Transports

Pourquoi aucun avion n'a décollé de Roissy-Charles-de-Gaulle jeudi midi

Par Ludovic Pauchant, France Bleu Paris Région et France Bleu jeudi 6 octobre 2016 à 12:00 Mis à jour le jeudi 6 octobre 2016 à 16:32

Sur le tarmac, tous les avions de ligne, toutes compagnies confondues, sont restés sagement cloués au sol
Sur le tarmac, tous les avions de ligne, toutes compagnies confondues, sont restés sagement cloués au sol © Maxppp - OLIVIER BOITET

L’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle a été saisi ce jeudi midi d’un calme étonnant : tous les avions de ligne sont restés cloués sur le tarmac. Et aucun appareil n’y a atterri. Explications.

D’ordinaire encombré, le ciel au-dessus de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, et dans une moindre mesure ceux du Bourget et d'Orly, a été saisi ce jeudi midi d’une étonnante torpeur. Sur le tarmac, tous les avions de ligne, toutes compagnies confondues, sont restés cloués au sol. Derrière les vastes fenêtres des trois terminaux que compte l’aéroport, touristes en goguette et hommes d’affaires pressés auront pu s’étonner d’un bleu étonnant, vierge des Boeing et autres Airbus qui relient nuit et jour l’Hexagone au reste du monde.

Un avion militaire... russe

En cause, contrairement à ce que nous indiquions plus tôt, non pas un exercice militaire de l’Otan, mais, selon Michel Polacco, consultant aéronautique pour Radio France, le survol de la zone par un Antonov 30 russe (voir vidéo ci-dessous) qui a interdit pendant quasiment une heure le survol du plus grand aéroport de France.

Pour inhabituelle qu'elle soit, la procédure est prévue par le traité Open Skies

Pour le moins inhabituel, le survol des aéroports hexagonaux lui est autorisé depuis 1955 par le traité "Open Skies" (littéralement : "ciels ouverts"), qui permet à chaque signataire de survoler le territoire des autres signataires pour effectuer des missions de surveillance.

Il s’agissait, à l’époque, d’organiser une "observation aérienne mutuelle", impulsée par le président américain Eisenhower lors du sommet de Genève de 1955. L’URSS rejettera la proposition, pour finalement adhérer au traité en 2001, huit ans après les Etats-Unis, neuf ans après la France. Le traité Open Skies entrera en vigueur le 1er janvier 2002 et compte 34 Etats signataires.

L'Etat demandeur doit avertir l'Etat survolé 72h à l'avance : en l'espèce, la Fédération de Russie a transmis pour validation sa demande, accompagnée d'un plan de vol, à la direction générale de l'aviation civile et à l'Etat major des armées françaises. Qui, vraisemblablement, l'a acceptée.

Un biturbopropulseur destiné à la reconnaissance et à la cartographie

L'Etat demandeur ne peut effectuer sa mission qu'avec les appareils homologués par le traité. Ainsi, si l'Antonov 30 utilisé ce jeudi est autorisé par le traité, puisque destiné initialement à la reconnaissance et à la cartographie, les avions de combat, par exemple, en sont exclus. Chaque survol ouvre chez le pays qui l'autorise un droit à lui-même survoler l'Etat qui effectue la mission sur son territoire.

Les passagers n’en auront subi a priori aucune conséquence, puisqu’aucun vol n’avait été, à dessein, programmé sur cette tranche horaire. L’interruption du trafic, qui a débuté à 11h20, a pris fin à 12h15.

  - Aucun(e)
-

Partager sur :