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Pollution de l'air dans le métro : l'association Respire dénonce le manque de transparence de la RATP

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

Les capteurs installés par la RATP pour mesurer la qualité de l'air dans les stations ne reflètent pas les niveaux réels de pollution, selon l'association qui a réalisé ses propres tests. La RATP et Ile-de-France Mobilités assure que la qualité de l'air est une priorité.

Dans certaines stations de métro mal ventilées, l'air est 8 à 10 fois plus pollué qu'à l'extérieur
Dans certaines stations de métro mal ventilées, l'air est 8 à 10 fois plus pollué qu'à l'extérieur © Radio France - Emilie Defay

Rien n'a vraiment changé. Deux ans après sa précédente étude qui révélait que l'air dans le métro est 8 à 10 fois plus pollué qu'à l'extérieur, l'association Respire déplore dans un communiqué les "chiffres trompeurs" de la RATP sur la pollution dans les stations. Etude à l'appui, elle assure que les capteurs de la régie parisienne ne reflètent pas la situation réelle.

L'association Respire et le syndicat autonome de la RATP (SAT-RATP) ont demandé à Jean-Baptiste Renard, directeur de recherche au LPC2E-CNRS à Orléans, de prendre des mesures dans 10 stations de métro entre le 24 septembre et le 2 décembre 2020 avec un appareil qu'il a développé et qui sert à détecter les particules fines. Il est utilisé notamment par le ballon de Paris installé dans le Parc André Citroën à Paris.

Capteurs encrassés

Il en ressort que les données ne correspondent pas à celles de la RATP dans certaines stations. Notamment à Châtelet où le capteur installé par l'entreprise pour mesurer la qualité de l'air est "encrassé" selon l'association. Résultat, il "donne des valeurs surévaluées et incohérentes". Par ailleurs les capteurs ne révèlent les pics très élevés relevés à certains moments seulement. Au sein d'une même station avec des correspondances, "les valeurs peuvent varier du simple au triple", détaille Jean-Baptise Renard dans son étude. 

Le chercheur relève aussi que l'air est plus pollué dans les gares RER, comme à la station Auber, sur le RER A. La pollution aux particules fines y atteint des concentrations extrêmement importantes, "probablement parce que le RER, plus lourd, entraîne plus de particules au freinage". Or les données dans cette station ne sont plus communiquées par la RATP. L'association Respire dénonce un manque de transparence. "Les mesures sont actuellement interrompues à Auber durant les travaux afin de garantir l’exactitude des données", répond de son côté la RATP dans un communiqué. 

La RATP dément

Plus globalement, l'entreprise remet en cause les résultats de l'étude commandée par l'association Respire. Les mesures faites par la RATP "sont réalisées à l’aide d’appareils de référence régulièrement entretenus [...] Toute autre mesure réalisée avec des capteurs portatifs, qui ne sont pas les appareils de référence, ne sont pas comparables aux mesures réalisées sur site. [...] Les résultats de ces appareils portatifs ne peuvent être qu’indicatifs et non véridiques".

L'association estime pour sa part que le réseau de surveillance mis en place par la RATP n'est pas suffisant. Avec seulement trois capteurs (à Châtelet, Auber et Franklin D.Roosevelt), il est "impossible d'avoir une vision réelle de la pollution de l'air", souligne Olivier Blond, le président de Respire, "tant les situations varient d'une station à l'autre et même d'un quai à l'autre dans une même station". 

Une première étape indispensable pour le directeur de l'association, Olivier Blond. "Mesurer la gravité du problème est la première étape pour pouvoir le résoudre". La RATP précise qu'en complément des relevés dans ces trois stations, des campagnes de mesures ponctuelles sont réalisées sur les quais, dans les couloirs de correspondance et les salles d'échanges. 

Et de citer l'exemple d'un projet de recherche en cours  avec le Laboratoire central de la préfecture de Police et le Service parisien de santé environnementale qui porte sur "l’exposition aux paramètres de qualité de l’air dans l’ensemble des modes de transport sur des trajets domicile-travail. A ce titre, des mesures ont été réalisées dans des rames de métro et de RER, du matériel roulant bus et tramway" .

Une expertise menée par Airparif

Valérie Pécresse, présidente de la région, annonce dans un communiqué avoir demandé à Airparif, en lien avec la RATP, "une mission d'expertise sur le système de mesure de la qualité de l'air dans le métro, pour s'assurer du bon état de fonctionnement des capteurs ainsi que de la complétude des données recuillies et publiées"

La présidente d'Ile-de-France Mobilités (IDFM) rappelle par ailleurs toutes les actions engagées pour lutter contre la pollution dans le métro, notamment le renouvellement des rames qui permet d'acheter des trains et métros qui émettent beaucoup moins de particules au freinage. Par ailleurs, "les vingt stations les plus polluées seront équipées des solutions de nettoyage de l'air qui ont démontré leur efficacité dans le cadre des expérimentations". 

L'une d'elle, mise en place par Suez, est actuellement testée à la station Alexandre Dumas, sur la ligne 2. Les premiers résultats indique que "20 à 30% des particules fines sont capturées à proximité de l’appareil de filtrage (les deux caissons couvrent environ 50% du quai sur lequel ils sont installés)". La deuxième solution, développée par la SNCF et Tallano, consiste à implanter un système qui aspire les particules juste derrière les freins. "Ce type de solution permet de réduire les particules à la source de près de deux tiers", indique IDFM.

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