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Transports

Limitation à 80 km/h : le président de la Haute-Vienne redoute un cadeau empoisonné pour les départements

mardi 29 janvier 2019 à 10:53 Par Nathalie Col, France Bleu Limousin

Faut-il maintenir la limitation à 80 km/h sur les routes départementales ? La question est légitime pour le Premier Ministre Edouard Philippe, qui estime toutefois que la mesure a permis d'épargner 116 vies l'an dernier en France. L'hypothèse de laisser chaque département choisir fait aussi débat.

Les départements vont-il à nouveau devoir changer les panneaux de limitation de vitesse ?
Les départements vont-il à nouveau devoir changer les panneaux de limitation de vitesse ? © Radio France - Patrick Genthon

Haute-Vienne, France

Le premier ministre Édouard Philippe a salué ce lundi le "recul historique" du nombre de morts sur les routes de France.  Il se dit fier des vies épargnées grâce au passage de la limitation à 80km/h sur les routes secondaires, mais il juge  "légitime" de discuter de cette mesure dans le cadre du grand débat national. L'une des idées qui émerge serait de laisser les départements reprendre la main pour adapter la limitation sur leurs routes. Jean-Claude Leblois, le président du conseil départemental de Haute-Vienne est loin d'être convaincu.

"Si le nombre d'accidents et de victimes a baissé, on peut tous s'en réjouir" commente le président du département, qui a du mal à se prononcer sur le lien de cause à effet avec la baisse de la limitation de vitesse. "Peut-être" dit-il, tout en se montrant perplexe sur la pertinence et le maintien de la mesure, surtout face aux atermoiements du couple exécutif. "J'entend des interrogations du côté du Président de la République et du Premier ministre, j'ai l'impression que les deux ne sont pas d'accord."

Un manque de bon sens dès le départ

Jean-Claude Leblois plaide avant tout pour "le bon sens" et il estime que les mesures prises au niveau national en manquent parfois. Il pense notamment à l'hypothèse de laisser chaque président de département choisir les routes qui resteraient à 80 km/h et celles qui repasseraient à 90 km/h. "Le code de la route est le même pour tout le monde, il ne change pas lorsqu'on passe d'un département à un autre. _Je trouve que c'est assez pervers comme démarche.Ce n'est pas parce que la mesure est impopulaire qu'on doit transmettre cette décision à d'autres._" 

Un manque d'écoute aussi

Le président du conseil départemental de la Haute-Vienne déplore par ailleurs que les élus n'aient pas été écoutés en amont de cette mesure. "Il y a eu une décision unilatérale du gouvernement et maintenant on nous demande notre avis." Trop tard laisse donc entendre Jean-Claude Leblois qui redoute la suite. 

Je ne veux pas assumer le choix de repasser à 90 km/h car je serai alors tenu responsable des prochains accidents. 

Une fois de plus le président du conseil départemental de la Haute-Vienne met en avant le pragmatisme et souligne qu'il n'a pas attendu cette mesure controversée pour réagir. "Nous avions commencé depuis plusieurs années à déceler les points dangereux sur lesquels la vitesse devait être réduite. _On a mis des zones à 70 km/h, c'est ça le bon sens_." Pour lui, la vitesse doit donc être adaptée au type de route et à la situation à un endroit donné, par des dérogations, mais avec une règle claire et unique en France. Il demande donc au gouvernement de trancher lui-même, sans reporter la responsabilité sur les élus locaux.