques dans tous les domaines (35% de couverture 3G/4G dans le RER, 17% sur les routes, 13% dans les TGV !). La comparaison avec les autres réseaux est cruelle pour Free Mobile, qui accuse jusqu'à 60 points d'écart sur la concurrence.

Des difficultés techniques

Malgré toute la bonne volonté de la RATP, qui doit installer 3.000 antennes reliées par 300 kilomètres de câbles, le calendrier prévu ne sera pas tenu. Un retard qui s'explique surtout par des fortes contraintes techniques : les travaux ne peuvent s'effectuer que de nuit, et il faut un mois pour équiper une station. Mais surtout l'étroitesse des locaux et les problèmes de dégagement de chaleur des antennes compliquent considérablement l'avancement du déploiement de la 3G/4G. Et même lorsque la totalité des stations sera couverte, il est peu probable que l'on puisse surfer sur internet dans les tunnels... Comme le reconnaît l'ARCEP, la couverture du réseau progresse mais beaucoup moins vite que l'usage de l'internet mobile.