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Transports

Les cheminots du Limousin inquiets face à l'ouverture du trafic voyageurs à la concurrence

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Par , France Bleu Limousin

Alors que FlixTrain s'intéresse à 5 grandes lignes ferroviaires dans le cadre de l'ouverture à la concurrence, dont Paris - Toulouse via Limoges, les cheminots s'inquiètent et la région Nouvelle-Aquitaine se dit vigilante. Le gouvernement scrute aussi les offres de près.

Les FlixTrains circulent déjà en Allemagne et visent désormais cinq lignes en France, dont Paris - Toulouse via Limoges.
Les FlixTrains circulent déjà en Allemagne et visent désormais cinq lignes en France, dont Paris - Toulouse via Limoges. © Maxppp - Julian Stratenschulte

Limousin, France

Allez-vous bientôt voyager en FlixTrain entre le Limousin et Paris ? Le projet est en tout cas sur les rails, avec un dossier déposé le 17 juin par la compagnie allemande FlixTrain, le pendant ferroviaire de Flixbus. Dans le cadre de l'ouverture à la concurrence, elle s'intéresse à cinq grandes lignes en France, dont Paris - Toulouse, via Limoges. C'est la fameuse ligne POLT (Paris - Orléans - Limoges - Toulouse) sur laquelle circulent actuellement des Intercités. 

Les autorités régulatrices des transports avaient un mois pour former un éventuel recours, si elles estimaient que cela risquait de mettre en péril l'équilibre économique de services publics existants. Après réflexion, la Nouvelle-Aquitaine a décidé de ne pas contester le projet, du moins pour l'instant. Ce ne sont pourtant pas les motifs d'inquiétude qui manquent, du côté de la région, comme des cheminots.

Qui va payer pour assurer les créneaux les moins rentables ?

La principale crainte de la CGT cheminot, c'est que FlixTrain se concentre sur les créneaux les plus juteux. "S'ils mettent des trains aux heures de pointe quand il y a du monde, très bien. Mais qui va répondre aux besoins sur le reste des créneaux ?" interroge Benoît Lematelot, représentant du syndicat à Limoges. Pour lui la réponse est toute trouvée : "ce sera la SNCF et _on va partager les bénéfices avec les boites privées, mais s'il y a des déficits, c'est la collectivité qui payera !_" Une inquiétude partagée par Renaud Lagrave, vice président de Nouvelle aquitaine en charge des transports, qui redoute aussi une concurrence pas forcément équitable avec les TER gérés par la région. 

Mais pour l'instant, impossible de se prononcer et donc de déposer un recours. Seule certitude, FlixTrain souhaite proposer deux aller-retours par jour entre Paris et Toulouse avec "un départ le matin et un départ en milieu d'après-midi, pour répondre à la forte demande sur ce type d'horaires" précise Yvan Lefranc-Morin, directeur général de Flixbus France, chargé de développer le projet ferroviaire. Sur le trajet, sept arrêts serait desservis dont deux en Limousin : Limoges-Bénédictins et Brive-la-Gaillarde. En revanche aucun arrêt n'est prévu à la Souterraine,contrairement aux trains affrétés par la SNCF sur cette ligne.

Le gouvernement affiche aussi sa vigilance

Interrogée lors d'un voyage sur la ligne POLT en début de semaine, la ministre des transport Elisabeth Borne a prévenu que l'ouverture à la concurrence de la ligne POLT ne devait pas se faire n'importe comment. Elle a ainsi précisé que le gouvernement n'acceptera pas de projets qui pénalisent les usagers. Le directeur général de Flixbus se dit "ouvert au dialogue" mais n'envisage pas pour autant de modifier son projet à ce stade. "Nous sommes une entreprise 100% privée, nous ne touchons aucune subvention publique, donc il faut que nous trouvions un équilibre économique dans notre équation. _Nous ne pouvons pas desservir des territoires qui ne seraient pas rentables_" justifie Yvan Lefranc-Morin. 

Il précise toutefois partager l'intérêt du gouvernement sur l'idée d'offrir "un maximum de services aux usagers" et mise notamment sur des tarifs qui seraient plus attractifs que ceux de la SNCF. Les discussions vont se poursuivre dans les prochains mois avec SNCF Réseaux, pour affiner les créneaux et les arrêts envisagés. Le verdict tombera en septmebre 2020, pour une éventuel lancement de l'offre en décembre 2020.