Transports

Les Trains Express Régionaux malmenés par la région Bourgogne-Franche-Comté ?

Par Christophe Tourné et Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne jeudi 15 décembre 2016 à 18:05 Mis à jour le vendredi 16 décembre 2016 à 15:25

TER en gare de Dijon
TER en gare de Dijon © Radio France - Jacky Page

La CGT Cheminots dénonce une casse du service public en matière de TER orchestrée selon le syndicat par la SNCF et le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.

Une dizaine de militants de la CGT cheminots a distribué des tracts ce jeudi en début de soirée devant le Conseil régional. Ils dénoncent "la casse du service public" en matière de Trains Express Régionaux. Une casse orchestrée et préparée pour 2017, disent-ils, entre la direction de la SNCF et le Conseil régional. Qui sont en train de négocier une nouvelle convention qui doit entrer en vigueur au 1er juin 2017.

Selon le syndicat, ce plan prévoit des fermetures de guichets notamment en Côte-d'Or aux Laumes (les samedis), des suppressions de contrôleurs à bord des trains entre Dijon/Is-sur-Tille, Dijon/Les Laumes, Chalon/Mâcon, Dijon/Seurre et Laroche/Paris-Bercy ou encore en Saône-et-Loire, la suspension de la ligne Étang-sur-Arroux/Autun. Là bas les trains seraient partiellement remplacés par des bus, durant un an, le temps que des travaux soient effectués sur les voies. Par cette distribution de tracts le syndicat voulait alerter le grand public et les élus régionaux alors que devait se tenir un peu plus tard un Comité de Ligne Ferroviaire.

20% de trains sans contrôleurs

Jean-Christophe Gossart, le responsable régional des cheminots CGT, critique ces projets. Selon lui, la direction de la SNCF s'apprête à faire circuler 20% de trains sans contrôleurs. Un projet c'est inacceptable.

« La SNCF veut redéployer un certain nombre de personnels pour la lutte anti fraude à l’arrivée des trains. Cela peut gêner les usagers lorsque plusieurs centaines de personnes sortent d’un train et qu’elles doivent être contrôlées alors qu’elles doivent se rendre à leur travail. Ce qui est prévu, c’est moins de service public car les contrôleurs ne sont pas présents dans les trains uniquement pour vérifier les billets, ils ont aussi un rôle commercial et des missions de sécurité qui sont très importants. Sans contrôleurs, si le train se retrouve coincé dans un tunnel, que fait-on ? »

Jean-Christophe Gossart, responsable régional des cheminots à la CGT - Radio France
Jean-Christophe Gossart, responsable régional des cheminots à la CGT © Radio France - Thomas Nougaillon

Michel Neugnot, vice président de la Région Bourgogne-Franche-Comté estime pour sa part que supprimer des contrôleurs dans certains trains va permettre dans rajouter sur des trajets "sensibles" et surtout de créer une véritable brigade anti fraude "il n'y a rien d'original cela s'est déjà fait dans d'autres régions. Il s'agit avec les mêmes effectifs de faire évoluer les métiers, le contrôle de départ et le contrôle à l'arrivée, et sur les trains difficiles, pourvoir mettre deux contrôleurs voir trois et donc de renforcer la sécurité."

Coût annuel des TER pour la Région: plus de 230 millions d'euros

La volonté du Conseil régional "n'est pas de changer pour changer" selon Michel Neugnot mais "d'être plus efficace". Selon lui le système de contrôle actuel dans les trains favoriserait un taux de fraude extrêmement élevé. Celui qui devrait être mis en place au 1er juin 2017 devrait permettre de récupérer une dizaine de millions d'euros! Sur un coût annuel total de plus de 230 à 240 millions d'euros pour les TER.

La CGT elle ne voit dans tous ces changements qu'un désastre pour le service public ferroviaire. En compagnie de 4 autres organisations syndicales représentatives elle a demandé un moratoire à la SNCF.

Les TER: 60 mille voyageurs chaque jour en Bourgogne-Franche/Comté

Cinq cent trente TER circulent chaque jour en Bourgogne-Franche-Comté ainsi que deux cents cars. 2 450 agents SNCF travaillent pour le TER, des conducteurs de trains, des agents aux guichets, sans parler des personnels affectés aux infrastructures pour soixante mille voyageurs chaque jour.

Jean-Christophe Gossart de la CGT

Michel Neugnot, premier vice président de la Région Bourgogne-Franche/Comté

Reportage