Transports

Plus de 600 signatures contre la fermeture de la boutique SNCF du centre-ville de Dijon

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne lundi 23 mars 2015 à 21:22

Beaucoup d'usagers ont appris la fermeture de la boutique au moment de signer la pétition.
Beaucoup d'usagers ont appris la fermeture de la boutique au moment de signer la pétition. © Radio France - Marion Bastit

A Dijon, la boutique SNCF de la rue du bourg doit fermer ses portes le 1er juin prochain. Avec six salariés pour une cinquantaine de clients par jour, la SNCF estime qu'elle n'est pas rentable. Ce lundi après-midi, la CGT faisait signer une pétition devant la boutique. Elle a recueilli plus de 600 signatures.

Le 1er juin prochain, la boutique SNCF de la rue du bourg à Dijon doit fermer ses portes. Ce lundi après-midi, la CGT-cheminot s’est postée devant la boutique pour faire signer une pétition contre cette fermeture. En cinq heures, ils ont recueilli 627 signatures .

Ouverte en 2003, la boutique SNCF permet aux clients d’acheter leurs billets de TGV et de TER en centre-ville, sans avoir besoin d’aller jusqu’à la gare. Mais avec le développement de la vente par Internet, la boutique ne serait plus rentable.

25 % de chiffre d'affaires en moins

« Aujourd’hui, la SNCF doit baisser ses prix pour offrir un TGV moins cher aux clients, explique Thomas de Brugiere, responsable commercial de la SNCF pour la région Bourgogne-Franche Comté. La distribution fait partie des leviers sur lesquels on se doit de travailler pour faire des économies. »

"La SNCF doit faire des économies pour faire baisser ses prix" Thomas de Brugiere, responsable commercial

Les boutiques sont en première ligne. « On observe aujourd’hui une baisse d’activité significative dans les boutiques, ce qui fait que cette distribution est devenue trop chère » , explique-t-il. Selon lui, le magasin de la rue du bourg aurait perdu 25 % de chiffre d’affaires en deux ans.

Ouverte en 2003, la boutique SNCF de la rue du bourg à Dijon accueille une cinquantaine de clients par jour. - Radio France
Ouverte en 2003, la boutique SNCF de la rue du bourg à Dijon accueille une cinquantaine de clients par jour. © Radio France - Marion Bastit
« On a effectivement une baisse de fréquentation depuis qu’il y a le tramway, reconnaît Jean-Christophe Marinelli, secrétaire de la CGT du site ferroviaire de Dijon. Mais cette baisse n’est pas suffisamment importante à nos yeux pour fermer la boutique. » Aujourd’hui, selon la SNCF, les six salariés du magasin accueilleraient une cinquantaine de clients par jour.

"La baisse de fréquentation n'est pas suffisante pour fermer la boutique" Jean-Christophe Marinelli, secrétaire CGT

« On a aussi beaucoup de renseignements, qui ne sont pas compris dans les chiffres, forcément, souligne le syndicaliste. Aller prendre des renseignements en gare, ce n’est pas forcément facile vu le nombre de personnes qu’il y a, et qui sont pressés d'aller prendre leur train. Ce n’est pas le même confort que dans une boutique. »

Une heure d'attente à la gare

« Un jour où la boutique était fermée, je suis allée à la gare, raconte Martine, une usagère. J’ai attendu une heure pour avoir un billet. Depuis six mois, je fais Dijon-Cannes pour aller voir ma maman. Si à chaque fois je devais courir et attendre, ce ne serait pas possible. »

"Un jour, je suis allée à la gare, j'ai attendu une heure pour avoir mon billet" Martine, usagère de la SNCF

D’autant que ce n’est pas toujours facile d’acheter son billet sur Internet. « Les gens ne sont pas des professionnels des billets, ils ne connaissent pas toutes les particularités des tarifs SNCF, qui sont quand même assez compliqués, reconnaît Jean-Christophe Marinelli. L’avis d’un professionnel est fortement utile. »

Ce lundi après-midi, la CGT a recueilli 627 signatures contre la fermeture de la boutique SNCF de la rue du bourg à Dijon. - Radio France
Ce lundi après-midi, la CGT a recueilli 627 signatures contre la fermeture de la boutique SNCF de la rue du bourg à Dijon. © Radio France - Marion Bastit
Daniel Durand, cheminot à la retraite, est venu filer un coup de main à ses anciens collègues. « C’est le contact humain qui s’en va, dénonce-t-il. Que vont faire les gens si on remplace tout le monde par des robots, comme dans les banques, comme partout ? Il n’y aura plus que des chômeurs ! »

"C'est le contact humain qui s'en va" Daniel Durand, cheminot à la retraite

La SNCF promet que les six salariés de la boutique seront reclassés dans la région, à des postes similaires dans des gares ou à bord des trains. En supprimant cette boutique, la SNCF espère économiser 400 000 euros par an.