Transports

A Pibrac, près de Toulouse, les habitants testent le bus sans chauffeur

Par Vanessa Marguet, France Bleu Toulouse jeudi 13 juillet 2017 à 6:00

Cette navette parcourt 700 m pour l'instant, de l'église au centre commercial en passant par la basilique Sainte Germaine
Cette navette parcourt 700 m pour l'instant, de l'église au centre commercial en passant par la basilique Sainte Germaine © Radio France - Vanessa Marguet

C'est la première navette sans chauffeur dans l'agglomération toulousaine. Depuis une dizaine de jours, la commune de Pibrac teste un petit bus électrique autonome mis au point par la société toulousaine Easymile. Une autre navette sera testée à Toulouse cet automne.

"C'est agréable, c'est silencieux". Robert, un homme d'une soixantaine d'années, vient de tester la navette sans chauffeur pour la première fois et il est emballé. Depuis une dizaine de jour, ce petit bus électrique et autonome permet aux habitants de Pibrac de parcourir les 700 m qui séparent l'église du centre commercial Sainte Germaine.

Capteurs, lasers et GPS

Pour l'instant, il s'agit d'une expérimentation menée par Toulouse Métropole dans le cadre des projets "Smart City". La navette a été mise au point par la société toulousaine Easymile, qui a déjà mis en service des petits bus de ce type à Singapour, au Japon, au Canada ou encore en Suisse. C'est la cinquième navette autonome qui est testée en France, la première dans l'agglomération toulousaine. Elle peut transporter six personnes assises et six debout et peut accueillir un fauteuil roulant. Cette navette roule à Pibrac à 15 km/h environ, mais pourrait aller jusqu'à 25km/h.

Comme l'explique Marion Lhéritier, la responsable du marketing chez Easymile, tout a été paramétré en amont : "On passe une première fois avec le véhicule en mode manuel, avec une télécommande. On enregistre l'environnement dans lequel la navette va évoluer dans le logiciel du véhicule et lorsque la navette est en mode autonome, elle va avancer le long de cette ligne virtuelle".

La navette est munie de capteurs, d'une antenne GPS et de lasers, qui lui permettent de détecter la présence d'un piéton sur la route par exemple et de ralentir ou de s'arrêter si besoin. L'employé de la ville de Pibrac qui dirige les opérations sur cette navette, Michel Ramon, prend le temps d'expliquer tout ça aux passagers.

Michel Ramon : "cette navette se pilote toute seule, sa vitesse moyenne sera entre 12 et 18 km/h".

D'autres navettes devraient suivre

Dans un premier temps, Michel Ramon ou l'un de ses collègues vont rester à bord de l'appareil, le temps que la législation évolue, car aujourd'hui la navette ne peut fonctionner que si un chauffeur de bus se trouve à l'intérieur. Cela leur permet d'expliquer le principe aux habitants et ceux-ci sont plutôt enthousiastes. Il y a déjà eu plus de 1000 passagers depuis la mise en service de la navette il y a une dizaine de jours.

La navette circule du lundi au dimanche.   - Radio France
La navette circule du lundi au dimanche. © Radio France - Vanessa Marguet

Cette navette circule pour l'instant sur un trajet sans circulation, avec 3 arrêts et elle est plutôt destinées aux personnes âgées, aux personnes à mobilité réduite ou aux parents avec une poussette. Mais à terme, le maire de la commune Bruno Costes compte bien déployer d'autres bus de ce type sur d'autres parcours, "notamment entre le lycée et la gare de Pibrac".

La ville de Toulouse veut aussi mettre en service des navettes comme celle-ci. Il y aura une expérimentation dès cet automne sur les allées Jules Guesde et ensuite Bertrand Serp, le vice-président de Toulouse Métropole en charge du numérique et des projets Smart City, voudraient que ces bus électrique autonomes puissent remplacer l'actuelle navette gratuite du centre ville. Mais il faut encore que la législation évolue. Il y a encore des freins en France pour que ce type d'utilisation devienne possible.

Reportage Vanessa Marguet