Transports

Les autoroutes allemandes bientôt payantes : "intolérable" pour les frontaliers alsaciens et lorrains

Par Céline Rousseau, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu jeudi 26 janvier 2017 à 14:42

Le gouvernement allemand a adopté ce mercredi le projet d'autoroutes payantes
Le gouvernement allemand a adopté ce mercredi le projet d'autoroutes payantes © Maxppp -

Après avoir obtenu le feu vert de la commission européenne, le gouvernement allemand a adopté ce mercredi le projet d'instauration d'un péage autoroutier pour les voitures de tourisme. En Alsace, les 30.000 frontaliers sont les premiers concernés.

"Il n'y a pas que les travailleurs frontaliers qui doivent payer les autoroutes allemandes", s'agace Cédric Rosen, président de l'association des frontaliers d'Alsace-Lorraine. "Pour les travailleurs frontaliers, c'est certes un petit manque à gagner, mais c'est intolérable de ne pas arriver à trouver une solution entre pays européens. Aujourd'hui, il faut acheter des vignettes dans chaque pays".

A quand une vignette européenne ?" - Cédric Rosen, président de l'association des frontaliers d'Alsace-Lorraine

Ce sera bientôt le cas effectivement en Allemagne. Le gouvernement allemand a adopté ce mercredi les modifications à son projet de loi de péage routier. L'Allemagne a trouvé un compromis avec Bruxelles. La commission européenne jugeait le premier projet "discriminatoire" à l'encontre des automobilistes étrangers. Berlin a donc revu sa copie. Les automobilistes allemands devront eux s'acquitter d'une vignette annuel, dont le montant maximum sera de 130 euros.

La mise en place de cette taxe routière n'aura pas lieu avant les prochaines élections générales en Allemagne, fin septembre et devra encore faire l'objet d'un vote au Bundestag.

Taxe sur les frontaliers

En Alsace, 30.000 personnes traversent chaque jour la frontière pour travailler outre-Rhin. Ils sont un peu moins de 20.000 en Moselle. Et beaucoup seront obligés d'acheter la vignette annuelle. "Son coût est raisonnable pour ceux qui sont en contrat à durée indéterminé dans une grande entreprise, mais pour les emplois plus précaires, cela va poser souci", indique le président de l'association des frontaliers d'Alsace-Lorraine.

Au-delà de l'aspect financier, c'est la sécurité qui inquiète Cédric Rosen. Selon lui, l'instauration de cette vignette va "provoquer un report de circulation sur les routes nationales allemandes, et cela engendre un problème de sécurité routière, sans compter la pollution pour les agglomérations traversées."

Les frontaliers espèrent toujours que les Allemands vont reculer sur ce dossier après les élections. Cédric Rosen espère aussi que la France, comme l'Autriche et les Pays-Bas, vont contester ce projet au niveau européen. En Moselle, l'Eurodistrict, qui regroupe les intercommunalités de l'Est du département et de la Sarre, demande à ce que cette vignette ne soit pas appliquée dans le secteur de la frontière. Pour l'un de ses membres, Gilbert Schuh, maire de Morsbach, cette vignette est "injuste".