Transports

Des pistes pour financer les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax

Par Xavier Ridon, France Bleu Gironde lundi 28 septembre 2015 à 19:18

Alain Rousset dans son bureau à l'Hôtel de Région à Bordeaux.
Alain Rousset dans son bureau à l'Hôtel de Région à Bordeaux. © Radio France - Xavier Ridon

Le gouvernement a relancé le projet des deux LGV Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse. Le Conseil d'Etat a été saisi. Les lignes sont prévus pour 2024 vers Toulouse et 2027 vers Dax. Le président de région sort lui son projet de financement.

Le président socialiste de la région Aquitaine Alain Rousset doit trouver 9 milliards d'euros pour construire ces voies. Il développe quatre pistes. Il espère obtenir des fonds de la part de l'état :

Si vous faîtes l'addition des budgets de l'état entre 2020 et 2030, on arrive à 4000 milliards d'euros. Vous mettez en face 9 milliards d'euros, on voit bien qu'il y a la possibilité de financer d'autant que ça sera étalé dans le temps.

Alain Rousset s'intéresse aussi à des investissements, qui pourraient monter à un milliard d'euros venant de l'Europe pour permettre la liaison avec l'Espagne, mais également aux prêts "presque à 0%" du plan Juncker qui accompagne "les grands projets notamment d'infrastructures" précise le président de région qui ajoute avoir évoquer à François Hollande et à Manuel Valls la possibilité d'obtenir des fonds grâce à un grand emprunt qui a déjà "mobilisé 40 milliards d'euros à l'université."

"On déshabille peut-être d'autres régions"

Avec cette décision du gouvernement de valider les projets de LGV, la première bataille a été remportée par le monde économique aquitain selon Laurent Courbu, président de la CCI Aquitaine qui veut continuer sur cette lancée.

"Il faut saluer la bataille qui a été menée par Alain Rousset et les forces économiques du Sud Ouest, explique Laurent Courbu, si ce projet n'avait pas vu le jour, d'autres projets concurrents auraient pu bénéficier de l'aide européenne. On peut imaginer des solutions. Il faut imaginer un grand emprunt national, peut-être des PPP (Partenariat Public Privé). Tous les projets sont en concurrence sur l'Hexagone et en Europe et en faisant ce projet on déshabille peut-être d'autres régions et c'est au Grand Sud Ouest de se montrer imaginatif pour aider à trouver des financements."

LGV : "On déshabille peut-être d'autres régions" L. Courbu

Alain Juppé va dans le sens du président de la région Aquitaine et pense qu'il faut un autre modèle économique que celui de la ligne Tours-Bordeaux : "Il faut trouver des modes de financements différents parce qu'on a trop financé Tours-Bordeaux par l'emprunt et surtout en mettant autour de la table 45 ou 46 collectivités territoriales. La puissance publique, la SNCF et l'Europe doivent participer massivement à ce projet. Le Plan Juncker parle de 350 milliards d'investissements."

Alain Juppé lors des journées d'été 2015 de l'UDI à Bordeaux. - Radio France
Alain Juppé lors des journées d'été 2015 de l'UDI à Bordeaux. © Radio France - Xavier Ridon

"En attendant le luxe, on n'a pas le nécessaire" 

Dans un communiqué, le conseiller régional d'Aquitaine du parti Occitan, David Grosclaude dénonce une "erreur économique, écologique et une vision centraliste de l'aménagement du territoire". Il critique "de gros intérêts en jeu, un Partenariat Public Privé perdant pour les citoyens-contribuables". Le Front de Gauche insiste lui aussi sur ce type de contrat PPP "qui a pour seule vocation de gaver de grands groupes privés comme Vinci, quand les déficits d'exploitations restent à la charge des collectivités locales, et donc des habitants".

Le député socialiste du Sud-Gironde, Gilles Savary se trouve proche de ces positions. Revenu d'une position initialement favorable, il critique désormais l'arrivée promise des lignes à grande vitesse : "Je croyais qu'on devait sortir de l'économie d'endettement. La SNCF a un endettement de 44 milliards d'euros, il passera à 65 milliards en 2025"

Il ajoute que ce n'est pas parce que 9 milliards seront dépensés pour financer les LGV que "cela nous empêchera de financer le service existant, donc il faudra peut-être mettre quelques milliards supplémentaires"

Pourquoi utiliser ainsi 9 milliards contre 4 milliards pour rénover les lignes actuelles et en faire une nouvelle pour le fret ? On serait déjà en Espagne si on avait pas attendu la LGV. En attendant le luxe, on n'a pas le nécessaire.

David Grosclaude ne dit pas mieux défendant une Dax-Bordeaux rénovée avec des "trains roulant à 220km/h".

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