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Transports

Lutte contre les nuisances sonores de la LGV : élus et riverains dubitatifs

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Par , France Bleu Mayenne

Après l'annonce du ministère des Transports de débloquer 11 millions d'euros pour réduire les nuisances sonores de la LGV Ouest, les riverains impactés en Mayenne restent interrogatifs sur la faisabilité de nouveaux travaux. Un référé sera d'ailleurs déposé prochainement au tribunal administratif.

La maison du maire de La Cropte se situe à 400m de la LGV Ouest
La maison du maire de La Cropte se situe à 400m de la LGV Ouest © Radio France - Martin Cotta

La Cropte, France

Ils vivent un enfer depuis juillet 2017. Les riverains de la Ligne Grande Vitesse Paris-Rennes en Mayenne. 21 communes du département sont concernées. Pour réduire les nuisances sonores, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, a annoncé ce jeudi un investissement de 11 millions d'euros pour des travaux. Suffisant pour vivre normalement ? 

En Mayenne, la LGV passe notamment par le village de La Cropte dont Paul Lambert est le maire. Cet élu vit dans un corps de ferme à 400 mètres de la ligne. Pas moins de 60 TGV par jour passent devant chez lui et il n'en peut plus. "Quand nous sommes sur la terrasse ou à l'intérieur de la maison, la baie vitrée ouverte, c'est comme si un avion à réaction passait" explique l'homme. "Nous, les riverains qui avons restauré avec goût des corps de ferme, sommes dans une impasse. Malheureusement on voit les économies de toute une vie partir en poussière parce que ce sera invendable. Le bruit on l'aura toujours ! Mes enfants aiment venir à la campagne se reposer mais c'est impossible. Le matin dès cinq heures le train réveille les enfants. Moi et mon épouse n’arrivons plus à dormir" soupire Paul Lambert. 

"Malheureusement on voit les économies de toute une vie partir en poussière parce que ce sera invendable"

Le tracé de la LGV accentue les nuisances sonores dans le secteur de La Cropte puisque ce n'est pas une ligne droite mais un lacet. L'énergie cinétique des trains y est donc pour quelque chose. Des travaux, il faut en faire convient le maire du village mais de quelle façon ? "Quand je vois déjà les travaux entrepris pour la mise en service de la ligne, on ne voit pas comment on peut diminuer le bruit" explique-t-il. 

Pour faciliter le passage de la LGV à travers les terres, la société Eiffage a en effet surélevé les voies et n'a pas choisi de les enterrer comme l'enquête publique le préconisait. La solution d'un mur anti-bruit est à l'étude, "mais il ne faut pas oublier que le centre-bourg de La Cropte se situe à 800 mètres de la ligne et que donc nous l'entendons" termine Paul Lambert. 

Un référé au tribunal administratif 

Le Collectif des Riverains Impactés 53 déposera dans les prochaines semaines un référé au tribunal administratif. Ainsi, un expert sera nommé pour mesurer les nuisances sonores le long des 86 kilomètres de LGV en Mayenne. Le bruit atteint parfois 70 décibels, bien plus que les 60 autorisés par un arrêté datant de 1999. 

Un enfer pour Gérard Lesage, le président du Comité des Riverains Impactés qui vit à Préaux juste à côté. "Dieu merci on a pas encore eu de suicides mais c’est passé tout près. Il y aussi une dévaluation des biens. Beaucoup de personnes sont venus ici pour trouver de la tranquillité. Certains ont mis presque toutes leurs économies pour aménager des anciennes fermes et qui aujourd'hui sont dévaluées voire invendables" déclare cet habitant de Préaux. 

"Dieu merci, on n'a pas encore eu de suicides mais c’est passé tout près."

Cet été, le Préfet de région, Claude d'Harcourt, devra signer les conventions de financement pour les travaux. Les riverains de la LGV en Mayenne devront encore patienter pour, peut-être, ne plus entendre les trains siffler. 

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