Transports

Péage de l'Union sur l'A68 : les élus demandent - toujours - sa suppression

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse mercredi 19 octobre 2016 à 8:46

Le péage de l'Union existe depuis 24 ans.
Le péage de l'Union existe depuis 24 ans. © Maxppp - Maxppp

Une cinquantaine de maires et d'élus manifestent ce mercredi au péage de l'Union, au nord de Toulouse. Ils veulent, toujours, la suppression de cette barrière sur l'autoroute A68, l'autoroute du Pastel entre Toulouse et Albi, l'une des plus chères de France.

Les maires de l'Union, Balma, Montrabé, Mondouzil ou de Beaupuy et leurs conseillers, en tout une cinquantaine d'élus, de toutes couleurs politiques, manifestent ce mercredi matin sur le péage de l'Union pour demander sa suppression. C'est l'un des plus chers de France, 50 centimes pour parcourir 1,2 kilomètre et les élus l'accusent de créer des bouchons.

►►►Marc Péré, maire divers gauche de l'Union, porte ce combat depuis plus de dix ans. Il était notre invité ce 19 octobre, interrogé par Bénédicte Dupont.

L'INVITE EN UN CLIC - Marc Péré, le maire de l'Union

Marc Péré, le maire DVG de l'Union est le chef de file de la fronde anti-péage. - Radio France
Marc Péré, le maire DVG de l'Union est le chef de file de la fronde anti-péage. © Radio France - Stéphanie Mora

Bénédicte Dupont : Que faîtes-vous ce matin, une simple manifestation ou une opération péage-gratuit ?

Marc Péré : On va s'organiser entre maires, nous sommes responsables mais déterminés, on va décider de la forme d'action ensemble (NDLR : il s'agit en fait d'une forme de péage filtrant). Nous sommes une douzaine de maires, et chaque maire est venu avec tout ou partie de son conseil municipal.

Qu'est-ce qui vous gène tant dans ce péage ?

Cela fait 24 ans que ce péage est installé, il a deux énormes inconvénients. D'abord, les gens l'évitent et prennent la route de Lavaur ou la route d'Albi et des milliers de véhicules traversent ces villes (Castelmaurou, Rouffiac, St-Jean et l'Union pour la route d'Albi) et rendent le quotidien difficile pour les populations. Ensuite, on identifie ce péage comme un point de blocage pour le développement économique de la zone de Montredon, totalement saturée le matin, car l'accès ne peut se faire que par la sortie 15 et non pas par le nord, par ce morceau d'autoroute.

Vous pensez vraiment que la suppression de ce péage peut permettre de fluidifier la circulation à l'Est de Toulouse ?

Oui on répartirait les flux de véhicules entre les trois accès (route de Lavaur, route d'Albi, autoroute) et on pourrait mieux exploiter cette portion d'autoroute d'un kilomètre pour irriguer par le nord la zone de Montredon-Balma-Gramont.

Nous voulons incarner le point de départ d'une véritable mobilisation citoyenne et d'une réelle discussion avec l'Etat

A qui est-ce que vous vous adressez avec cette mobilisation ? Vinci ? L'Etat ?

Pas Vinci qui n'est que concessionnaire, un opérateur qui exploite le réseau autoroutier. Il a un contrat avec l'Etat. C'est l'Etat avec qui nous devons discuter.

Ca fait dix ans que vous demandez la suppression de ce péage. Toulouse métropole et le conseil départemental ont adopté des vœux dans ce sens. Vous avez écrit des lettres au préfet, au secrétaire d'état au transport. Et rien n'a bougé. Vous pensez avoir plus de chance d'être entendu cette fois-ci ?

Je n'en sais rien mais il n'y a que la lutte qui paie. Il faudra une mobilisation citoyenne, pas seulement des élus. Nous voulons être le coup d'envoi d'une campagne pour que l'Etat analyse la configuration de ce péage et qu'il admette que ce péage est une gêne pour la population au nord-est de Toulouse.

Est-ce que la solution ne peut pas passer aussi par un tour de table financier pour compenser la suppression de ce péage, comme ça s'est fait en 1997 quand le péage de Roques a été démonté au sud de Toulouse ? Les collectivités et les grandes surfaces du secteur avaient mis la main à la poche.

On n'est pas dans la même échelle. Il y a un rapport de un à dix entre le gros péage qu'était celui de Roques et celui de l'Union, plus petit. Nous, c'est 1.400 véhicules dans les deux sens à l'heure de pointe les matins. Je ne connais pas les détails d'éventuelles négociations, nous voulons que les discussions commencent vraiment.

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