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A Nogaro, les habitants veulent sortir de l'enfer des camions

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Par , France Bleu Gascogne
Nogaro, France

Près d'un millier de camions par jour ! C'est le quotidien des habitants de Nogaro, dans le Gers. La commune est traversée par la départementale 931. La route est très empruntée par les transporteurs entre Toulouse et l'Espagne, qui préfèrent passer par le Gers, au lieu de payer l'autoroute.

La Départementale 931 traverse le centre-ville de Nogaro et les poids-lourds passent très près des trottoirs
La Départementale 931 traverse le centre-ville de Nogaro et les poids-lourds passent très près des trottoirs © Radio France - Valérie Mosnier

Les habitants et les élus de Nogaro montent au créneau. La commune du Gers est traversée par près un millier de poids-lourds chaque jour. Nogaro, comme Luppé-Violles, Vergoignan, Lanne-Soubiran, Arblade-le-Haut, Barcelonne-du-Gers, et Manciet sont traversées par la départementale 931. Un axe très emprunté, par les transporteurs, qui pour éviter le payer l'autoroute entre Bayonne et Toulouse, préfèrent passer par le Gers. Elus et habitants en ont ras le bol ! Ils viennent de se regrouper dans Le Collectif Sans Camions, qui se réunit ce mardi, en vue d'une action d'envergure pour se faire entendre.

Bruit, pollution et risque d'accidents

Du lundi au vendredi, et parfois même le week-end, le quotidien de ceux qui vivent le long de la D931 est un véritable cauchemar. Serge Tartas tient la brasserie "Le Progrès", située dans un virage, en plein centre-ville de Nogaro : "Les nuisances, elles sont sonores... Il y a des moments ils se suivent et on s'entend pas parler en terrasse, ils sont obligés de ralentir parce qu'il y a la descente et après ils ré-accélèrent... Après il y a la pollution, une table qui reste inoccupée plus de deux heures elle est noire de poussière... Et après il y a toujours le risque qu'un jour il y en ait un qui rate le virage et qui viennent écraser les clients en terrasse..."

Les camions arrivent d'Aire-sur-l'Adour et continuent leur chemin vers Toulouse. Les clients de la terrasse "Le Progrès" sont aux premières loges
Les camions arrivent d'Aire-sur-l'Adour et continuent leur chemin vers Toulouse. Les clients de la terrasse "Le Progrès" sont aux premières loges © Radio France - Valérie Mosnier

Le maire de Nogaro, Christian Peyret est interpellé tous les jours à ce sujet, parfois violemment comme il y a environ deux semaines, quand un camion et une voiture sont entrés en collision "je comprends que les gens soient excédés". Elu depuis 2009, il avoue aujourd'hui que tout seul il "n'y arrive plus" et vient donc de rejoindre le Collectif Sans Camions, "il faut que les pouvoirs publics sachent qu'on ne peut plus vivre comme ça !"

La traversée des poids-lourds a aussi des conséquences sur le tourisme. Nogaro est fréquentée par des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. "On perd en attractivité automatiquement, de part ces gens là qui diffusent l'information à tous les marcheurs" explique Christian Peyret. Chargée qualité à l'Office de Tourisme, en bordure de la D931, Maryse Martinot a compilé les remarques voire les réclamations : "Là ce sont plusieurs pélerins, Français, Australiens qui signalent qu'il y a beaucoup de camions dans les rues et que le virage des cafés semble dangereux. Un pélerin Néerlandais : quelle horreur ces camions! C'est dommage, Nogaro pourrait être une jolie petite ville sans ça... "

Le jour où il y aura un accident, c'est le maire qu'on viendra voir et pas les élus du Département ou l'Etat - Christian Peyret, maire de Nogaro

Les camions à Nogaro, on en parle depuis les années 80. A l'époque, le Plan d'Occupation des Sols prévoit une déviation semi-urbaine, qui évitait le cœur de ville, à la demande de l'Eta, précise Christian Peyret. Mais, rien n'est fait. Il y a 11 ans, le Plan Local d'urbanisme est revu, et il est alors demandé à la commune d'abandonner le tracé.

Le trafic augmente encore en 2015, quand la route entre Mont-de-Marsan et le Houga (la départementale 6) est interdite aux camions en transit. Le flot passe alors un peu plus au su, sur la Départementale 931.

Le maire de Nogaro, élus depuis 2008, ne cache pas sa colère. Il dit avoir organisé une quinzaine de réunions, dont certaines avec des promesses "en juin 2016, une session du Conseil Départemental s'est tenue à Nogaro, en présence du Préfet du Gers. Je suis toujours en attente de réponses... Personne ne bouge pour l'instant."

Pour l'élu, "il y a un manque de volonté de traiter ce problème. Depuis 2009 que j'en parle, on fait une étude pour connaître le transit, d'où il vient, on me met le nombre de poids-lourds. Toutes ces études se font, mais de décisions concrètes, il n'y en a pas !! Moi j'attends quelque chose de fort de la part de l'Etat et du Département. Moi ce que je redoute le plus c'est l'accident et le jour où il y aura un accident, c'est le maire qu'on viendra voir et pas les élus du Département ou l'Etat."

Interdire le transit international

La dernière étude sur le trafic routier à Nogaro faisait était état de 800 poids-lourds par jour, mais le maire estime "qu'on a dépassé les 800 camions, puisque l'étude date de trois ans à peu près... Donc on doit être à un millier et sur ce millier je regarde les immatriculations, on a des Roumains, des Lituaniens, Portugais, Espagnols et autres... Et aujourd'hui, le transit international c'est 80% des 1.000 poids-lourds. C'est des gens qui ne font que passer dans le Gers, qui n'apportent rien à l'économie locale."

Le maire de Nogaro insiste : il n'est pas anti-camion, il n'est pas question d'interdire les dessertes locales aux transporteurs.Aujourd'hui, pour il n'est pas question pour lui de demander un contournement de la ville, qui coûterait environ 25 millions d'euros, "mais il faut impérativement interdire le transit international". Mais, c'est apparemment très compliqué, car l'arrêté doit être pris par la préfecture du Gers mais la route est gérée par le Département et elle serait classée à grande circulation. Il faudrait donc trouver un itinéraire de déviation. Il y a urgence dit on sur place, les élus redoutent la déviation de Gimont qui va faciliter la circulation entre Auch et Toulouse et mettre toujours plus de camions sur la route.

Le Collectif Sans Camions

"Que le Département s'y repenche sérieusement, en trouvant des solutions !" rajoute Corinne Fournier. Elle habite Luppé-Violles, commune à côté de Nogaro, sa maison est au bord de la D931, et elle aussi en a ras le bol "on vit des vibrations, on est obligé de monter la télévision à fond pour l'entendre." Corinne Fournier est aussi l'une des représentante du Collectif Sans Camions : "C'est pas logique, il y a des aires d'autoroute qui sont faites pour eux... Un jour où l'autre on va avoir un drame, on a pour l'instant une grosse étoile sur la tête, mais on aura un drame... c'est clair !!"

Alors que faire ? "Au pire des cas, qu'on partage la circulation en deux, qu'on fasse Nogaro, Le Houga, Mont-de-Marsan, avec l'interdiction retour, et que nous on fasse le retour (c'est-dire Mont-de-Marsan, Le Houga, Nogaro), ça ferait déjà moitié moins de circulation et on retombe à 400 ou 450 camions, ce qu'on avait il y a deux ans. Avec la sécurité que les camions ne se croiseront plus" propose le Collectif Sans Camions.

Mais ce n'est pas tout, pour Corinne Fournier, il faut aussi que le ministère des Transports prenne le dossier en mains : "Comment faire passer un maximum de transnationaux sur les autoroutes, les axes qui sont faits pour eux!" Autre argument de taille avancé par le Collectif pour demander une baisse du trafic poids-lourds c'est le coût financier pour les Gersois "les routes vont devoir être refaites tous les trois ou quatre ans, parce que ce n'est pas adapté et c'est nos impôts !" conclut Corinne Fournier.

Le Collectif Sans Camions installe des banderoles le long de la D931, comme ici à Nogaro
Le Collectif Sans Camions installe des banderoles le long de la D931, comme ici à Nogaro - © Le Collectif sans Camions
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