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Transports

Quand les GPS empoisonnent la vie des habitants de Bouguenais et des Sorinières

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Par , France Bleu Loire Océan

Pour éviter les bouchons, de plus en plus d'automobilistes utilisent les GPS et autres applications pour smartphone. Résultat, beaucoup de voitures et de camions se retrouvent à passer sur des petites routes et dans des petites rues, ce qui empoisonne la vie des habitants.

Nantes, France

Pour essayer d'échapper un peu aux gros bouchons de l'agglomération nantaise, vous utilisez peut-être un GPS ou une de ces applications sur smartphone, Waze, par exemple. C'est compréhensible quand on sait que Nantes et la dixième ville la plus embouteillée de France et qu'en moyenne, les automobilistes perdent chaque jour plus d'une demi-heure dans les bouchons, selon l'index de trafic TomTom

Les GPS, une plaie pour les communes où passent les itinéraires alternatifs

Mais si ces systèmes qui proposent des itinéraires alternatifs sont bien pratiques quand on est automobiliste, ils sont devenus une plaie pour certaines communes qui se retrouvent traversées par énormément de voiture et/ou de camion. Et en plus dans des rues qui ne sont pas faites pour ça. C'est le cas, notamment à Bouguenais et aux Sorinières.

"Il arrivera quelque chose un jour"

Aux Sorinières, les conducteurs qui veulent éviter les bouchons à la sortie de l'autoroute A83 se retrouvent à traverser le bourg. Ça ramène donc énormément de circulation dans des rues limitées à 30km/h, avec des priorités à droite, des ralentisseurs et de nombreux passages piétons. Ces voitures et ces camion, le patron et les clients du bar L'imprévu les voient passer à longueur de journée. "C'est hyper dangereux ! Il arrivera quelque chose un jour !" Ce qui leur fait dire ça, c'est que les voitures passent par là pour gagner du temps. Alors elles veulent aller vite et la zone 30, beaucoup s'en fichent : "c'est pas 30, c'est 60, 65, 70 à l'heure ! Ils ne font attention ni aux priorités à droite, ni aux passages piétons", s'agacent-ils. "Moi, j'ai ma belle-mère qui a failli se faire renverser sur le passage piéton !"

Au bar L'imprévu, raz-le-bol des voitures qui roulent vite - Radio France
Au bar L'imprévu, raz-le-bol des voitures qui roulent vite © Radio France - Marion Fersing

"Les GPS n'indique pas que les poids-lourds n'ont pas le droit de traverser les Sorinières"

Ces problèmes, l'adjointe à la tranquillité publique, Marie-Christine Rabillé-Frontero en est bien consciente. Mais elle ne peut pas y faire grand chose. "On ne peut pas empêcher les voitures de passer par là. Et il y a déjà de nombreux aménagements pour réduire la vitesse". Elle a en revanche décidé de prendre des mesures contre les camions. "Comme les voitures, les camions suivent leur GPS. Sauf qu'il n'indiquent pas que le centre-bourg est interdit à ceux de plus de 3,5 tonnes. Et les chauffeurs ne respectent pas les panneaux d'interdiction des entrées de ville". Elle a donc décidé d'envoyer la police municipale verbaliser les chauffeurs routiers, en deux temps. Lors du premier contrôle, ils auront un avertissement et leur entreprise sera prévenue. Au deuxième contrôle, ils seront verbaliser.

Malgré les différents aménagements, les voitures roulent trop vite - Radio France
Malgré les différents aménagements, les voitures roulent trop vite © Radio France - Marion Fersing

Comme le centre-ville bouchonne à son tour, les voitures se reportent sur les rues adjacentes 

Ce qui se passe aussi aux Sorinières, c'est qu'avec tous les véhicules qui traversent le centre-ville, il est lui aussi très embouteillé. "Résultat, les voitures se retrouvent dans les rues parallèles qui sont encore plus petites et elles roulent très vite. À tel point que des habitants me disent qu'ils ont peur, qu'ils n'osent plus sortir de chez eux !", s'agace Marie-Christine Rabillé-Frontero. C'est le cas, par exemple, rue des papillons où se trouve un centre de loisir et un centre médico-éducatif et qui voit passer 3.500 véhicules par jour, dans chaque sens.

Marie-Christine Rabillé-Frontéro, adjointe à la tranquillité publique aux Sorinières - Radio France
Marie-Christine Rabillé-Frontéro, adjointe à la tranquillité publique aux Sorinières © Radio France - Marion Fersing

"À Bouguenais, des nuisances et du danger pour les riverains"

Le problème est similaire à Bougenais, traversée chaque jour par 60.000 véhicules dont 90% extérieurs à la commune. "Bouguenais, ce sont 42 villages", explique Dominique Duclos qui est conseiller municipal et élu de Nantes métropole, "tous desservis par des petites routes. Et les outils modernes participatifs permettent de trouver ces petites routes. Résultat, ça crée des nuisances pour les riverains : sonores, pour sortir en voiture de chez soi, la pollution... En plus, ce sont des endroits où il n'y a pas toujours de trottoirs. C'est vraiment un vrai, vrai gros problème !"

À Bouguenais, les voitures et les camions se retrouvent sur les petites routes - Radio France
À Bouguenais, les voitures et les camions se retrouvent sur les petites routes © Radio France - Marion Fersing

Le point noir de la rue de la Mouchonnerie

L'un des exemples, c'est la rue de la Mouchonnerie. Beaucoup de voitures et de camions l'empruntent quand ça bouchonne route de Pornic. Sauf qu'il y a un virage où les camions ont énormément de mal à tourner. "Ils doivent donc faire marche arrière. Et comme il y a des voitures qui les suivent, ça fait encore plus de bouchons !"

L'astuce des habitants

Les solutions de la ville de Bouguenais, c'est de travailler avec les élus du Pays de Retz, pour essayer que davantage d'automobilistes prennent le train et les transports en commun, ou fassent du covoiturage. Les habitants, eux, ont trouvé une autre solution : ils indiquent de faux bouchons et de faux travaux dans leurs rues sur les GPS, pour dissuader les automobilistes d'y passer.