Transports DOSSIER : LGV Paris-Bordeaux

LGV Tours-Bordeaux : un massacre environnemental ?

Par Yohan Nicolas, France Bleu Touraine mardi 13 décembre 2016 à 10:53

Deux filiales de Vinci et Bouygues ont été condamnées chacune à 40.000 euros d'amendes
Deux filiales de Vinci et Bouygues ont été condamnées chacune à 40.000 euros d'amendes © Maxppp - Thibaut Moritz

Deux filiales des constructeurs de cette ligne à grande vitesse ont été condamnées chacune à plus de 40.000 euros d'amendes pour de nombreuses atteintes à l'environnement. Elles ont par exemple rejeté des eaux polluées directement dans les rivières.

Un accroc dans l'image d'entreprises soucieuses de l'environnement que veulent donner les constructeurs de la LGV, la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. Deux filiales de Vinci et de Bouygues ont été condamnées chacune à plus de 40.000 euros d'amendes.

La justice estime que les entreprises Coséa et DTP n'ont pas respecté les obligations fixées par le préfet d'Indre-et-Loire en matière d'environnement.

"Un massacre environnemental". Ce sont les termes d'un expert, qui a eu accès au chantier de la LGV en Indre-et-Loire, et qui s'est confié à nos confrères de Médiapart.

Des amendes trop faibles pour ces sociétés, estime France Nature Environnement

Plus mesuré, le vice-procureur de Tours, qui a instruit l'affaire souligne tout de même que "le nombre d'infractions commises est important". Les deux entreprises ont par exemple rejeté des eaux polluées directement dans les rivières. Elles s'étaient pourtant engagé à les assainir, auparavant. Le juge rappelle que Coséa et DTP ont eu des échanges avec les services de l'état pendant des mois. Les 2 entreprises ne pouvaient donc pas ignorer les enjeux et l'impact environnemental de leur carence.

Le jugement souligne également que Coséa a commis d'autres infractions à l'environnement en Gironde, en Charente, en Charente-Maritime. Autrement dit, tout le long de la LVG Tours-Bordeaux.

L'association France Nature Environnement regrette que ces amendes ne soient pas assez élevées pour être dissuasives : qu'est-ce que 40 000 euros d'amende, pour ces deux géants du BTP, sur un chantier à près de 8 milliards?