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Transports

Orléans Métropole : bilan mitigé pour le covoiturage domicile-travail

jeudi 17 mai 2018 à 8:57 Par Eric Normand, France Bleu Orléans

Orléans Métropole a soutenu financièrement pendant 6 mois les trajets domicile-travail effectués en covoiturage sur l'application Klaxit. C'était une première en France après la région Ile-de-France, mais le coup de pouce financier n'a pas forcément suffi. Bilan de cette expérience.

Suventionner les déplacements domicile-travail dans l'aggloméraiton d'Orléans, l'idée est innovante.
Suventionner les déplacements domicile-travail dans l'aggloméraiton d'Orléans, l'idée est innovante. © Maxppp - Philippe Pauchet

Orléans, France

En ces temps de grève à la SNCF, on sait que le covoiturage à la cote. Bien avant que le gouvernement n'entame son bras de fer avec les cheminots, Orléans Métropole a subventionné les trajets domicile-travail de ses administrés à condition de les effectuer en covoiturage. C'était une expérience de 6 mois, elle vient de se terminer avec l'application WayzUp, désormais Klaxit. 

Un nombre insuffisant de covoitureurs

1 037 personnes se sont inscrites sur l'application pendant l'expérimentation de six mois.  Mais seulement 56% d'entre-elles ont pu trouver un covoiturage. Autrement dit, cela représente 580 covoitureurs. Ce ne pèse pas lourd quand on sait que 22 communes composent Orléans Métropole, avec 290 000 habitants. David Thiberge, l'élu en charge des transports l'admet, "ce n'est pas satisfaisant. On doit pouvoir développer le co-voiturage mieux que ça. Pour le moment, sur les courtes distances, il n'est pas rentré dans les moeurs, alors qu'on le voit bien sur les longs trajets, c'est un succès." Alors l'élu se demande s'il ne faudrait pas ouvrir le dispositif à des communes au-delà de Métropole, "pourquoi ne pas étendre la zone de couverture, je suis devant la carte du réseau de tous les trajets qui arrivent dans la Métropole entre 6 heures et 11 heures du matin, et on voit bien qu'il y a des gens qui arrivent de Châteauneuf-sur-Loire, Loury, Beaugency, évidemment la grande majorité des voitures sont à l'intérieur de la Métropole, mais pas seulement. Le bassin de vie de l'orléanais va au-delà des 22 communes de l'agglomération." 

Des conditions pourtant avantageuses

"Circuler au frais de la mairie," l'idée est progressiste. Cela existe en Ile-de-France. Mais Orléans était la première ville en région à subventionner le covoiturage. Concrètement, les habitants dont les trajets avaient pour départ ou arrivée l'une des 22 communes, pouvaient rouler gratuitement dans la limite de 2 trajets par jour de maximum 40 kilomètres chacun. L'enveloppe d'Orléans Métropole étaient de 20 000 euros, soit 10 000 trajets de 20 kilomètres. Le nombre de trajets effectués pendant ces 6 mois ne nous a pas été communiqué. Mais on est très loin du compte. "L'enveloppe est encore bien remplie," confirme l'élu.

Avec cette expérimentation, on voit que l'incitation financière reste un levier majeur mais elle ne suffit pas. Il faut d'abord créer un réseau avec les entreprises - Julien Honnart, le fondateur de Klaxit

"L'incitation financière même quand elle est importante a peu d'impact, c'est le constat que l'on peut faire à l'issue de cette expérimentation de six mois," explique Julien Honnart, le fondateur de Klaxit, "on voulait vraiment voir si le coup de pouce financier suffirait à créer un réseau de covoitureurs à l'échelle d'Orléans, la réponse est non." La solution est de solliciter les entreprises, c'est le modèle qui a jusqu'à maintenant fait ses preuves. "Il faut créer en amont un réseau avec les entreprises du territoire," ajoute Julien Honnart, "c'est d'ailleurs notre expertise première puisqu'à Klaxit, on a créé ces liens avec 130 entreprises dans toute la France. Et là, 80% des inscrits trouvent des covoitureurs, sur des trajets et des horaires qui leur conviennent. Donc sur Orléans, avec seulement 56%, c'est la preuve qu'il faut travailler avec les entreprises directement, avant même toute incitation financière. Cela marche en Ile-de-France où on a un quart des entreprises du CAC 40 qui sont clientes."

La Métropole va-t-elle laisser tomber l'expérimentation ?

La question du covoiturage reste d'actualité. "On y croit toujours," explique David Thiberge. Aujourd'hui, 55% des déplacements du quotidien se font en voiture. Orléans Métropole se dit volontariste pour faire baisser ce ratio et croit plus que jamais au covoiturage malgré cette première expérimentation décevante. Mais David Thiberge réfléchit à une nouvelle formule : "On va lancer une prolongation de l'expérimentation, mais cette fois on ne subventionnera plus les voyageurs, les passagers ou les conducteurs. Notre modèle proposera une aide aux entreprises qui font les mises en relation - une aide directe aux sociétés, comme Klaxit avec laquelle on travaille. On va aussi en solliciter d'autres." Autrement dit, l'argent de la collectivité irait directement à la start'up et non plus dans les poches du conducteur ou des passagers. Ce sera à l'opérateur de proposer aux covoitureurs des tarifs attractifs.

"On est prêt à continuer l'expérimentation avec Orléans Métropole," explique Julien Honnart, le fondateur de Klaxit, "et on est prêt à aller démarcher les entreprises sur le territoire nous-mêmes, c'est le coeur de notre métier."