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Transports

Paris : le préfet de police bloque le réaménagement de l'Avenue du Général Leclerc

mercredi 6 décembre 2017 à 5:07 Par Émilie Defay, France Bleu Paris

Le projet de réaménagement de l'Avenue du Général Leclerc à Paris a été retoqué par le préfet de police. Il prévoyait moins de place pour les voitures et plus pour les bus et les vélos. Un collectif se mobilise pour demander la réouverture des discussions.

L'Avenue du Général Leclerc est l'une des rues les plus polluées et bruyantes de Paris
L'Avenue du Général Leclerc est l'une des rues les plus polluées et bruyantes de Paris - Libérer Leclerc

Paris, Île-de-France, France

Après la rue de Rivoli, le préfet de police s'oppose de nouveau à un projet d'aménagement de la Ville de Paris. Il s'agit cette fois de l'Avenue du Général Leclerc, dans le 14e arrondissement de Paris. Sur cet axe très fréquenté, la mairie prévoyait de réduire la circulation des voitures et améliorer celle des vélos et des bus. Les travaux devaient débuter début 2018. Mais le préfet de police a mis son véto a dénoncé mardi, lors de son lancement, le collectif "Libérer Leclerc".

Ce collectif rassemble plusieurs associations (Paris en Selle, DRAPO, une association de riverains, Mieux se déplacer à bicyclette, l'Association des usagers des Transports en Ile-de-France) qui ont participé à l'élaboration du projet. Il dénonce un déni de démocratie de la part du préfet de police qui balaye du revers de la main près de deux ans de concertation. « Les associations et les habitants n’ont ménagé ni leur temps, ni leur peine pour faire naître un projet à la hauteur des enjeux », assure Charles Maguin, le président de Paris en Selle.

Le projet de réaménagement de l'Avenue du Général Leclerc prévoyait une piste cyclable bidirectionnelle et des couloirs de bus séparés - Aucun(e)
Le projet de réaménagement de l'Avenue du Général Leclerc prévoyait une piste cyclable bidirectionnelle et des couloirs de bus séparés - Mairie de Paris

Ce travail entre la ville et la société civile a permis, selon le collectif, d'aboutir à un projet proposant "une avenue apaisée, moins polluée et moins bruyante". Il prévoyait de réduire la circulation automobile sur une voie dans chaque sens, créer de part et d’autre des couloirs de bus avec séparateurs ainsi qu’une piste cyclable bidirectionnelle, également séparée de la chaussée.

Ce réaménagement d’envergure devait permettre de réduire les nuisances sur cet axe parmi les plus pollués et bruyants de la capitale, selon les mesures d’Airparif et Bruitparif. Nicolas Berh, membre de l’association de riverains DRAPO (Denfert-Rochereau, Avenue du Général Leclerc, Porte d’Orléans) confirme. Ce retraité vit place Victor et Hélène Basch (Alésia) : « le problème c’est le bruit, mais surtout la pollution. Les fenêtres sont noires de crasse, les immeubles ont besoin d’être ravalés très souvent. Et puis avec la circulation, c’est aussi très dangereux pour les piétons et les cyclistes».

Dans le projet de réaménagement, seules deux voies de circulation étaient réservées aux voitures contre 5 actuellement - Aucun(e)
Dans le projet de réaménagement, seules deux voies de circulation étaient réservées aux voitures contre 5 actuellement - Libérer Leclerc

Mais le réaménagement tant attendu par les riverains n’a pas reçu l’aval du préfet de police . Dans une lettre datée du 30 septembre 2017, Michel Delpuech juge que « de telles restrictions de circulation aboutiront inexorablement et très rapidement à la congestion. (…)Une telle congestion rendra extrêmement difficile la progression des secours et des forces de sécurité ». Le préfet de police demande donc de maintenir les voies de circulations actuelles, et de ne pas faire de voies de bus ni de pistes cyclables séparées. En bref, le statu quo. Et l’avenue du Général Leclerc étant un axe dit "structurant", cet avis du préfet a valeur de prescription, la Ville doit s'y conformer.

Opposition politicienne

Une décision incompréhensible et choquante pour Simon Labouret, porte-parole de Paris en Selle. « On a l’impression d’une opposition de principe, purement politicienne, à tout ce qui est vélo ou bus. S’il se souciait vraiment du passage des véhicules d’urgence, le préfet de police aurait tout intérêt à soutenir ces voies de bus et piste cyclables séparées qui permettent justement de les faire circuler". En ce qui concerne la circulation des vélos, le préfet de police estime qu'elle peut avoir lieu dans des rues parallèles à l'Avenue du Général Leclerc, "plus sûres et éloignées de la pollution". 

Le collectif Libérer Leclerc a lancé une pétition en ligne et demande au préfet de relancer les discussions avec la Ville de Paris et les associations. Le préfet de police, Michel Delphuech, indique à France Bleu, être prêt à poursuivre les discussions mais conserve les mêmes priorités à savoir : "le maintien des délais d'intervention des véhicules de secours et de police".