Transports

Les abonnés du TGV Le Mans-Paris vont bloquer des places dans les trains

Par France Bleu et Julie Le Duff, France Bleu Maine et France Bleu lundi 17 octobre 2016 à 18:25 Mis à jour le lundi 17 octobre 2016 à 19:26

Les abonnés du TGV Le Mans-Paris n'en peuvent plus d'attendre
Les abonnés du TGV Le Mans-Paris n'en peuvent plus d'attendre © Maxppp - Josselin Clair

Depuis dix-huit mois, les abonnés réclament des forfaits adaptés aux temps partiels et au télétravail. Ils ont donc décidé de "piéger" la SNCF en bloquant des places dans des trains qu'ils ne prennent pas.

C'est un nouveau type d'action qu'étrennent les membres du collectif Ladala (La défense des abonnés de la ligne Atlantique), "pas très correct" de l'aveu même du président Thierry Avenant, "mais nous n'avons plus le choix", dit-il. Puisque la SNCF leur refuse tout geste commercial en compensation des trajets non utilisés de leur forfait, ils contre-attaquent en programmant la totalité des réservations auxquelles ils ont le droit... alors même qu'ils savent qu'ils ne seront pas dans le train.

Des forfaits adaptés à l'évolution de la société

Aujourd'hui, les abonnés ont tous le même forfait annuel à 225 allers-retours ; ils sont tous prélevés de 600 euros par mois, qu'ils fassent le trajet cinq fois par semaine ou quatre fois par semaine. "Beaucoup d'entre nous travaillent à temps partiel ou avec des jours de télétravail, ce qui fait qu'il nous reste 20 ou 30 réservations sur le compte en fin d'année", détaille le président de Ladala. "Le forfait annuel, c'était une avancée, mais il faut aller plus loin. La société évolue, mais pas la SNCF".

Le loto TéGéVé

Résultat : des places qui devraient être libres et pourraient donc être vendues aux autres voyageurs sont bloquées. C'est autant de moins dans les caisses de la SNCF. D'autant que les abonnés vont cibler "les TGV qui circulent sur les périodes les plus fréquentées (en période de pointe, NDLR) et dont on sait qu'ils sont régulièrement en retard", précise Thierry Avenant. Ce qui va au passage leur rapporter des "points de retard", de quoi remporter "le loto TéGéVé" comme ils l'ont ironiquement baptisé. Pour bien montrer leur ras-le-bol, ils ont également relancé leur grève de la présentation du titre de transport.

Cinq heures de retards cumulés en septembre

Les retards, c'est l'autre grief des abonnés. "Chaque jour, on perd du temps avec les travaux de la LGV", assure Thierry Avenant, qui estime à cinq heures le total des retards pour le mois de septembre. "La SNCF ne remplit pas la promesse de nous transporter à 300 km/h. Et aujourd'hui, des employeurs perdent patience de nous voir arriver en retard aussi souvent". Le collectif a aussi écrit au porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, lui-même voyageur régulier sur les TGV Le Mans-Paris.

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